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| De HellJohn | Note : 2/10 |
Jackie Chan touche le fond
Quelle catastrophe ! Réalisé entre un "Espion Amateur" et un "Le Tour du monde en 80 jours", Jackie Chan, qui s’essayait avec amusement aux effets spéciaux pour la première fois, atteignait là le fond de sa carrière américaine déjà pas terrible (notons quand même de sympathiques "Shangaï Kid 2" et "Rush Hour 2").
C’est quoi, l’histoire ? Un grand méchant est à la recherche d’un gamin possédant un médaillon qui rend immortel, mais l’inspecteur Jackie Chan et son bouffon (un agent d’Interpole) se lancent à sa poursuite ? Très captivant, ma foi (ton ironique). Le problème, c’est qu’à l’écran, c’est 100 minutes d’une course poursuite molle, balourde et visuellement hideuse (aucun travail de photo !). L’action ? Des bastons et acrobaties foirées (et pourtant, Sammo Hung est derrière) dans des lieux aussi attirants qu’un cargo, un entrepôt, un hôpital, des conteneurs ou un temple kistch. Tout juste retiendra t-on une poursuite à pied casse-cou en pleine rue, seule passage digne de Jackie Chan.
Le pire, c’est que le film surfe sur la nouvelle vague de super héros, et lorsque Jackie Chan ressuscite et devient invincible, n’importe quelle folie ringarde à base de câbles est permise. Mention spéciale aux deux affrontements entre Jackie Chan et le pitoyable Julian Sands (toujours partant pour se ridiculiser, lui, un peu comme Bruce Payne), dans la forêt (seule séquence visuellement un minimum travaillée bien que très pompeuse et ridicule) et dans le temple (avec des ralentis hideux), sans parler de la baston entre Claire Forlani et une blondasse moche sur fond de country dans un décors en carton-pâte. Et en passant, les effets spéciaux sont ratés, malgré un budget de 40 millions de dollars et une post-production de 10 mois !
Peut-on se rabattre sur l’humour ? Même pas. Lee Evans fait un comique de service grimaçant insupportable, encombrant (on en vient à souhaiter sa mort) et inutile. Les séquences humoristiques tombent à plat (par exemple celle ou Jackie Chan et Lee Evans passent pour un couple gay) et on se marre plus, involontairement, devant les séquences mielleuses (la réapparition de Jackie Chan aux yeux de Claire Forlani, la résurrection de cette dernière aux yeux de Jackie Chan).
Dire que c’est le réalisateur de "Fist of Legend" (mais aussi de "Thunderbolt", déjà avec Jackie Chan) qui est derrière ce ratage qui plaira peut-être tout juste aux gamins. Intérêt notable : les yeux toujours aussi envoûtants de Claire Forlani, le plus bel effet spécial du film…
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