Un chant funèbre à demi réussi
Passons sur les erreurs historiques énormes du film puisque tout le monde s'en fout et regardons le film de plus près. "Gladiator" est une oeuvre ambitieuse, peut être trop d'ailleurs. En effet, Scott a voulu faire à la fois un drame shakespearien ET un film spectaculaire TOUT EN voulant donner à son film un aspect introspectif-intimiste. C'est beaucoup pour un péplum et surtout beaucoup pour un Ridley Scott pas toujours au meilleur de sa forme. Au final, les intrigues de palais sont convenables, les scènes de combat inégales (avec Oliver Stone ou Verhoeven, ça aurait été autrement impressionnant !). Quant à la partie intimiste, elle est un peu casse-gueule, car conter l'histoire d'un "héros" qui est également un "anti-héros" ce n'est pas si simple. En fait, "Gladiator" pose problème et fascine parce qu'il raconte l'histoire d'un homme qui est déjà mort : sa famille tuée, son empereur assassiné et sa dignité perdue, il se lance dans un combat perdu d'avance pour rejoindre ceux qu'il a aimé ou honoré. Un chant funèbre qui va à contre-courant d'un genre plus propice aux épopées héroïques. Ce sont toutes les limites de "Gladiator", un film qui mérite le respect mais qu'il me paraît abusif de qualifier de chef d'oeuvre. |
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