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Barry Lyndon
le cinema de Lars remue mais ne laisse pas indifférent

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De Barry Lyndon le 26 Février 2008 à 18:12
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le cinema de Lars remue mais ne laisse pas indifférent

Autant il n'était qu'un formaliste trouble à ses débuts (la trilogie des E), un redoutable créateur de bons ("Breaking the waves") comme de mauvais melos ("Dancer in the dark") ainsi que le coupable d'une série de crimes audiovisuels incontournables (le couillu Dogme et l'excellente série"The Kingdom"), mais depuis que le public déserte ses films c'est là ou il est devenu le meilleur !

Dogville :
Cette histoire commence comme une étude de moeurs sur la nature humaine : un personnage va tester les habitants de la ville ou il vit afin de connaître leur capacité à accueillir l'étranger qui va prendre les traits de Nicole Kidman. Noir de café, ce film est le pendant inverse de Dancer in the Dark : là ou ce dernier dénonçait une ville qui exploitait l'innocence d'une jeune femme, Dogville va encore plus loin et dénonce un certain esprit américain face aux étrangers tout en démontrant que les pauvres gens n'attendent qu'une occasion de prendre leur revanche sur les gens lotis. Partant d'un projet esthétique hors normes (l'on a reproché à Lars de filmer l'Amérique dans Dancer sans y avoir jamais mis les pieds, soit, le bonhomme enlève alors tous les décors sur Dogville !) ou le spectateur participe à "fabriquer" la ville autant qu'il participe à l'histoire dont le scénario, habilement construit, contient l'un des meilleurs retournements de situation. Un VRAI film de gangsters car il traite de la moelle de ce qui fait le crime dans une société : Salauds de pauvres !

et sa suite : Manderlay :
Le seul film qui mettra d’accord les Blacks Panthers et le Klu Klux Klan sur le sort des noirs aux Etats-Unis. Le Danois fou enfonce un peu plus le clou en démontrant par A+B pourquoi certains principes de la constitution américaine ne sont pas applicables à la nature humaine. Le 2e volet est plus court, plus radical et plus corrosif que le précédent opus d’une trilogie dont on comprendra la vision d’ensemble qu’à la sortie du troisième volet (après les pauvres et les esclaves, à qui va tu t’en prendre Lars ?). Le film remet au goût du jour un genre oublié depuis Molière: la Farce et il n’y avait à l’époque que le fou pour critiquer avec esprit le Roi, ce que Lars fait avec les USA ! Evidemment tout le monde est en train de passer à coté (la presse qui vit sur une autre planète ne voyant pas à quel point ses films parlent de l’actualité, et les cinéphiles académiques et conservateurs, accrochés à la belle image léchée, occultant en conséquence tout un processus filmique bien plus inventif et travaillé que le dogme).On lui reproche d’être manipulateur, or piéger son auditoire est la politesse du conteur, et ce depuis des millénaires.

Moi j'attends les prochaines audaces du danois couillu avec impatience (je ronge un crane de zebre en attendant)

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