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| De HellJohn | Note : 7/10 |
un bien joli film
Le suédois Lasse Hallström est un adepte de la comédie mélodramatique, et est pour cela peu apprécié par les critiques. Même son oscarisé "L’œuvre de Dieu, la part du diable" a été beaucoup contesté. Après "Gilbert Grape", "Le Chocolat" et "Terre Neuve", son nouveau film (son "Casanova" étant sorti directement en dvd en France, après son échec aux USA), "Une Vie inachevée", se révèle être ce qu’on attendait d’un tel réalisateur : un mélodrame des plus classiques. Evidement descendu dans la presse, "Une Vie inachevée" est certes prévisible, truffé de clichés, déjà vu, conventionnel…Mais quand les clichés sont bien utilisés, ça peut donner un bon film. Un joli film académique, agréable, plein de bons sentiments, de morale, de beaux paysages et de belles envolées du Wyoming. Hallström sait instaurer à chacun de ses films une ambiance nostalgique et apaisante, et "Une Vie inachevée" en est le plus bel exemple. Le cinéaste prend son temps pour raconter cette classique histoire de drame familiale et de pardon, qui se terminera forcément sous les meilleurs auspices...Mais ce n’est pas la fin, qui compte ici, mais plutôt de découvrir comment les personnages vont résoudrent leurs conflits.
Autre qualité du cinéaste, celui de dresser de jolis portraits de personnages (même si certains seconds rôles sont vraiment caricaturaux, comme les personnages de Damian Lewis ou de Josh Lucas, de trop), superbement interprétés par le trio vedette. Jennifer Lopez est très convaincante (même si son rôle de femme battue peut rappeler celui du ridicule "Plus Jamais"), et l’alchimie entre Robert Redford (à nouveau en tête d’affiche d’un beau drame romanesque) et Morgan Freeman (dans un rôle proche de celui qu’il tenait dans "Million Dollar Baby") fait des merveilles, rendant justice à la rencontre à l’écran entre ces deux grands acteurs. De ces interprétations, il découle de l’émotion (mention au personnage de Morgan Freeman, le plus touchant) et de beaux moments émouvants. La sous-intrigue avec l’ours (alias Bart the Bear, l’ours star de "L’Ours" et de "A Couteau tiré", entre autre ! Il fait ici une très bonne prestation, lol) est particulièrement belle et très symbolique.
"Une Vie inachevée" a beau être un drame qui prend son temps, on ne s’ennuie pas une minute, au contraire. Les thèmes ont certes déjà été rabâchés auparavant, mais ils sont ici adroitement traités, avec cette part de non-dits et de secret (une habitude chez le cinéaste), et ce dans un contexte naturel (superbe Ouest sauvage, magnifiquement éclairé par le chef op’ Olivier Stapleton, un fidèle de Stephen Frears et de Michael Hoffman) qui a son importance sur les personnages. Ce patelin constitue d’ailleurs un personnage à part entière, tout comme l’ours. Hallström n’utilise pas la nature juste pour faire joli, et "Une Vie inachevée" n’est pas seulement une balade dépaysante. Elle ne donne pas d’autres choix aux personnages que de se confier, de se révéler, c’est elle qui les mène. Autre bon point du film, celui de ne jamais tomber dans l’excès et le pathos gratuit, malgré les nombreux clichés. Le cinéaste ne sort pas la grosse artillerie avec violons et larmes, et économise ses munitions de manière à mieux nous toucher dans la dernière partie.
"Une Vie inachevée" est donc un joli drame, agréable et fluide comme une douce rivière que l’on contemple au milieu de la nature et qui se dévoile petit à petit. Ce film ne méritait pas tant de haine…
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