Jason Bourne
z'avez bu les gars !!!!

Tchakna
Qu'elle merde ce film.....

Howie
Esthétiquement parfait, mais horriblement chiant

Paladin
truc pour noter les films

HellJohn
L’un des films d'action les plus dingues et débiles que j’ai vu : un OVNI fascinant !

icepoon
l'une des plus grosses merdes de 2006

Paladin
J'y croyais pourtant

cyberspace7119
Franchement bof...

 
De HellJohn
Note : 5/10
L’un des films d'action les plus dingues et débiles que j’ai vu : un OVNI fascinant !

Attention, cet "Ultraviolet" est sans doute le film d’action SF le plus hallucinant que j’ai jamais vu. Hallucinant, mais pas forcément dans le bon sens du terme.
Après la très bonne surprise que fut "Equilibrium", on attendait le réalisateur Kurt Wimmer (à qui l’on doit les scénarii de "Sphère", "La Recrue" et "Thomas Crown") au tournant, même s’il s’était juré de ne plus retoucher à la réalisation. Le voilà donc qui débarque avec cet "Ultraviolet" sous le bras, qui n’est pas, contrairement à ce qu’on peut croire à la vue du générique de début (avec la musique d’un Klaus Badlet qui nous fait du Danny Elfman du pauvre), une adaptation d’un quelconque comics, mais bel et bien un scénario « original ». Kurt Wimmer, aussi scénariste, illustre un monde futuriste aseptisé et totalitariste assez semblable à celui d’"Equilibrium". On retrouve d’ailleurs beaucoup de thèmes communs dans les deux films : un univers ou les sentiments sont exclus, une société qui renvoie directement au nazisme (voir dans "Ultraviolet" les contaminés qui doivent porter des brassards, tel les juifs dans les camps de concentration, et le gouvernement décidera même de les exterminer), un personnage principal (Christian Bale / Milla Jovovich) mutique dénué de sentiments donc plus vraiment humain, mais qui va, au contact d’un animal ou d’un enfant, le redevenir et se placer du coté des « bons » (donc il se rebelle contre son camps)…Les deux trames narratives des films sont très proches (c’est même quasiment le même schéma), certaines scènes de "Ultraviolet" font d’ailleurs fortement penser à des scènes d’ "Equilibrium" (le duel final au sabre, l’intrusion de Violet dans l’antre du méchant façon "Matrix", la fusillade dans le noir…), mais "Equilibrium" développe bien mieux la société illustrée et exploite étonnamment bien un sujet casse-gueule. Car si "Ultraviolet" est truffé de bonnes idées, il s’avère qu’aucune d’elle n’est exploitée et qu’il mise tout sur l’action. Quoiqu’il en soit, il suffit des dix premières minutes pour se rendre compte qu’on va assister à un pétage de plomb mémorable…

Commençons par le rendu. On ne s’étonnera pas d’apprendre que c’est George Lucas qui a initié Kurt Wimmer, alors en visite sur le plateau de "Star Wars Episode III", au format Haute Définition. Kurt se met donc en tête, après que George lui ait fait étalage de toutes les fabuleuses possibilités qu’offrait cette technologie, de réaliser un film entièrement en HD, et ce film, c’est "Ultraviolet". On pouvait déjà avoir un aperçu du résultat dans la bande annonce du film, mais il faut vraiment voir "Ultraviolet" pour le croire. C’est bien simple, on se croirait dans un mélange entre "Avalon", "Tron" et une pub Loréal ! Autrement dit, on passe du meilleur au pire. De belles images sur la ville futuriste côtoient d’autres plans à la finition douteuse. On ne peut pas nier que l’esthétisme du film est plutôt soigné et clinquant, "Ultraviolet" gagnant même des allures de films d’animation et une sensation presque onirique de flottement. Mais on croit rêver quand le cinéaste filme Milla Jovovich comme dans une publicité Loréal (Milla remue ses cheveux colorés au ralenti, et ce plusieurs fois !), le visage de Milla étant d’ailleurs tellement lisse et débarrassé du moindre « défaut » qu’il semble avoir été retouché par des publicitaires. Milla est donc forcément très belle et sexy, bien aidée par le numérique. On ne compte pas non plus les plans qui avantagent le physique de l’actrice, et pas seulement le visage. Kurt Wimmer iconise son héroïne, au point de la faire poser dans chaque plan avec toute la classe possible, avec quelques punch-lines foireuses à l’appui. Les poses de Milla après une scène de baston sont parfois hilarantes tant elles sont poussées. Milla marche de plus comme un mannequin dans un défilé de mode, se bat avec une classe folle, et chacun de ses gestes est appuyé à outrance. C’est sans parler de son look futuriste très fashion, avec ses cheveux qui changent de couleur (mdr) et sa petite tenue (avec vue imprenable sur le nombril). C’est certes bien joli visuellement, mais aussi involontairement drôle.

Mais là ou la HD fait perdre les pédales à Kurt Wimmer, c’est dans les scènes d’action. C’est bien simple, la première demi-heure est un monumental bordel parfois illisible, une course poursuite non-stop qui enterre le délire final de "Torque". Il faut franchement avoir des couilles ou être illuminé pour filmer de telles acrobaties à base de « modulateur gravitationnel » (donc Violet peut rouler en moto sur les façades des immeubles, courir sur les plafonds, ect.). Armé de la technologie HD, Wimmer se permet tous les délires, comme un gosse qui teste un nouveau jouet. On pourrait ainsi considérer "Ultraviolet" comme un trip expérimental, Wimmer utilisant à outrances l’esthétique HD au service de l’action. On se croirait vraiment dans un jeu vidéo (aussi bien dans la forme que dans le fond), "Ultraviolet" reproduit exactement les mêmes étapes : passage de niveau avec un objectif à atteindre (fuir, protéger le gosse, récupérer une arme surpuissante…), boss, niveau suivant avec nouvel objectif, boss, ect, et ce souligné par la musique bourrine d’un Klaus Badlet lui aussi en roue libre (lui qui a fait un si bon boulot sur "Poséidon"). Même visuellement, on a parfois l’impression d’assister à une démo, tout ici semble virtuel, et dirait même à plusieurs reprises que ça bugue (!!). C’est donc au cours de cette hallucinante course poursuite que se construit l’histoire. Une histoire qui passe hélas à coté d’un bon sujet, à savoir la société futuriste, ce que Wimmer avait si bien développé dans son "Equilibrium". Là, on passe d’une scène d’action à une autre comme on passe d’un niveau à un autre dans un jeu vidéo. Les scènes d’action conceptuelles se suivent avec plus ou moins d’originalité et avec une stylisation rarement aussi poussée (on peut appeler ça une « parodie de réalisation clipesque ») : Violet s’infiltre dans un laboratoire ultra-surveillé pour voler une mallette au contenu mystérieux, Violet en moto poursuivie par l’hélicoptère, Violet contre une dizaine de chinois yakusa sur le toit d’un immeuble (une scène à la fois débile et jubilatoire), Violet devant éliminer une vingtaine d’ennemis en quelques secondes avant que le gosse n’atterrisse au fond d’un puit (une bonne idée), Violet qui s’en va faire la peau au gros boss de fin, Violet contre deux sbires dans un cimetière…Une impression vidéoludique renforcée par le fait que chaque combat se déroule dans un lieu spécifique (souvent clôt), et avec des armes, des contraintes et des techniques différentes à chaque fois. L’avantage étant que les scènes d’action ne sont pas répétitives et très amusantes. On se régalera notamment du duel final dans le noir (encore une bonne idée sous-exploitée) ou de cette course-poursuite qui tient sur une longue partie du film et qui a de quoi faire rire. Wimmer s’amuse comme un petit fou, sans soucier du confort du spectateur (comme un gamin qui joue bruyamment sans se soucier des gens autour), mais reste un réalisateur assez imaginatif et dynamique dans sa réalisation, la HD lui permettant de se lâcher et d’enchaîner des plans assez dingues (avec une caméra passe partout) au rendu parfois magnifique (et parfois ridicule), il faut bien le dire. Dommage que ce coté jeu vidéo, qui sert tout de même bien son sujet, ne donnent pas à ces scènes un quelconque réalisme ni même la moindre crédibilité (c’est du grand n’importe quoi assumé), ce qui fait qu’elles ne sont pas impressionnantes, en plus de manquer d’un certain punch (les détonations des armes à feu ont bien peu de relief). Juste funs pour leur jusqu’au boutisme formel et conceptuel, d’autant plus que les chorégraphies sont très agréable et parfois recherchées (la scène sur le toit contre les chinois).

Arts martiaux, "Matrix", manga…Wimmer ratisse large et passe en revue toute la contre-culture de ces dernières années, il tourne d’ailleurs son film en Chine (et y récupère une partie de l’équipe technique). Il va jusqu’à recopier son propre "Equilibrium" (qui était bien plus, malgré les apparences, qu’un clone de "Matrix") et la technique de combat du Gun-Kata (un nouveau style de combat qui, il faut bien le dire, a de la gueule), qu’il réutilise ici. Le plus drôle, c’est que Wimmer se défend d’avoir réalisé une nouvelle version de "Gloria" de John Cassavetes, mais à la vue de son "Ultraviolet", on pense à tout sauf à ça. Malgré un scénario linéaire (qui semble là encore tiré d’un jeu vidéo d’arcade), "Ultraviolet" part dans tous les sens, dans un foutoir tantôt jouissif, tantôt insupportable, et ce d’une seconde à l’autre. On ne peut pas vraiment dire que "Ultraviolet" soit mal réalisé. Comme je l’ai dit un peu plus haut, Wimmer soigne ses plans et livre quelques étonnantes toiles numériques de son univers colorimétrique qui flirte parfois avec un kitch futuriste (notamment pour les costumes et les architectures des bâtiments) et une esthétique pop (on se croirait dans un clip vidéo). "Ultraviolet" passe du très laid (mauvais goût, impression d’inachevé, effets ridicules…) au très beau (composition picturale soignée, éclairages, jeux de perspective…). Dommage que le montage saccadé par la production (qui, non satisfaite du montage de Wimmer, remonta entièrement le film, on se doute bien que quelques scènes sont du même coup passées à la trappe car ça se ressent) ne permette pas toujours de constater son travail. Il faut remarquer aussi que c’est quand il se fait plus sobre que le cinéaste réussit vraiment ses scènes : par exemple, la scène de confession entre Violet et l’enfant dans la voiture est étonnamment belle et émouvante (Milla fait autre chose que la top modèle fatale fashion), quasiment plongée dans l’obscurité, à peine éclairée par quelques lumières au dehors. Une des rares pauses dans ce bordel, dommage que le cinéaste ne cherche pas à développer ses personnages (il y avait pourtant matière pour) et les réduit à de simples figures auxquelles on ne s’attache pas, encore moins avec les interprétations monolithiques de l’élégante Milla Jovovich (à quelques exceptions près, donc, et son charisme à la fois fort et sensuel fait le reste) et du jeune Cameron Bright (déjà pas très humain dans "Godsend", "Birth" ou "X-Men 3"), et ce malgré une tentative d’humanisation de ces deux personnages (bien trop brève, cependant il manque clairement des scènes au montage définitif). Les personnages n’ont donc guère de relief, mention au méchant sadique joué par Nick Chinlund, un habitué des rôles de salauds (on l’a vu dans "Les Ailes de l’enfer", "L’Effaceur", "Abîmes", "Training day", "Les Chroniques de Riddick" ou encore "La Légende de Zorro"), une véritable caricature dont on s’amuse à chaque apparition (rien que son sourire nous donne envie de lui mettre des baffes). Dans tout ça, William Fichtner s’est perdu dans le rôle d’un scientifique solitaire, seul allié de confiance de Violet.

Il y a très peu de dialogues dans "Ultraviolet", et quand on les entend, on se dit que c’est tant mieux. Les dialogues sérieux sonnent faux et sont bien souvent très drôles (soit parce qu’ils sont clichés, soit parce qu’ils sont nonsensiques), que ce soient les punch-lines foireuses lancées par l’héroïne ou les phrases mélodramatiques qu’on ne pensait pas entendre dans un film sorti en 2006 (William Fichtner à Milla : « Pourquoi n’ouvre tu jamais ton cœur ? ». Je vous fais grâce de la réponse). "Ultraviolet" a au moins le mérite de ne pas être bavard, sauf quand les personnages se lancent dans des explications pseudo-scientifiques heureusement brèves (vu le charabia débité, heureusement). Car s’il y a bien une chose qu’on ne peut pas reprocher à "Ultraviolet", c’est son rythme effréné. Pour être franc, je me suis vraiment amusé devant "Ultraviolet", mais à la fin, je me suis interrogé : est-ce nul ou génial ? Suis-je devant un nanar ou un chef d’œuvre incompris ? Au moment ou j’écris ces lignes, je ne sais toujours pas quoi penser de cet OVNI du film d’action. Beaucoup l’auront vite classé dans la catégorie des films indéfendables, mais je ne pense pas que ça soit aussi simple. "Ultraviolet" est à l’évidence un film déroutant, extrémiste (il s’agit sans doute du film le plus boursouflé et synthétique que j’ai jamais vu), contradictoire, mais surtout très ludique. On navigue constamment entre originalité et plagiat, entre le beau et le laid, entre la confusion et la linéarité, entre le ringard et l’appréciable…Difficile de savoir comment prendre ce film (premier ou second degré ?). Après l’expérience difficile d’"Equilibrium", Kurt Wimmer parlait d’arrêter la réalisation. Est-ce pour se venger qu’il livre avec "Ultraviolet" un film aussi fou et déstabilisant, se lâchant complètement avec un scénario absurde (je suis sûr que vous avez oublié que le film parle de vampires) ? Vu que son nouveau film a été reçu très froidement par les critiques et les spectateurs, et que le studio l’a totalement remonté à sa sauce, Kurt risque d’être dégoûté à nouveau du cinéma pendant un bon moment. Dommage, son "Ultraviolet", certes moins profond et moins noir qu’"Equilibrium", est intéressant sur bien des points et restera comme l’un des films les plus dingues et débiles que j’ai vu, ce qui en fait une œuvre décidément très étrange. Mais je ne sais toujours pas si c’est nul ou génial. D’ailleurs, je ne sais même pas quelle note lui attribuer…

? / 10
ajouter votre critique