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| De HellJohn | Note : 6/10 |
Sans surprises, carré et efficace.
"The Sentinel", second film de l’acteur Clark Johnson (il a d’ailleurs un petit rôle dans "The Sentinel") après "SWAT", est un peu à l'image du casting (un casting à la fois opportuniste et nostalgique), qui rassemble deux stars vieillissantes (quoique Kim Basinger vieillit très bien) des années 80 et deux stars de séries TV à la mode (Kiefer Sutherland tient même un rôle quasiment identique que son Jack Bauer). Avec son intrigue d'espionnage qu'on croirait sorti d'un suspense des années 80 (voir même d’un téléfilm) et sa réalisation certes télévisuelle (un aspect documentaire propre à The Shield, dont Clark Johnson est d’ailleurs l’un des réalisateurs) mais percutante (c'est vif, fluide et particulièrement bien monté, les quelques scènes d'action sont vraiment bien illustrées), "The Sentinel" ressemble à un film daté remis au goût du jour. Clark Johnson, qui exploite bien mieux son pitch que dans "SWAT" et qui s’attarde cette fois sur les agents de sécurité du président, confère un traitement visuel réaliste à un scénario plutôt absurde et basique (qui se résume par « y’a une taupe à la Maison Blanche, et le héros est accusé »), mais c’est bien l’efficacité de la mise en scène (caméra portée, steadycam…) qui l’emporte sur une histoire prévisible (un acteur en particulier a un peu trop la gueule de l’emploi, ceux qui ont vu le film comprendront) qui ne manque cependant pas de rebondissements (c’est bien rythmé) et d’une certaine authenticité dans la description des méthodes de ces agents (le film adapte le roman d’un ex-agent des services secrets dont l’œuvre a déjà été adaptée au cinéma pour "Police Federal Los Angeles" et "Extrême limite"). De plus, le conseiller technique est aussi un ex agent des services secrets. Johnson a toujours le sens des détails, ce qui est appréciable dans ce genre de films souvent mal torchés.
Douglas, aussi producteur, fait du Douglas (il a encore une liaison dangereuse avec la mauvaise femme et joue les proies innocentes) et j’aime bien (jeu carré, du charisme, et crédible quelque soit le personnage qu’il incarne). Kiefer Sutherland, qui jouait déjà aux cotés de Clark Johnson dans le polar "Renegades" (réalisé en 1990 par Jack Sholder), est transparent et ressort exactement le même jeu et les mêmes tics que dans 24 heures chrono (série à laquelle on pense inévitablement devant "The Sentinel", surtout à cause de l’acteur commun). Les scènes entre Douglas et Sutherland sont plutôt réussies (la relation entre leurs personnages reste assez obscure, c’est une bonne chose), notamment une belle engueulade. Kim Basinger (qu’on n’a toujours pas vu aussi excellente que dans "L.A. Confidentiel") est toujours belle et même plutôt crédible en Première Dame (peut-être à cause de sa coupe de cheveux). Quand à Eva Longoria, elle ne sert pas à grand-chose si ce n’est à apporter une touche sexy au film et à attirer aussi bien le « djeunes » (« comme elle est trop bonne, cette meuf ») que la ménagère fan de Desperate Housewives. Pour le reste, "The Sentinel" est un divertissement honnête, rythmé (notons une bonne musique) et techniquement soigné (la fusillade finale est vraiment excellente, surtout dans la gestion de l’espace). Le fond est donc trop classique (ça se suit quand même agréablement), mais la forme est entraînante. Si l’intrigue renvoie aux thrillers des années 80 et que le rythme, le casting et la réalisation s’adaptent aux séries TV policières actuelles, on peut aussi penser, pour le coté paranoïaque et la fiction politique (histoire de complots, de terrorisme…), aux thrillers politiques des années 70 (en moins osé, forcément). D’où un sentiment évident de déjà vu. Sans surprises, carré. Efficace.
6,5 / 10
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