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| De HellJohn | Note : 3/10 |
Bouh que c'est mauvais
Là ou il y avait un certain intérêt à remaker le "Assaut" de Carpenter, potentiel que Richet n’a pas exploité, préférant faire un bon petit film d’action, je ne voyais vraiment pas le but de réaliser un remake du "The Fog" de Carpenter, d’autant plus qu’il s’agit d’un film assez mineur dans la filmographie du maître (mineur mais très bon quand même). Et après visionnage de ce nouveau "Fog", je ne vois toujours pas. Le pauvre Rupert Wainwright, qui avait gâché le bon script de son "Stigmata" par une réalisation clipesque inappropriée, nous balance ici, à la place du petit classique de Carpenter, un thriller fantastique mou et d’une inventivité inexistante. Au revoir les éclairages artisanaux et soignés du film de 1979, bonjour le brouillard numérique et la photo moche. Bye-bye les fantômes dévoilés sous forme de silhouettes menaçantes (comme souvent avec Carpenter), bienvenue aux fantômes numériques grand-guignolesques soit en hors champs soit en gros plan (mais dans les deux cas ils font plus sourire que peur). Adieu aussi à l’originalité et la personnalité du "The Fog" de Carpenter, place ici à des clichés éculés dans un style neutre. L’esthétisme et le rythme hypnotisant du film original, la musique entêtante de Carpenter, cette impression réelle de peur et d’étouffement lorsque le brouillard approche, l’intrigue basée sur une légende qui confère au film un aspect mythologique, cette fantastique ambiance d’enfermement de cette petite ville paumée…Tout cela disparaît dans le stupide remake.
Finalement le pire dans ce projet, c’est de constater qu’il n’y avait vraiment rien à refaire ou à inventer par rapport au film original. "Fog" est le film inutile par excellence, mais il aurait au moins pu divertir, ce qui est à peine le cas (au moins, le remake de "Amityville" avait le mérite de divertir malgré ses clichés). Pour avoir peur, passez votre chemin. A quelques plans près, "Fog" ne provoque que l’ennui. La mise en scène est plate et sans aucune saveur, l’intrigue est un condensé des clichés du genre (avec flashbacks à l’appui), clichés qu’on pensait bel et bien disparus des films fantastiques actuels (énumérer tous ces clichés prendrait trop de place). Tous les effets (visuels, narratifs et sonores) sont prévisibles, les personnages sont du domaine du déjà vu et sont inintéressants au possible, les réactions de ces derniers sont incompréhensibles, l’histoire (qui reprend la trame du premier "The Fog" en modifiant les motivations des fantômes, les qualités de l’ambiance en moins) accumule les incohérences jusqu’à ce qu’on finisse par s’en foutre royalement, on a même le droit à de la musique branchée (« pas de la daube commerciale », clame l’animatrice de radio dans le film, et pourtant) mais par contre, pas une goutte de sang…Tout juste rigole t-on devant la mort de la grand-mère. Même le final ne relève pas le niveau, au contraire (ça tombe comme un cheveux sur la soupe, on comprend pas ce qui se passe). Carpenter parvenait à donner vie à des décors de studio, et on y croyait vraiment. Dans le film de Wainwright, tout sonne faux. Là ou le film de 1979 résiste au poids du temps (alors que le cinéaste racontait tout simplement une histoire de fantômes à l’ancienne), celui de 2006 est dépassé avant même sa sortie, preuve qu’il n’était définitivement pas à faire.
A sauver (faut bien justifier mon 3 / 10) : les quelques plans sur le voilier des fantômes dans le brouillard (assez effrayants), et Selma Blair, que je verrai d’ailleurs bien dans un film de Carpenter (avec ses petits airs d’Adrienne Barbeau). L’autre héroïne, Maggie Grace (habituée des séries TV), qui reprend le rôle de Jamie Lee Curtis, est bien jolie aussi (d’ailleurs on s’occupe en la matant comme si il n’y avait rien d’autre d’intéressant à regarder) et joue plutôt bien, mais son personnage est une vraie caricature, comme les autres (l’ami black rigolo, le prêtre désespéré et porté sur l’alcool, le vieux fou qui sent le malheur arriver, le gosse, etc.). Quand à Tom Wailling, super-héros de "Smallville", il ferait mieux de rester à la télévision si c’est pour être aussi fade (on aurait pu mettre Josh Hartnett ou Ashton Kutcher à sa place que ça n’aurait rien changé) et aussi peu crédible (dans le rôle d’un personnage qui était en plus sans importance dans le film original). Vraiment un beau ratage, ce film, tellement consensuel et inoffensif qu’on croirait regarder un téléfilm. C’est à se demander comment Carpenter a pu soutenir ce remake (besoin d’argent, sans doute) qui est l’ennemi même de son cinéma et du cinéma de genre en général. Mauvais, mais pas au point de vouloir quitter la salle en cours de film (ça se regarde gentiment, quoi)…
3,5 / 10
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