jef
très bien

tib20011
Un petit bijou (qui n'a jamais prétendu être original m'enfin bon)

Buckethead
Helljohn

HellJohn
Buckethead

Buckethead
John tu es le roi du copier coller...

HellJohn
faussement original, mais un vrai rayon de soleil que ce film

 
De HellJohn
Note : 8/10
faussement original, mais un vrai rayon de soleil que ce film

Grand Prix au festival de Deauville (alors qu’il n’avait rien remporté à celui de Sundance), "Little Miss Sunshine", premier film des clipeurs Jonathan Dayton et Valérie Faris (on leur doit des clips célèbres des Red Hot, des Smashing Pumpkins, de Offspring, de Oasis ou de REM), n’est pas aussi original qu’il n’en a l’air. C’est, comme bien d’autres films indépendants, un road movie (le genre idéal pour dépeindre un tableau féroce de l’Amérique) qui va unir une famille déphasée et bien barge. Une famille en route pour la Californie, pour le concours Little Miss Sunshine (concours de beauté junior) auquel la petite, pourtant enrobée et binoclarde, va participer. Comme il est de coutume, les quelques personnages sont très spéciaux : le père qui fait une fixette sur la réussite (« il y a deux catégories de gens dans ce monde : les gagnants et les perdants… »), le grand-père vétéran de la guerre qui se drogue et conseille à son petit fils, 17 ans, de « ne pas niquer UNE fille, mais toutes les filles », le fils qui a fait vœux de silence jusqu’à ce qu’il parvienne à devenir pilote de chasse, l’oncle dépressif gay qui sort d’une tentative de suicide…Des personnages hilarants, mention au grand-père et au père, ridiculement drôle dans ses discours effrayants sur l’échec et la réussite (genre « s’excuser est un signe de faiblesse », dit-il à sa fille), mais pourtant terriblement attachant comme les autres personnages. Car ce qui ne fonctionne pas dans bien d’autres films indépendants de ce genre (quand les personnages sont trop) fonctionne à merveille ici : l’empathie. On peut penser qu’on a rien en commun avec ces personnages, mais pourtant on les soutient et on les comprend, on se sent proche d’eux. Le couple de réalisateur n’a aucun mépris pour cette famille malgré leurs défauts, il les aime. Ce qui n’empêche pourtant pas "Little Miss Sunshine" d’être sacrément et discrètement grinçant.

L’explosion de joie provient en fait de la séquence finale du concours Little Miss Sunshine, qui résume on ne peut mieux et avec un culot jubilatoire (fallait vraiment oser) la mentalité des Etats-Unis et son absence de repères (en quête de réussite, elle se réfugie derrière des apparences artificielles). Je ne raconterai pas pour ne rien révéler de la surprise, mais ces dernières minutes sont aussi euphoriques qu’audacieuses et touchantes. Le film est aussi porté par une réalisation délicate (les deux clipeurs évitent d’appuyer les effets), une bande-son charmante de Mychael Danna ("Tideland", "La Vérité nue", "Truman Capote", "La Nativité") et du groupe DeVotchka qui évite elle aussi les clichés du genre (pas de pop rock ou de country, pas de compilation de rock indé ou de tubes), des dialogues anthologiques (avec cette parfaite définition du looser par le grand-père : « Un looser, c’est celui qui est sûr de perdre et qui n’essaye même pas ») débités par des personnages génialement incarnés par l’étonnant Steve Carell (grosse révélation du film, le célèbre comique populaire aux USA parvient à éviter de rendre son personnage pitoyable et caricatural, il devient même le personnage le plus attendrissant et paisible du film), Greg Kinnear (ses répliques sont mémorables), la toujours parfaite Toni Colette (la plus « normale » du lot), ce bon vieux Alan Arkin (jubilatoire, ce grand-père !) et les jeunes Abigail Breslin (la petite Bo de "Signes" et la révélation de "Keane") et Paul Dano ("Le Club des empereurs", "The Girl next door", "The Ballad of Jack and Rose" et "Fast Food Nation", à nouveau auprès de Greg Kinnear).

Alors certes, le concept (très codifié) du voyage initiatique qui rapproche ses participants et qui dresse un portrait des Etats-Unis, ça n’est pas très original, mais le traitement de "Little Miss Sunshine" diffère des autres, pour son mélange de fraîcheur, de tendresse, de cruauté (humour noir et dialogues acides), et parce que surtout, cette comédie dramatique est aussi comique que touchante (on pense assez à l’œuvre d’Alexander Payne). Son décalage par rapport à la réalité ne nous empêche pas de nous y attacher et d’être pertinente. Grâce à ce décalage, les messages (la réussite, ne pas renoncer à ses rêves, les apparences, les liens familiaux) passent sans niaiserie et avec une belle sincérité (on y croit). Pas dépressive pour un sou malgré ses personnages, cette comédie rayonnante met de bonne humeur. On n’est pas prêt d’oublier le combi jaune et ses occupants.

7,5 / 10
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