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| De HellJohn | Note : 6/10 |
pas mal, mais quand même mou du genoux
"Firewall" est un film de braquage original dans le sens ou c’est un braquage inhabituel qui s’opère de l’intérieur et par informatique. En fait, c’est juste le braquage en lui-même qui est original. Car le tout reste très classique, ça commence même mollement avant de prendre de plus en plus d’allure avec l’apparition du personnage de Paul Bettany, gros salaud de l’histoire qui, avec son équipe, prend en otage la famille du héros, pouvant ainsi lui ordonner ce qu’il veut pour arriver à ses fins. Le plan se met tranquillement en marche, puis s’enchaînent les tentatives du héros pour s’en sortir (prévenir les autres, donner des signes, sauver sa famille…) en étant surveillé de très près, les imprévus, les soupçons sur le comportement du héros, les menaces du méchant, les rebondissements, les exécutions, les relations entre les otages et les preneurs d’otages (y’a le gentil méchant, le méchant très méchant…), etc. Du déjà vu, donc, mais pourtant cela reste assez prenant et bien mené par Richard Loncraine, le réalisateur du culte "Le Cercle infernal" et de "Looking for Richard" (8 films en 30 ans de carrière), qui nous livre ici quelques bons moments de suspense. A noter que le réalisateur remplaçait au pied levé Mark Pellington ("Arlington Road", "La Prophétie des ombres"), qui avait commencé les prises de vue avant d’apprendre la mort de son épouse. C’est donc un pur film de commande pour Loncraine, d’ailleurs avec un tel sujet il ne pouvait en être autrement pour n’importe quel autre réalisateur.
Harrison Ford (qu’on n’avait pas revu depuis le navrant "Hollywood Homicide" il y a trois ans, dommage de le retrouver pour un film aussi convenu) est convaincant, surtout dans la deuxième partie plus mouvementée (il semble bien peu motivé au début du film), mais c’est surtout son adversaire Paul Bettany (que le réalisateur avait précédemment dirigé dans son agréable "La Plus belle victoire") qui étonne, ici pour la première fois dans le rôle d’un vrai méchant (viendra ensuite celui de "Da Vinci Code"). Et autant dire qu’avec son air flegmatique et son visage froid, il donne de l’allure et du style à un personnage qui aurait pu tomber dans la caricature ridicule. Son face-à-face contre Harrison Ford est d’ailleurs le principal intérêt de "Firewall", jusqu’à leur longue empoignade finale dans laquelle Harrison se montre toujours en forme malgré ses 63 ans (d’autant plus qu’il affronte ici des méchants assez jeunes). Les acteurs secondaires, que ce soit Robert Forster (bien fatigué, lui), Robert Patrick (personnage sous exploité) ou Virginia Madsen, ont bien peu d’importance à coté de ce duel.
C’est donc un bon petit suspense de commande, rien de plus (mais pas seulement un thriller informatique comme on peut le penser, d’ailleurs le coté technologique est ici assez pantouflard). Le scénario est bien ficelé (passons sur les incohérences et les gros clichés comme la famille type du bon américain) malgré la stupidité du dénouement (lorsque l’on s’éloigne du concept), mais dommage que la mise en scène pèpère de Loncraine ne donne pas plus de punch aux effets de surprise et à l’action. Du coup, "Firewall" gagne des allures de téléfilm, ou alors de film un peu vieillot, le genre de thriller qui sortait dans les années 90. Ca fait rien, on passe un bon moment même si "Firewall" ne restera pas dans les mémoires par son manque d’ambitions narratives et formelles. L’affrontement entre les deux acteurs vaut le coup d’œil.
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