Une différence sensible avec ASSAULT ON PRECINCT 13 [Assaut] (USA 1976) de Carpenter :
dans celui-ci la motivation des assaillants n'est finalement pas éclaircie alors que dans celui-là (on est tenté de dire "le nôtre" !)elle l'est assez rapidement : attrait pur du chaos et de la folie chez Carpenter, un gang albanais voulant libérer son chef "chez nous".
Certes la progression dramaturgique est identique et certaines scènes (voire certains plans) sont évidemment copiés mais intelligemment adaptés : très brillant et sympathique remake d'un remake d'un remake. Ce qui veut dire, au fond, que le western de Hawks dont Carpenter s'était inspiré est bien vivant !
Formellement très concerté mais jamais dénué de chaleur humaine, certes. Mais cet ASSAUT "version européenne" (les soldats de l'escorte - un jugement à Strasbourg) + version "banlieue" (On rêve de se faire une place au soleil, on repart dans une couverture de survie dorée au petit matin) + version "maffia & prostitution" est un mélange lui aussi très concerté : trop ? Non ! L'originalité de Siri provient de deux aspects :
sa maîtrise technique splendide et son scénario.
Le climat du film, ses tenants et aboutissants sont effectivement ancrés dans l'europe de la fin du XXe - début XXIe siècle et n'a finalement pas grand chose à voir avec celui du film de Carpenter...
La structure scénaristique du Carpenter provient bien d'un hommage esthétique - si éclatant qu'on pourrait dire qu'il est revendiqué - mais elle mélangée à une autre réalité - physique et morale. La nôtre, de ce côté-ci de l'Atlantique... le film est donc différent. Il tient debout tout seul. Fruit d'un étrange dialogue-compromis entre des exigences contradictoires (efficacité américaine, réalité européenne, film français, aspect "social" et politique "correct" mais sincère, censure française de prime time et de TV et marché mondial), il faut le croquer savoureusement.
La directeur de la photo italien du film est entré dans l'histoire du cinéma mondial au moins autant que son metteur en scène... et les acteurs sont tous bons.
Reste le problème d'une certaine absence de surprise de la part du cinéphile qui connait "l'original" : la surprise n'est plus tant émotionnelle qu'intellectuelle. Mais enfin elle est là quand même.
Le commentateur qui a signé "Francis" plus haut m'a pratiquement obligé d'écrire : il fallait tout de même que la confusion soit écartée ! Car historiquement aussi, ce film est une bonne surprise dans l'histoire du cinéma français. Dont, de ma part, acte !
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