sylvain seven
Ça des bonus ??

Neodammerung
Scorses rules

aladin69
mieux que l'original? on croit rever

sonyTHX
Un putain de Scorsese !!!

jeanne-est-un-homme
un petit film avec de gros moyens....

Electric Sheep
Utilisez Firefox avec

wolwerine
comme levraibond

LevraiBond
AUX ADMIN; LES PUBS sur le site!!!

HellJohn
Une belle claque, ce "Departed", et franchement mieux que le film original

Electric Sheep
Un simple menu fixe, ils

 
De HellJohn
Note : 8/10
Une belle claque, ce "Departed", et franchement mieux que le film original

On annonce le remake US d’un bon film hongkongais par Scorsese, beaucoup doutent et se plaignent encore des remakes, les fans de "Infernal Affairs" (pourtant loin d'être parfait) crient à l'hérésie, Scorsese va sans doute se planter…puis non, comme toujours, Scorsese surprend encore. Avec "Les Infiltrés", Scorsese enterre le film original (si, si, soyez pas de mauvaise foi parce que vous vénérez le cinéma asiatique) juste en faisant du Scorsese, autrement dit : absolument rien à voir avec "Infernal Affairs" malgré quelques scènes reprises et un pitch de départ identique.

Mais Scorsese aura beau faire du Scorsese (c’est même une véritable démonstration, comme si le cinéaste voulait rappeler aux autres : « Alors c’est qui, le boss ? ») avec un remake rempli de stars, "Les Infiltrés" est un divertissement d’une incroyable audace : là ou le film original traitait une histoire invraisemblable au premier degré, Scorsese décide de la prendre au second degré, se fout pas mal de l’intrigue complexe (pas grave, on la connaît déjà quand on a vu le film original), s’attarde principalement sur les personnages et leurs relations, pour finalement en tirer une comédie policière trash qui, grâce à ce second degré décapant, échappe à tous clichés et à toute caricature (au contraire de "Infernal Affairs", dont les métaphores philosophiques pouvaient faire sourire).

Si "Les Infiltrés" réserve quelques bonnes scènes de suspense, là n’est pas l’intérêt, parce que le cinéaste hongkongais l’a déjà fait, et très bien. "Les Infiltrés" est une œuvre décapante et fulgurante, aux excès de violence dérisoires, aux dialogues percutants et parfois très drôles (surtout ceux de Mark Whalberg et Alec Baldwin, déchaînés), et au rythme et au découpage (ce film est une leçon de montage et de maîtrise narrative !) tellement frénétiques et rapides (ça s’emboîte à toute allure !) qu’on ne peut pas décrocher une seule seconde durant les deux heures et demi, de peur de louper une des nombreuses merveilles parsemés dans ce récit tordu et captivant.

Les personnages principaux sont très intéressants (particulièrement l’antagonisme Di Caprio / Damon, et les relations troubles de ces deux-là avec Jack Nicholson), le seul rôle féminin (l’inconnue Vera Farmiga, vue dans "15 minutes", "Un Automne à New York", "La Peur au ventre" et un autre remake, celui de "Un Crime dans la tête") est bien plus réussi et développé que dans le film original (dans lequel les deux rôles féminins faisaient un peu cliché) et les seconds rôles sont jubilatoires (mention aux hilarants Mark Whalberg et Alec Baldwin), le tout joué par un casting vraiment inspiré (relevons aussi Ray Winstone dans le rôle d’un de ces gangsters typiquement scorsesien et Martin Sheen en boss du FBI, personnage moins dominant que dans "Infernal Affairs"), y compris un Nicholson marquant, qui en fait trop et c’est tant mieux (cette fois). On trouve même Anthony Anderson (avoir un Scorsese dans une filmographie comprenant "Roméo doit mourir", "En Sursis", "Kangourou Jack" ou "Cody Banks 2", quelle classe) !

Ce décalage qui frise parfois le grotesque (notamment via la composition de Nicholson) risque bien de déstabiliser ceux qui s’attendent à une œuvre intense avec de grandes scènes dramatiques. S’il est vrai que "Les Infiltrés" manque d’émotions (cela dit, venant de Scorsese ça n’est pas si étonnant), il demeure un concentré d’adrénaline et de sensations fortes, grâce au style énergique, inventif, nerveux et virtuose du cinéaste. On savoure également, encore une fois, l’utilisation de la musique par Scorsese (inoubliables I’m Shipping Up to Boston des Dropkick Murphys et Gimme Shelter des Rolling Stones qui traversent le film). Et bien qu’assez froid, le film explore et exploite brillamment la psychologie sombre de sa galerie de personnages (y compris les seconds rôles) dans un jeu vertigineux de faux-semblants.

Si le cinéaste ne se répète jamais, on peut cependant rapprocher "Les Infiltrés" de "Les Affranchis". Bien que l’un soit un mélange entre le film policier et le film de gangsters via le film d’infiltration et que le second soit un pur film de gangsters, on retrouve un traitement énergique très second degré et trash (aussi bien dans le fond que dans la forme), l’univers de la mafia (irlandaise dans le plus récent), un ton décalé, une folie pesante pouvant éclater à tout moment (à l’image des personnages de Joe Pesci et Nicholson), des personnages similaires (Joe Pesci = Jack Nicholson, Ray Liotta = Di Caprio…) et même une touche de romance tragique. J’avoue cependant préférer "Les Infiltrés", "Les Affranchis" ayant un peu perdu de son punch (c’est assez inoffensif de nos jours).

Une nouvelle leçon de Cinéma par Scorsese.

8,5 / 10
ajouter votre critique