Un divertissement grandiose qui enterre le premier volet !
Suite du succès surprise (aussi bien critique que public : il a rapporté 653 millions de dollars dans le monde et a obtenu 5 nominations aux Oscar) "Pirates des Caraïbes, la Malédiction du Black Pearl" et d’ores et déjà l’un des plus gros succès en salles de tous les temps, "Pirates des Caraïbes 2" est, n’y allons pas par quatre chemin, un ENORME divertissement qui tient toutes ses promesses, et même bien plus. De bout en bout, le bonheur est total ! En bonne suite qu’elle est, tout ici est plus fort que le premier épisode, l’effet de surprise en moins (quoique personne ne pouvait s’attendre à un tel succès). Les présentations ayant été faites dans le premier volet (même si la première scène mettant en scène Johnny Depp est aussi hilarante que celle qui nous le présentait dans le premier opus), il est indispensable de l’avoir vu pour bien saisir les nombreux évènements qui vont se produire dans cette suite, car on attaque d’emblée avec ces évènements (tout commence par le mariage interrompu entre Will Turner et Elizabeth Swann), et bien que le début soit un peu long au démarrage, le rythme de croisière s’installe et ça finit par ne plus s’arrêter (un vrai tourbillon de sensations). Il se passe toujours quelque chose pendant plus de deux heures non stop, l’action est sans cesse relancée, il y a de nouveaux enjeux toutes les dix minutes et ça ne traîne pas en palabres (sauf peut-être durant les scènes en Angleterre avec les méchants) ! C’est même tellement chargé (le film développe une véritable mythologie, une saga complexe et dense qui fait penser à celle de "Star Wars" : "Le Secret du coffre maudit" est à "Pirates des Caraïbes" ce que "L’Empire contre-attaque" est à "Star Wars") et tellement gros que je peux comprendre que certains spectateurs s’en détachent et s’ennuient, mais quand on est complètement immergé dans le spectacle comme je l’ai été, c’est le pied total !
Les effets spéciaux, bien plus réussis et réalistes que dans le premier film (dans ce dernier, je les trouvais parfois trop voyant, par exemple les fantômes pirates très « numériques »), sont de très haute volée et s’intègrent parfaitement aussi bien à la forme qu’au fond. Les hommes-poissons sont de véritables merveilles visuelles (on reverrait volontiers le film rien que pour admirer chacun d’entre eux, même ceux au second plan), de même que leur vaisseau (le Hollandais Volant) ou le légendaire monstre Kraken, et Gore Verbinski a la bonne idée de justement s’attarder longuement sur ces réussites (la chartre graphique du film est vraiment sublime). L’histoire est bien évidemment absurde et rocambolesque, mais tout cela conserve assez de crédibilité pour qu’on se sente transporté dans cet univers foisonnant, qui retranscrit tous les codes du film de pirates (un véritable revival en même temps qu’un best of du genre, donnant ainsi l’impression d’un film d’aventures à l’ancienne) et y ajoute de nombreuses autres références légendaires, littéraires et historiques (les auteurs se sont éclaté, ça se sent), avec une touche de fantastique géniale qui passe bien mieux que dans le premier épisode (ça devient presque naturel, cette fois). Un vrai swashbucker à la fois culturel et nourri de la contre-culture !
Mais là ou le film m’a le plus surpris, surtout par rapport au premier film, c’est que j’ai vraiment eu l’impression d’être devant une bande dessiné animée ! Certaines séquences sont même cartoonesques (Tex Avery chez les pirates) et vraiment hilarantes, notamment les deux passages jubilatoires sur l’île (la fuite en cages, Depp embroché et le combat sur la roue, excellent !!). Il y a également un coté jeu vidéo jouissif (certains ne manqueront pas de citer encore Monkey Island, qui semble avoir inspiré la trilogie), le film étant une sorte de succession de niveaux ou de missions (trouver la clé, gagner le jeu de dés, chercher 99 âmes, vaincre le Kraken, etc.), avec des enjeux plus ou moins importants et jamais répétitifs, le tout s’enchaînant vraiment bien et avec malice. C’est du rythme et du punch du début à la fin ! Et là ou la plupart des blockbusters d’aujourd’hui déçoivent par leur manque de spectacle ou de nouveautés, "Pirates des Caraïbes 2" aligne de vrais morceaux de bravoure à la pelle (les scènes d’action comiques citées plus haut, mais aussi le passage dans le Hollandais Volant ou le combat dantesque en plusieurs parties contre l’impressionnant Kraken) avec une inventivité qui fait plaisir à voir dans une si grosse production (un budget de 225 millions de dollars !). Là au moins, on voit bien le budget à l’écran, ça saute aux yeux et on en a pour notre argent. "Pirates des Caraïbes 2" est bien plus sérieux que son prédécesseur, et son univers devient vaste et fouillé (gagnant même ainsi en cohérence), comme en témoigne la variété des décors (qui accentue le coté jeux vidéo et le coté exotique) et des personnages (une belle galerie).
Et puis ce personnage de Jack Sparrow, déjà culte, je m’en lasse pas. Ce genre de héros atypique qui ne se prend jamais au sérieux (ha, ses répliques, du bonheur), qui n’a aucun scrupule (c’est vraiment un salaud du début à la fin, ou presque) et qui s’en tire toujours par des coups de bol miraculeux, j’adore (il y a longtemps qu’on a pas vu un tel personnage principal dans un film d’aventures). Johnny Depp (égal à lui-même, donc génial) cabotine, oui, mais ou est le mal ? Je préfère un héros original et déjanté comme Depp à un héros plus conventionnel comme Orlando Bloom, trop sérieux, trop belle gueule, cela dit il reste très convaincant et moins lisse que dans le premier. Quand à Keira Knightley (qui était encore peu connue à l’époque du premier "Pirates des Caraïbes"), elle est vaillante et fort jolie dans ce rôle intéressant car partagé entre deux hommes, donc entre plusieurs enjeux. Un vrai charme qui ajoute encore plus d’exotisme à un film déjà bien dépaysant. Ces trois personnages évoluent de façon intéressante et captivante, et ceux de Keira Knightley (qui avait encore les cheveux courts suite au tournage de "Domino" et qui a du porter une perruque dans la plupart des scènes) et Orlando Bloom (on sent bien que depuis le premier épisode, il est passé par "Kingdom of Heaven" et "Rencontre à Elizabethtown"), assez transparents dans le premier opus, acquièrent ici une vraie dimension. A coté du trio de tête s’agitent plein de bons seconds rôles et de sales trognes (le second de Sparrow, les deux pirates comiques de service, Davy Jones et ses hommes, le père de Will, la voyante vaudou…). Quand à la musique d’un Hans Zimmer en très grande forme, même si il manque un thème principal mémorable, elle est vraiment épique et puissante (les morceaux à l’orgue, surtout, le thème du Kraken est fabuleux). Du Zimmer comme on l’aime. "Pirates des Caraïbes 2" ressemblerait en fait presque à un film musical, toujours en mouvement, composé d’une large variété de notes, coloré, harmonieux (tout le monde a saisi l’esprit et le ton du film, c’est ça qui donne un spectacle sans fausse note).
Epique, donc (des divertissements aussi épiques que celui-là, ça commence à manquer), bourrin, ingénieux, inventif, esthétiquement magnifique (Verbinski est putain de bon technicien, bien plus que George Lucas, et il a acquis d’immenses progrès par rapport à son premier "Pirates des Caraïbes"), vif, drôle, irrévérencieux, impressionnant, dense, plus sombre et plus violent (c’est pas si grand public que ça, y’a même quelques effets gore !) que le premier épisode (qui lui était plus léger et bon enfant)…le seul défaut serait, justement, d’être un peu trop chargé (l’avantage, c’est qu’il va supporter sans problèmes d’autres visionnages). Le cliffhanger final est en effet très frustrant, mais qu’est-ce que ça donne envie de voir la suite (l’ultime ?) ! J’étais parti pour une heure de plus, là ! Sachant que le troisième épisode a été tourné simultanément avec celui-ci, on peut s’attendre à quelque chose d’aussi grandiose, voir plus.
Et restez jusqu’à la fin du générique…
8,25 / 10
Par contre, pas compulsion, j'attendrai un coffret avec les 3 épisodes.
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