HellJohn
Une énigme prenante mais un peu trop chargée

jmcom
Le nombre 23 - La voix de Jim Carrey

delpedro
Le compte est bon

niko182
voix de jim carrey

lestat1886
el mariachi: moi jai aimé 8MM

RAFAELO75
le nombre 23

el_mariachi
Mais POURQUOI personne n'aime 8 MM?

HellJohn
GosN

GosN
Helljohn

Tchakna
J'aime schumi et j'attend ce film bis...

HellJohn
J'aime Schumi et j'attends ce film

Le Doc
Hâte de voir ça...

sylvain seven
Sacré Joel...

gruute
Bien que j'ai un doute sur ce film

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De HellJohn le 17 Mai 2007 à 23:177/10
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Une énigme prenante mais un peu trop chargée

C’est pas avec une folle impatience qu’on attend un nouveau Joel Schumacher, bien que si le bonhomme est capable du pire (ses "Batman" fluorescents et son "8 mm" de mauvais goût lui ont infligé cette très mauvaise réputation), il peut aussi faire dans le regardable ("Personne n’est parfait(e)" ou "Bad Company") voir même dans le bon ("Tigerland", "Génération perdue", "L’expérience interdite", "Le Droit de tuer ?", "Le Client", "Phone Game") et le très bon (son chef d’œuvre "Chute Libre"). "Le Nombre 23" (sorti aux Etats-Unis le 23 Février), malgré les apparences, fait partie des bons et se révèle être une agréable surprise, toute relative.

Le point de départ est pour le moins intriguant : un brave père de famille travaillant à la fourrière, Walter, tombe par hasard sur un mystérieux bouquin qui finit par le captiver jusqu’à l’obsession, et pour cause : le contenu du livre lui rappelle étrangement sa propre vie, détails troublants compris. Pour une touche d’originalité supplémentaire, Schumacher ajoute en parallèle à cette histoire des séquences de projection du lecteur dans le roman, Walter s’imaginant être dans la peau du héros du livre qu’il lit, un détective privé solitaire. Dans ces scènes-là, oniriques et visuellement clinquantes, le réalisateur nous renvoie dans un pastiche jubilatoire de films noirs, de la voix off à l’interprétation assez délirante de Jim Carrey (qui se joue des clichés du détective privé à l’ancienne) en passant par les éclairages, la musique, et tout l’univers du genre (femme fatale, héros manipulé et accusé de meurtre…), conférant ainsi au "Nombre 23" un second degré rafraîchissant et assez drôle qui contraste avec le sérieux de l’autre partie.

Ces séquences se font plus rares dans la seconde partie et l’histoire est moins captivante quand on approche du dénouement, inévitablement décevant. Mais "Le Nombre 23" (attention, spoilers) évite de tomber dans les écueils attendus du banal thriller avec serial-killer & Cie, faisant du personnage de Jim Carrey à la fois un coupable et une victime de sa folie. Dommage qu’au final, Schumacher tombe encore une fois dans une morale puritaine assez gerbante. Le message : assumez vos erreurs en affrontant la justice (Walter refusant de se suicider pour aller en prison et payer ses bêtises). L’habituel manque de finesse du cinéaste ne surprend guère mais reste toujours aussi plombante, quoiqu’elle peut faire mouche de temps en temps ("Le Droit de tuer ?" avait même réussi à m’émouvoir). A l’origine, d’après le scénariste, le film devait être politique. On a donc échappé au pire.

L’intrigue est cohérente (malgré le dénouement invraisemblable), bien ficelée et étonnement fluide, loin du récit pseudo-complexe et prise de tête, et c’est finalement bien plus simple que prévu malgré le coté alambiqué et une multitude d’indices (trop) qui ne trouvent pas tous leur justification. "Le Nombre 23" maintient l’intérêt jusqu’à la fin par plusieurs bonnes idées et quelques surprises qui parsèment cette histoire qui, si elle passe d’intrigante à absurde (on pense même toucher au fantastique), n’en demeure pas moins très prenante, en partie grâce à la construction narrative (sur plusieurs niveaux). Schumacher, pour sa 23ème réalisation (télé comprise, ça ne s’invente pas), exploite bien son pitch de départ, particulièrement dans la représentation du nombre 23 (le coté « je vois des 23 partout » est assez jouissif), nombre mystérieux par excellence qui fascinait déjà Jim Carrey bien avant ce film (il a d’ailleurs nommé sa boite de production en référence à ce nombre : JC23 Entertainment). Même la mise en scène ne manque pas de panache (c’est d’ailleurs le travail le plus abouti du réalisateur), la photographie soignée de Matthew Libatique (le talentueux chef opérateur de "Inside Man", "She Hate Me", "Gothika" et de tous les films de Darren Aronofsky, qui retrouve le réalisateur après "Phone Game" et "Tigerland") instaure une atmosphère pesante et sombre, tandis que le découpage est truffé d’idées (la projection dans l’enfance du personnage du livre tout en travellings avants, les séquences avec le détective privé, les transitions plutôt originales…). Point noir pour la musique lourde de Harry Gregson-Williams, qui accentue les poncifs au lieu de mieux les faire passer.

Pour son premier thriller, Jim Carrey s’en sort bien mieux que dans sa précédente collaboration avec le cinéaste (le ridicule Homme Mystère dans "Batman Forever"). L’acteur, à la fois dans le premier degré dément (le Mr. Tout-le-monde qui pète les plombs) et dans le second degré pastiche (le héros d’un film noir), est habité dans ce rôle torturé et porte le film sur ses épaules, prouvant une fois de plus qu’il ne sait pas que jouer les guignols (même s’il semble beaucoup s’amuser dans "Le Nombre 23"). Carrey est bien entouré par Virginia Madsen (qui remplace une Elizabeth Shue initialement prévue) dans un double rôle sensuel, Lynn Collins (la copine d’Ashley Judd dans le "Bug" de Friedkin) dans un triple rôle et Rhona « houla » Mitra (un petit rôle).

Même si Schumi fait comme d’habitude dans le démonstratif (un symbolisme trop poussé) et part un peu dans tous les sens, il y a dans "Le Nombre 23" un sens indéniable du détail (le nombre 23 est de chaque scène, amusez-vous à le guetter) et une imagination riche (quoique trop référentielle, on pense à beaucoup d’autres films), jusqu’à rendre le film trop chargé. Au final, "Le Nombre 23" est une sympathique exploration de la folie obsessionnelle (bien retranscrite), de l’interprétation des signes (importance de la numérologie dans l’histoire et dans la vie) et de la paranoïa (contagieuse). Une énigme prenante, malgré une morale finale facile et très douteuse (100% Joel Schumacher).

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