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| De HellJohn | Note : 7/10 |
donc oui, c'est bien sympa, une comédie de moeurs équilibrée et attachante
Claire (Karin Viard), pigiste quelconque et effacée dans un journal de mode, devient par hasard l’assistante personnelle d’une star de cinéma à fort caractère, Elisabeth Becker (Agnès Jaoui). Une fausse amitié qui confronte deux personnalités et deux modes de vie opposés, tel est le moteur de cette charmante comédie qui joue donc beaucoup sur l’antagonisme des deux personnages, qui ne sont finalement pas si différents l’un de l’autre. Les relations entre les deux femmes sont exploitées à merveilles (Claire, folle d’admiration pour l’actrice, devient quasiment son faire-valoir, tandis que Elisabeth s’attache à Claire et ne peut plus s’en passer) et assez ambiguës (amitié ? admiration ? jalousie ?). Il plane un parfum de comédies hollywoodiennes à l’ancienne (le "Eve" de Mankiewicz semble être la principale référence du film). Dommage qu’un homme (Jonathan Zaccaï) vienne s’intercaler entre les deux femmes, ce qui donne lieu à une romance cliché plombant le rythme, avec un personnage masculin fade peu charismatique et peu intéressant.
Si "Le Rôle de sa vie" dépeint le monde du cinéma comme narcissique, élitiste et hautain (cf. par exemple l’apparition de Francis Huster), ce qui n’a rien de bien original ni de très pertinent (mais heureusement, la satire n’a guère d’importance et n’intervient que par petites touches), le premier film de François Favrat (assistant réalisateur d’Olivier Assayas et de Christophe Blanc) est une belle réflexion sur la célébrité et l’anonymat, sur la solitude de la star et sur la solitude de celle qui est dans l’ombre de la star, sur la dépendance. Malgré quelques clichés, "Le Rôle de sa vie" est à la fois comique et réaliste, imprégné des deux personnalités qu’il croque. Deux personnalités par deux actrices elles-mêmes radicalement différentes (la grande gueule Jaoui face à la timide Viard) et qui jouent de leur image dans des rôles qui leur vont forcément bien (d’où un certain sens de la dérision). Une comédie équilibrée qui, tout en restant assez prévisible, se termine sur une note amer, loin de la bonne humeur et de la fraîcheur de l’ensemble. On ne rit jamais vraiment (même si le personnage de Karin Viard prête souvent à sourire), mais on s’y attache.
6,5 / 10
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