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| De Brainback | Note : 10/10 |
Morale et horreur
Il fallait que j'en rajoute une couche, j'ADORE vraiment ce film. ;-)
Une de ses forces, l'élément qui lui confère un réel impact, c'est d'ailleurs certainement la façon dont la "morale" traditionnelle est torturée afin de créer un déséquilibre chez le spectateur.
Le procédé n'est pas nouveau, sans doute. Dans le "Catpeople" de Tourneur, la sexualité sous entendue contribuait déjà beaucoup à la tension, mais dans la Maison du Diable on vraiment droit à un film "moderne" sur ce plan :
- Une héroine torturée par la culpabilité jusqu'à en devenir folle, une lesbienne décomplexée et entreprenante (au début des années 60 !), l'histoire de la fille Crain littéralement conditionnée à l'horreur par son père, un professeur qui se veut "sérieux" mais qui s'abstient de révéler à Eleanor qu'il est marié alors qu'il voit bien que celle-ci est en train de succomber à son charme, etc.
Sur ce terrain "déstablisant" (oui, je sais, tout cela n'est plus bien grave en regard des valeurs actuelles), Wise construit son film sur la suggestio; la fameuse scène de la porte du salon (pas de la chambre) étant le seul élément démonstratif de la réalité de la hantise (mais, attention, il peut aussi s'agir d'un cas d'hallucination, vu l'état nerveux des protagonistes à ce stade du film).
Par ailleurs, je comprends parfaitement que cette mécanique aujourd'hui classique puisse n'avoir aucune efficacité sur des spectateurs blasés, nourris au déluge gore des années 70/80. Néanmoins, réfléchissez-y. Nous avons ici un film qui a mis en place les ingrédients qui allaient permettre les grands succès horrifiques qui suivirent: l'Hexorciste (avec entre autre la fameuse tirade "Jésus te baise !" anonnée par une ado de 13 ans... quelques rednecks ont dû avoir un infarctus en l'entendant et aujourd'hui il serait certainement impossible de sortir aux USA une production avec des dialogues aussi choquants), Alien (et sa créature effrayante et sensuelle, dotée d'une mâchoire érectile enveloppée de bave spermatique), Seven (et son opposition constante entre la morale dévoyée de John Doe et un monde dégénéré qui a perdu totalement ses valeurs).
Quant à l'injustement méconnu "La Maison des Damnés" des années soixante-dix, il est parvenu à suggérer en finesse ce que l'excellent roman éponyme de Richard Matheson expliquait crument en nous rappelant qu'il existe deux facteurs de tension psychologique essentiels chez l'homme: la peur de la mort et l'attirance/répulsion engendrée par la sexualité.
Bon, d'accord, je m'égare.
Mais, La Maison du Diable est vraiment un excellent film...
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