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De mérovingien le 07 Janvier 2005 à 08:27 669 avis postés | Inscrit depuis 1567 jours
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ben alors, john! on attend même plus le test dvd? bon, alors je repost ici!
Shyamalan a, grâce à 3 réussites consécutives, prouvé sont étonnante maîtrise du fantastique, revisitant des figures incontournables du fantastique et y apposant son talent de scénariste et de metteur en scène. Dire que l’on rentre donc dans la salle du Village conquis d’avance est un doux euphémisme ! Une bande annonce très prometteuse, un casting de luxe, un cadre original propice à des peurs ancestrales (un village du 19em siècle et des bois hanté ! chic alors !).
La déception est proportionnelle à l’attente : énorme. Et les raisons de cet échec sont multiples. A commencer par un scénario trop vite torché. Dans Sixième Sens, Incassable ou Signs, le fantastique était un élément primordial qui permettait d’aborder indirectement une analyse humaine et mystique (Sixième Sens traite la place de l’homme dans le monde et de comment il même sa vie, Incassable poussait l’analyse plus loin encore et Signs nous pousser à sonder nos croyances). Des personnages ordinaires dans des situations extraordinaires, facilitant l’attachement du spectateur. Ici, les fameuses créatures passent largement au second plan. La paranoïa est absente, les monstres jouent tellement bien à cache-cache qu’ils apparaissent à peine 5 minutes à l’écran… Ce n’est en fin de compte pas réellement un problème (Sixième Sens n’avait pas non plus recours à des fantômes en permanence). Ce qui l’est, en revanche, c’est que l’intrigue principale est particulièrement foireuse. Et plus particulièrement l’histoire d’amour. Impossible de s’intéresser à la romance de deux personnages tant leur dialogues semble sortis tout droit de la petite maison dans la praire (remarque, ça colle bien au décor). La fragilité et la délicatesse des dialogues habituelle à Shyamalan est cette fois absente, où trop appuyée. Pas de bol, car cette romance prend bien la moitié du film à elle seule !
Vous me direz, c’est pas trop grave du moment que le suspens est présent. Et c’est bien là que le bat blesse : un manque quasi total de suspens ! Shyamalan est sans doute trop sûr de ses effets et ne fait pas assez durer les séquences. Ainsi, les découvertes de cadavres au début dure à peine quelques secondes, sans aucune mise en place (on voit des animaux morts mais la scène pourrait se placer n’importe quand dans le film puisque rien ne mène à ce moment). Idem pour la scène des jeunes jouant à tourner le dos à la forêt. La scène est coupée par un dialogue qui se déroule ailleurs et le type ne reste pas assez longtemps (on entend pas de bruits de pas se rapprochant par exemple). Si ce n’est pas vraiment gênant au début du film, ça deviens complètement horripilant par la suite puisque l’on ne parle presque plus des monstres au bout de40 minutes. Et lorsque l’aveugle entre enfin dans les bois, elle est accompagné par deux figurants qui s’en vont, sans que l’on ai le temps de ressentir la solitude de la jeune fille. D’autant plus qu’on apprend juste quelques secondes après -SPOILERS !!!! que les monstres n’existent pas FIN DE SPOILERS !!!!-. Dans le genre anti-angoisse, on a rarement fait mieux ! Et que dire de sa fâcheuse manie de filmer des arbres et d’insérer ces plans n’importe quand ! Si on voit bien qu’il veut montrer un retour à la nature et souligner l’importance que jouent les bois dans le film, il a tendance à en rajouter vraiment trop.
Toujours au niveau de scénario, on pourra franchement reprocher à Shyamalan d’abuser du double twist final, tant cela semble devenir un gimmick dans ses films. Certes, ils n’ont rien de gratuits mais : 1/ il sont révélés trop tôt et de manière franchement maladroite (par de long et pompeux dialogues) et 2/ ils se devinent très facilement tant le scénario prend le soin de les surligner 50 fois (oh ! la ville est horrible ! oh ! quelle violence ! oh ! nous sommes en paix ici !). C’est d’autant plus gênant qu’ils ne tiennent pas franchement la route, pour peu que l’on réfléchisse deux secondes –SPOILERS !!! Ainsi, comment expliquer que personne ne remarque l’absence d’investigateur de la supercherie lors des dîner au grand complet ou encore lors de « l’attaque » des monstres ? Comment expliquer également que personne ne s’interroge sur le comment les bois furent traversés une première fois (les dirigeants du village disent tous avoir fuis la ville pour s’installer dans un village. Ils pourtant bien du traverser les bois une première fois pour vivre dans ce village !). Dans un autre genre, comment expliquer que personne du monde extérieur n’est jamais survolé, ni même pénétrer dans la réserve naturelle ? (ne serait-ce que pour les entretenir, car ils semblent bien entretenus !)FIN DE SPOILERS !!! Bref, si les intentions de SHyamalan sont louables, elles sont tout de même assez légères et confirme une impression désagréable : The Village n’est jamais qu’une parodie de Shyamalan.
Alors serait-on face à une bouse totale ? Que neni ! Si The Village est bien un faux pas dans la carrière du jeune prodige, il n’en est pas pour autant dépourvu de qualité ! Ainsi, les fameux monstres ont un visuel ahurissant, à la fois grotesque et terriblement poétiques, mélangeant animal et végétal. Ils sont d’ailleurs au centre des deux scènes les plus effrayantes du film : l’attaque du village et la confrontation finale (deux séquences dont la fin est toute de même plombé. Les héros terrés sous le planché entendent des bruits mais une musique lacrymale fait retomber la tension dans la première scène. Un ralenti minable façon style d’action avec mort du monstre gâche la seconde).
De même, certaines séquence prouve encore l’indéniable talent de Shyamalan : la tentative de meurtre au poignard, l’aveugle annonçant à son père qu’elle ira dans les bois (elle regarde le publique en face), ect… Oui, pas de doute, c’est bien le même réalisateur architecte d’Incassable, celui qui ne manque pas d’imagination et de savoir faire.
De même, on lui saura grès d’avoir voulu faire un film sur la communauté : ainsi, le village est dirigé par une bande de manipulateur cachant un secret et étant prêt à beaucoup de choses pour le protéger. On retrouve finalement une critique virulente de l’église (je n’ai dis religion !) qui tente de préserver ses intérêt en jouant sur les croyances. Shyamalan donne un film anti-moralisateur puisqu’on nous montre que le mensonge est nécessaire et que des dirigeants tirent les ficelles et manipulent les autres pour leur bien ! C’est quand même franchement osé !
Un village où chacun se connais et se reproduit entre eux, menant à des déviances génétique (le malade mental, l’aveugle, le héros qui déteste parler…). Plutôt bien vu ! Reste que l’aspect communautaire du film ne permet pas d’approfondir les personnages, d’où un manque flagrant d’attachement et des personnages complètement sous développés, voir transparent. De la figuration ,en somme.
The Village est donc un rendez-vous manqué. La volonté de prendre une histoire de monstre en toile de fond pour l’orienter vers une réflexion habile sur la peur et son pouvoir de contrôle est bien là. Mais le tout est plombé par d’interminables plages de dialogues et un manque de rigueur inhabituel chez Shyamalan qui part un peu dans tous les sens. Et un film traitant de la peur et qu n’est pas vraiment effrayant, c’est quand même un comble ! Le vrai film de bois hanté, subjectifs, terrifiant et manipulateur est déjà sortis sous le titre « le projet Blair Witch » .
NOTE : 5/10
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