De HellJohn le 04 Juillet 2007 à 11:446/10
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En effet, une curiosité assez géniale mais aussi très hermétique
Etonnant ! Un pitch assez dingue et difficilement racontable nous introduit dans un univers futuriste étrange qui n’est en fait qu’un prétexte pour livrer une vraie satyre sur une société (symbolisée ici par le groupe hilarant des Chivers que veulent intégrer Ramzy puis Eric) obsédée par les apparences (la mode est à la chirurgie esthétique) et par la perfection physique et mentale (beaux visages, vêtements propres et identiques, interdiction formelle de fumer, du lait comme seule boisson durant tout le film…), au point même de délivrer un message de discrimination (ceux qui n’ont pas de visages arrangés ou qui ont des barbes sont rejetés). Une société aux nouvelles tendances et qui refuse ce qui est « ancien » (« Le dernier arrivé est un fan de Phil Collins ! »), plus généralement de la culture (les livres). Le personnage d’Eric se confronte à un « nouvel humour » hermétique (mdr la séquence de la blague dans la voiture), et c’est aussi exactement le sentiment du spectateur. En effet, ce "Steak", dont même le titre ne veut absolument rien dire, est tellement atypique et inédit qu’il en devient hermétique. Il n’y a d’ailleurs même pas de fin. Souvent amusant, certes, mais l’humour gamin des deux lascars mélangé à un humour plus acide voir noir et satirique, ça donne quelque chose d’assez inhabituel. La mise en scène de l’artiste electro Quentin Dupieux (Mr. Oizo, c’est lui !) est composée presque uniquement de longs plans fixes et semble pourtant très fluide. Les cadrages sont originaux, la photo soignée, mais paradoxalement le film a l’air plutôt laid, impression sans doute due au fait que "Steak" cultive un certain mauvais goût qui le rend encore moins accessible (cf. les mauvaises critiques presse et spectateurs, injustifiées mais compréhensibles), y compris dans la bande-son irritante et très particulière (une musique electro très futuriste). Si l’univers est burlesque et absurde, il est aussi assez crédible (donc moche), et c’est justement ce qui rend assez mal à l’aise. "Steak" inquiète plus qu’il ne fait rire, et même si tout ça est assez bizarre et froid (pas d’émotions, pas d’empathie), on ne peut que relever l’originalité de cette comédie expérimentale et ludique, véritable OVNI déglingué. A noter d’ailleurs qu’Eric et Ramzy avaient d’abord proposé ce pitch à Michel Gondry, qui les a dirigé vers Quentin Duprieux.
6,5 / 10