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De Morbius le 18 Février 2008 à 13:47 184 avis postés | Inscrit depuis 2375 jours
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Choc et culte....
Choc et culte, deux notions parfois, pour ne pas dire souvent, amalgamées, en cela probablement que dans certains cas, une oeuvre, en tant que première d'un genre à oser aller plus loin (en noirceur, violence physique, psychologique ou sexuelle) se voit alors conférer un certain statut (vite culte) si elle sait traumatiser et marqueur son audience.
Et, pour ce qui est de traumatiser et marquer durablement, l'expérience de la violence ciné est un bon stimulant mémoriel, et donc un soutien potentiel au statut cultissime.
Toutefois, l'étalage de violence ne fait pas tout même si, incontestablement, il peut y contribuer.
Nul doute que Orange mécanique ou Funny games sont considérés (sinon par tous mais par une majorité) comme cultes, en tant que film violents sur la violence. Mais pas simplement en tant qu'entité visuelles agressives mais aussi en tant que message agressif sur la relation du spectateur et de la société à la violence.
Dire qu'une part du statut des ces films s'est trouvé conforter une perte de message au profit d'une sublimation de la forme horrible est certes vrai (et regrettable). Il n'en demeure pas moins que la violence formelle de l'oeuvre ne suffit pas à expliquer leur statut actuel, et heureusement.
Même Brain dead, dont le statut culte est je pense relativement indéniable (au moins pour les amateurs de gore) ne doit pas tout à sa violence exacerbée (parce que dans le genre y a d'autres titres méchamment sanglants de Z dont on oublie ausitôt les noms) mais aussi à son côté iconoclaste et furieusement délirant.
On peut aussi trouver d'autres exemples (Délivrance, Massacre à la tronçonneuse...), je me contenterais du culte de chez culte en matière de violence et qui a surtout un statut culte pour sa violence crue plus que son message; Cannibal holocaust.
Alors, la dérive "cultissimante" du cinéma violent est un phénomène certain, dans une certaine mesure, sans pour autant que la seule violence graphique soit l'élément déterminant de l'affaire. Il y a d'autres paramètres à prendre en compte, au rang desquels n'est pas négligeable le statut de "premier à faire ou montrer cela".
Et, si Irréversible a fait un gros buzz grâce à "LA" scène choc du film, je ne crois pas que le film ait vraiment atteint le statut culte qui est celui des Orange mécanique, Funny games, Texas massacre ou Cannibal holocaust. Car en matière de viol, justement, Delivrance ou Cannibal holocaust ont déjà fait fort (et à mon avis plus fort)
Plus d'un film, pas forcément moins sadique ou violent, a cherché à marcher dans les pas de ces oeuvres cultes et n'ont pourtant jamais atteint la même notoriété. Les étagères de vidéo club en catégorie B et Z regorgent de films trash où viols, mutilations et tortures abondent sans pour autant avoir atteint à ce nirvana célébrissime qu'est le "CULTE".
Saw restera certainement plus culte que ses suites et, pourtant, c'est le moins violent (mais aussi celui où le sadisme et le suspense fonctionnent le mieux)
Alors, oui la violence participe certainement au statut qu'une oeuvre décroche au fil du temps. Mais la violence seule n'explique heureusement pas tout. Le public cinéma, pas toujours modèle d'intelligence (et je m'inclus bien volontiers), n'en est pas encore atteint au dernier degré de la connerie. Enfin, j'espère...
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