Très mauvais
Oulà. J'adore Carpenter (un de mes réas préférés, d'ailleurs), et j'attendais ce nouveau film avec impatience, mais là, faut pas déconner. Le pauvre n'a décidément plus rien à dire, recycle les mêmes idées de plans dans ses 3 derniers films, les mêmes thèmes, la même absence de scénar. Et on nous ressort à chaque fois l'argument "oui mais John nous fait son western". Ca fait 25 ans qu'il nous fait son western (Assaut, son premier vrai film, était un western), faudrait peut-être que les critiques arrêtent d'utiliser ce mauvais argument comme justification de films qui sont de plus en plus décevants.
LA 2013 passait, dans sa kitscherie assumée, sa façon d'emboîter scène ridicule et scène géniale. Vampires avait un début formidable, mais le script indigent plombait le film sur la fin. Là, rien à sauver, une histoire qui fait passer Red Planet (au demeurant bien plus sympathique dans le Bis assumé que ce Ghost of Mars) pour un film de Mamet, et une utilisation du flashback style école de cinéma "je me foule pas trop quand même".
Les "méchants" du film sont ridicules, Big Daddy Mars fait réellement pitié avec son langage made in Chapi-Chapo, et n'a aucune profondeur. Du coup le perso ne fait pas peur, n'impressionne pas (Mad Movies qui le catapulte nouvelle figure marquante du cinéma d'horreur, on se pisse dessus de rire), et fait gentil figurant bien grimé n'ayant pas grand chose à faire dans le film.
Carpenter n'installe pas le suspense, il lance péniblement son histoire (il le dit lui même dans le commentaire audio, avouant un peu honteusement qu'il lui aura tout de même fallu 1 heure pour que l'action arrive) avant de nous asséner de bonnes bastons sympas (merci Jeff Imada) mais sans grand intérêt pour qui regarde un minimum les films d'actions US.
La société matriarcale évoquée dans le film n'est qu'un écran de fumée destiné aux critiques ("oh mon Dieu Carpenter parle d'une société gouvernée par les femmes, mais quel génie") alors qu'elle ne sert stricement à rien. Remplacez par "méchant gouvernement futuriste super totalitaire" et vous avez exactement le même film, 2 scènes mises à part (le personnage de Pam Grier et sa bisexualité affirmée, et Natascha qui maîtrise le big costaud), les 2 seuls moments vraiment sympas du film.
Le reste c'est méchant court après gentil, sans un brin d'originalité on va faire péter le réacteur nucléaire pour se débarasser des monstres, baston contre le bad guy qui meurt dans une explosion, rythme mou, aucune installation du suspense (on nous montre toutes les créatures d'un coup d'un seul, au détour d'un coup d'oeil au dessus de la colline), pas de mise en place d'un enjeu dramatique réel (la motivation des personnages, c'est quoi ?), et un personnage de méchant/gentil qui est une parodie totale de Snake Plissken (rien que le nom, "Desolation Williams", on est morts de rire).
Film creux, qui tourne en boucle, duquel sont à sauver le beau scope et la photo de Gary B Kibbe, qui, contrairement à Big John, assure le minimum syndical. Vivement que John Carpenter sorte de sa "période rock" (ne parlons pas de la musique, un sommet, et du générique de fin avec son riff répété 573 fois) et se plante sur une grosse production pour revenir à des petits budgets agressifs et originaux. |
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