De popcorn malin le 15 Février 2008 à 18:423/10
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Grosse déception
Dommage que le film n'ait pas été aussi bien pensé que le fabuleux buzz internet qui l'a précédé.
En premier lieu, la contrainte technique du "tourné camescope" montre clairement ses limites. Limites de lisibilité, un tiers du film est constitué d'images qui bougent beaucoup sans rien montrer, des images sans valeur informative. Limites scénaristiques ensuite, la possibilité de construire une mise en scène crédible est minée par le concept.
Le réalisme des comportements est totalement foulé aux pieds pour construire des semblants de scènes. La caméra elle-même, indestructible et illimitée en batterie semble-t-il, n'aide pas à faire croire au tout. L'artificialité domine l'ensemble, ce qui est tout de même un comble pour un film qui veut "faire vrai".
Le casting contribue également à cette sensation de faux. Des filles magnifiques, des beaux minets...Ca sent l'étude de marché des services marketing de la prod. On se croirait dans Transformers (vous savez le film ou toutes les filles ressemblent à des call-girls). Bref, la crédibilité des acteurs bat de l'aile, et ce n'est pas qu'une affaire de physique avantageux : les dialogues de sitcom et la mise en scène planplan n'aident vraiment pas à croire en ces personnages inconsistants.
Puisque l'on parle de marketing, félicitons Séphora pour le placement de produit le plus outrancier depuis celui d'audi dans the island (ou de ebay dans transformers, oui décidément l'ombre de michael bay plane sur cloverfield). Le plan fixe le plus long du film est effectivement une très belle vue sur l'enseigne de la parfumerie. Chapeau les mecs.
Ce qui est vraiment étonnant, c'est le classicisme navrant de l'histoire. Tout a été vu et revu, les personnages et les situations sont des mauvais clichés du film catastrophe. Venant du créateur de Lost, on était en droit d'attendre quelque chose de plus fou, de plus inattendu qu'un énième "je sais que ma chérie est encore vivante, courons à l'autre bout de la ville en évitant le gros lézard qui casse tout".
Plus grave encore, on trouve des incohérences scénaristiques pures comme celle de la merveilleuse petite amie à qui l'on vient d'extraire une barre en fer de 75 cm de la poitrine et qui trottine quand même d'un bon pas vers son hélicoptère. C'est l'aberration la plus flagrante, mais les erreurs et les incohérences comportementales sont légion et perturbent réellement la lecture du film. Comment un film peut-il en effet être immersif si on ne croit pas à ce qu'on nous montre ?
Il est important de citer la guerre des mondes (cataclysme global vu par un petit groupe qui subit mais n'intervient pas), the descent (toute la scène dans le couloir obscur du métro, on est quasiment dans le plagiat) et bien sûr blair witch. En sortant de la salle on a très envie de revoir ces 3 films référence, tant ils ont mieux traités leurs thèmes communs.
Il est triste de constater que le grand public et les critiques s'extasient sur la forme "particulière" du film, et en oublie de le voir pour ce qu'il est : un petit film catastrophe de plus, la lisibilité en moins.