|
|
| De HellJohn | Note : 7/10 |
Une jolie fable sur l’amitié, quoiqu'un peu lisse et prévisible
Avant d’être le faiseur impersonnel mais efficace de "A Chacun sa guerre", "Personnel & Confidentiel", "Red Corner" et "88 minutes", le producteur Jon Avnet réalisait un premier film personnel et très remarquée (beaucoup d’espoirs avait alors été portés sur le cinéaste), adaptation du best seller de Fannie Flagg. En visite à l’hôpital pour sa belle-mère, une femme frustrée (Kathy Bates) rencontre une petite vieille (Jessica Tandy) qui commence à lui raconter l’histoire de deux amies dans une petite ville de l’Alabama des années 30, une amitié qui sera mise à rude épreuve, donc renforcée et magnifiée. Un terrible drame liera Ruth (Mary-Louise Parker) et Idgie (Mary Stuart Masterson), deux jeunes femmes pourtant très différentes (l’habituelle complémentarité complice entre l’élégante, discrète et douce Ruth et la grande gueule, énergique et drôle Idgie), qui tiendront un restaurant ensemble, le Whistle Stop, le cœur de la ville.
Jon Avnet raconte une belle histoire d’amitié entre femmes, d’abord dans le passé à travers les flash-back (Ruth et Idgie), mais aussi dans le présent entre la petite vieille Ninny et une Kathy Bates de plus en plus libérée grâce à l’histoire que lui raconte cette dame (qui, on ne mettra pas bien longtemps à le soupçonner contrairement à Kathy Bates, pourrait être l’une des deux amies de son histoire, mais le réalisateur laisse planer le doute même à la fin). Chronique oblige (la reconstitution est d’ailleurs soignée) d’une Amérique puritaine, le cinéaste aborde dans son récit en flash-back quelques sujets graves (le racisme à cette époque, les violences conjugales, le droit à la différence…). "Beignets de tomates vertes" est un joli mélodrame teinté d’humour (les bêtises de Ruth et de Idgie, les interludes dans le présent entre Kathy Bates et son beauf de mari…). Certaines séquences sont aussi émouvantes qu’inattendues. Certes assez prévisible, gentillet (quoique la révélation finale est une belle touche d’humour très noir), lisse et parfois manichéen (les méchants personnages habituels, le flic raciste, le mari violent, etc.), "Beignets de tomates vertes" reste une agréable fable sur l’amitié, une amitié qui perdure dans deux époques très différentes.
Quatre très bonnes actrices dominent ce bon plat : Mary-Louise Parker (dont la suite de la carrière n’a pas encore assez exploité le talent de l’actrice qu’on a revu dans "Grand Canyon", "Portrait de femme", "Goodbye Lover", "Le Client" ou "Dragon Rouge"…) et Mary Stuart Marsterson (même cas que sa partenaire, on l’a vu précédemment dans "Comme un chien enragé" et "Jardins de pierre », puis ensuite dans "Benny & Joon", "Belles de l’Ouest" et "Vengeance froide"…« La charmeuse d’abeilles » reste sans doute son plus beau rôle) dans les années 30, et la regrettée Jessica Tandy (grande actrice de "La Septième Croix" de Fred Zinnemann, "Le Renard du Désert" de Henry Hathaway, "Les Oiseaux", "Cocoon", et surtout "Miss Daisy et son Chauffeur") et Kathy Bates (plus la peine de la présenter), sans oublier Grace Zabriskie. Notons aussi, chez les hommes, les rôles de Chris O’Donnel (un rôle court mais intense) et de Stan Shaw (le policier dans "Daylight", le boxeur dans "Snake Eyes", un gentil pirate dans "L’île aux pirates" et Dipper dans "Rocky").
Beaucoup d’émotions dans ce petit film pas vraiment connu du grand public (malgré un beau succès populaire à sa sortie en 1991, mais le film a un peu été oublié depuis) mais réputé (culte chez certains). Ils sont bons, ces beignets.
|
|
|
|