1111
efficace

manny
ce qui fait plaisir c'est l'absence totale d'esbrouffe dans ce film

HellJohn
Bon film

tib20011
Bon film

chrisredfield
on oublie trop souvent cleo de 5 à 7...

asroma
pa mal !

 
De HellJohn
Note : 7/10
Bon film

A pitch simple et ultra-efficace (un flic blasé accepte d'escorter un témoin capital au tribunal. Il doit y être pour dans deux heures. Problème : les collègues ripoux du flic ne veulent pas que le prisonnier témoigne, et ils vont tout faire pour l'en empêcher), film simple et ultra-efficace. C'est rythmé, prenant (le coté « temps réel » fait son effet), et ça a le goût d'un bon policier des années 80. C'est bien parce que c'est ce bon vieux Richard Donner aux commandes, qui nous fait du Donner (on retrouve le coté buddy movie, et certains types de scènes qu'il aime illustrer, comme quand les personnages se parlent avant, après ou pendant une fusillade), avec cependant un peu moins de punch que d'habitude. Bon, c'est quand même pas aussi mou que son "Prisonniers du temps" (un ratage qui laissait entendre que Donner était out), mais ça manque de nervosité et d'originalité. Autant dire que la réalisation est formatée, sans grandes ambitions si ce n'est celle de montrer une histoire. Juste le savoir-faire d’un bon artisan du genre suffit ici (et les fusillades à la Donner ont toujours de la gueule), un artisan certes en fin de carrière mais toujours apte à nous offrir un bon divertissement palpitant avec son lot de rebondissements et de surprises. Dommage que le dénouement déçoive (du classique, de l’incohérence…regrettable que le film n’aille pas au bout de son concept), mais le film se termine sur une touche de tendresse appréciable, "16 Blocs" délivrant une jolie petite morale contre les idées reçues (on peut changer) et présentant deux personnages attachants qui doivent apprendre à se faire confiance et à se comprendre. Car "16 Blocs" est aussi un petit film d’action qui a du cœur, ce qui lui confère même une personnalité. Un film d’action bien écrit est un bon film d’action.

Le réalisateur délivre assez de scènes tendues (mention à la scène dans le bar, peut-être la plus excitante du film) et de scènes d’action (dont l’une semble faire directement référence à la scène du bus de "L’Epreuve de force" de Clint Eastwood, d’ailleurs difficile de ne pas penser à ce film devant "16 Blocs") pour qu’on ne s’ennui jamais (c’est un film constamment mouvementé), même quand l’intrigue se fait moins intéressante. Dommage que l’excellente partie dans le bus, inattendue, ne soit pas plus exploitée. Si "16 Blocs" est aussi efficace, c’est pour sa sobriété, sa réalisation carré, sa façon d’aller droit au but (personnages présentés et pitch exposé en un quart d’heure, puis ça s’enchaîne à vive allure dans un rythme qui va crescendo). D’autant plus que papy Donner est encore capable de nous offrir quelques plans à la brutalité surprenante (le premier gars tué par Bruce Willis), comme au bon vieux temps.

Bruce Willis (dont c’est, étrangement, la première collaboration avec Richard Donner, autre géant du film d’action des années 80 / début 90 made in Joel Silver), dans un rôle qui lui va comme un gant, a définitivement gagné une sacrée gueule, faisant ici penser au Pascal Greggory de "Nid de guêpes" (ce qui n’est peut-être pas un hasard, Willis étant un fan du film de Florent Siri). L’acteur, vieilli mais toujours aussi bon (décidément, après "Otage"…), donne de l’épaisseur à un anti-héros (c’est même une vraie loque, mais qui a toujours de bons réflexes) qui n’aurait pu être qu’une caricature (le flic au bout du rouleau et porté sur la bouteille, on connaît par coeur). L’étonnant Mos Def (émouvant dans "The Woodsman", marrant dans "H2G2" et "Braquage à l’italienne") est lui aussi convaincant (par contre, son doublage français est absolument insupportable, on lui a conféré une voix de canard !) dans le rôle du prisonnier ciblé (et qui s’appelle Edward Bunker, merci le clin d’œil), et le duo fonctionne bien, Donner ayant assez d’expérience dans ce domaine (il sait faire naître une amitié à l’écran). Dommage que David Morse ne soit réduit qu’à une figure de méchant (mastiquant du début à la fin du chewing-gum). Remarque ce n’est pas vraiment l’originalité qui prime dans ce "16 Blocs", divertissement à l’ancienne bien loin des films d’action boursouflés, bourrins et clipesques de nos jours. Pour les férus comme moi du film d’action des années 80 et du début des années 90, autant dire que c’est le genre de spectacle honnête, sincère et bien emballé qui fait plaisir.
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