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De SaintArion le 14 Février 2008 à 11:23 5 avis postés | Inscrit depuis 1295 jours
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Chef d'oeuvre !
Contrairement à Gould, je pense au contraire que "There Will be Blood" est un authentique chef d'oeuvre qui fera partie du club très fermé des meilleurs films de 2008. J'étais moi aussi présent aux Halles mardi soir et je faisais partie des gens qui applaudissaient le film. Ce n'étaient pas des applaudissements polis... Ceux qui avaient envie d'applaudire applaudissaient, et c'est tout.
Après les pluies de grenouilles de "Magnolia" et les amours barges de Adam Sandler dans "Punch, Drunk, Love", voici le nouveau bijou du jeune prodige américain de la réalisation. Paul-Thomas Anderson, peut-être le plus grand auteur-réalisateur de sa génération.
Une épopée sombre, violente et terriblement fataliste... Le revers de la médaille du rêve américain, le jugement irrévocable et fataliste de l'ambition humaine... Avec les puits de pétrole, c'est en réalité l'âme humaine qu'explore Anderson... Et elle est aussi sombre que l'huile de roche que tente d'extraire Daniel Plainview (Daniel Day-Lewis).
Bien sûr, le film est long et fait l'objet d'une construction si précise que le rythme en est forcément lent. Lent. Mais ce rythme n'est jamais vain ni ennuyeux... Car chaque scène propose une telle profondeur thématique et une telle qualité artistique (mise en scène admirable et jeu d'acteurs absolument stupéfiant) qu'il n'est pas rare de se surprendre soi-même en pleine contemplation béate.
Avec son scénario brillant (très librement adapté des 150 premières pages du roman "OIL!" de Upton Sinclair), Anderson redonne ses lettres de noblesse à un certain cinéma épique et social américain. On pense notamment à un Michael Cimino de la grande époque (The Deer Hunter, Heaven's Gate). Impossible de parler de ce film sans évoquer la prestation sublimissime de Daniel Day-Lewis, qui confirme si besoin est qu'il est un des acteurs les plus prodigieux au monde. Pratiquement de tous les plans du film, Day-Lewis EST Daniel Plainview, vivant son rôle jusqu'au bout, jusque dans les plus profonds recoins de l'inhumain. C'est un spectacle à la fois merveilleux et terrifiant de réalisme.
Les seconds rôles ne sont pas en reste, mention spéciale pour l'excellent Paul Dano en prophète illuminé.
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