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| De HellJohn | Note : /10 |
Un anti-blockbuster audacieux, un pur film de Michael Mann
Ni une véritable adaptation, ni un blockbuster fun, sexy et bourrin, ni même un vrai polar violent et brut (ce qu’on attendait le plus), "Miami Vice" est juste l’un des plus grands films d’infiltration que j’ai vu par l’un des plus grands metteurs en scène encore en activité. Tendu du début à la fin même quand il se passe rien (l’histoire d’amour entre Farrell et Gong Li ajoute des enjeux et des risques supplémentaires), à la fois sophistiqué et sobre, brut et raffiné, "Miami Vice" est simplement un grand film d’espionnage réalisé par Michael Mann. Le réalisateur mêle le réalisme brut détaillé à la romance à fleur de peau (qui ne manque cependant pas de clichés, cela dit le cinéaste les évite autant que possible, et vu le matériau d’origine, c’était pas gagné), y compris dans la réalisation complexe et originale, qui ne se prête pas du tout à ce qu’on appelle un polar sec (excepté dans les scènes d’action, qui n’en sont que plus surprenantes et viscérales). L’histoire d’amour entre Gong Li et Farrell, beaucoup contestée, donne pourtant le ton du film, son atmosphère, et semble constituer une parenthèse lumineuse dans cet univers sombre. Ce qui est assez étrange, c’est que Mann aborde le sentimentalisme avec une absence de psychologique. En résulte un romantisme glacé qui fait de ce film un polar envoûtant dans sa forme et froid dans le fond. Mais surtout, un polar d’une audace rare dans ce genre de grosse production, et qui par conséquent ne manquera pas de partager son public.
Ca a beau être une machine hollywoodienne (qui a d’ailleurs connu bien des déboires sur le tournage) dont on ne voit pas forcément l’énorme budget à l’écran, c’est surtout du pur Mann, jusque dans la BO qui m’a encore presque fait chialé (mention à Moby, Mogwai et John Murphy…Par contre les morceaux d’Audioslave, absents de la BO, sont encombrants et pas toujours appropriés aux scènes d’amour) et cette fin 100% Michael Mann qui laisse entendre que malgré tout ce qui vient de se passer, les personnages continueront leur chemin et se battront pour vivre (oui je sais ça fait un peu cliché, mais c’est tellement ça). Une lueur d’espoir finale dans un film très sombre, tel était aussi le cas dans "Le Sixième sens", "Le Dernier des mohicans", "Révélations", "Heat" ou "Collateral". Des fins sublimes qui résument bien le cinéma de Mann, qui ne m’avait pas autant remué depuis…"Heat" !
Par contre, j'ai pas encore vu la director's cut.
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