Le seul film dans lequel Saïd Taghmaoui est à claquer :
"Confession d'un dragueur" !
Saïd Taghmaoui apprend à Thomas Dutronc à draguer dans ce premier film d’Alain Soral, réalisé à l’arrache, vite-fait et sans aucun moyen, dans un Paris aussi réaliste que désincarné. Sortie en salles en 2001 dans une totale discrétion (on parle même de censure), "Confession d’un dragueur" est un film typiquement bobo (même s’il se fout aussi de leur gueule) qui ose rendre hommage à Jean Eustaches alors qu’il n’est que vulgaire (le coup de la merde découpée à la brosse à dent, bravo, quelle finesse, à peine digne d’une mauvaise teen comedy US), sexiste, homophobe et d’une laideur indigne de ce qu’on appelle le Cinéma.
Ca se veut réaliste et authentique (alors que le film ne retranscrit absolument pas les sensations de drague, fait l’apologie de techniques ringardes, et ça ne se passe pas du tout comme ça en vrai !), romantique et poétique (cf. le discours du dragueur qui avoue aimer toutes les femmes), mais les femmes passent pour du gibier, de la marchandise, et sont classées par catégorie, tandis que les hommes n’en sortent guère glorieux non plus (on ne s’y reconnaît absolument pas, aucune empathie). A écouter les leçons et les méthodes du personnage de Taghmaoui, on se croirait dans un sketch de Bigard (les salopes sauvages). Sauf que là, ce n’est pas un sketch, mais un film de 90 minutes qui tourne en rond au bout de 10 minutes, malgré une dernière partie un brin plus profonde (la dernière réplique est très inspirée : « prend-moi devant la glace »).
Saïd Taghmaoui est pour une fois insupportable, Thomas Dutronc (qui joue sur l’image de séducteur de son père) est fade mais sympathique. Cela dit, les deux acteurs sauvent les meubles. Les dialogues sont drôles, en de rares occasions (« Vous vous souvenez de Jeanne d’Arc ? Et de Napoléon ? »)…
Prétentieux (ça se la joue Nouvelle Vague), daté, kitsch (on dirait du Max Pécas, le fun en moins) et mal foutu, "Confession d’un dragueur" ne se résume finalement qu’aux deux mots de son titre : confessions (des deux personnages) et drague. Il n’y a rien d’autre à retenir malgré la tentative de réflexion (ça se veut même social), qui tient finalement dans la chanson qui traverse le film : « J’aime regarder les filles. » Tout aussi nul que "L’art (délicat) de la séduction", mais au moins le film de Richard Berry n’avait aucune ambition, c’était une débilité assumée.
2 / 10
|
|