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| De mérovingien | Note : 8/10 |
critique perso
Tiens ! On a retrouvé Tim Burton. On croyait l’avoir perdu sur la Planète des Singes lors de son remake divertissant mais fadasse et le revoilà en grande pompe pour son œuvre la plus personnelle depuis Edward aux mains d’argent. Ou l’auto analyse d’un metteur en scène qui retrouve son savoir faire.
Car Big Fish sert finalement de prétexte à Burton pour jeter un premier bilan de carrière et de sa vie. Finis le héros marginal. Ici, Edward Bloom (notez que c’est la troisième fois qu’ Edward est le nom principal d’un film de Burton) est un être social apprécié de tous qui a su se faire accepter part les gens normaux tout en tissant des liens plus forts avec les marginaux (le géant, le loup garou….). On y voit en parallèle le parcours du réalisateur dont les meilleures œuvres furent longtemps dénigré avant d’être reconnu comme un grand avec des œuvres plus commerciales mais tout aussi jouissives (Mars Attacks !, Sleepy Hollow, Batman).
Burton n’est donc plus le vilain petit canard. C’est un homme qui a perdu une partie de lui même au contact des grands studios (le remake de Planet oh the Apes) et qui tente de la retrouver. Le problème, c’est qu’il a grandis. Il a eu un enfant, et son père est mort. Alors forcément, ça se voit ! car Big Fish traite d’un père qui a passé sa vie à raconter des histoires et qui n’a jamais vraiment parlé de fait réel avec son fils.
On y voit forcément en filigranes le figure rêveuse de Burton. Certains n’ont d’ailleurs pas pu s’empêcher de voir un côté bien pensant et réact comme les américains savent si bien le faire. Le héros gentil qui a une femme aimante et une jolie maison avec barrière blanches. C’est oublier un peu vite que le héros a passé sa vie en bouger car ne supportant pas de rester à la même place et trouvant refuge en fuyant la réalité en enjolivant les faits de merveilleux. Là encore, l’ombre de Burton est là. Un homme qui a du grandir mais qui continue de se fasciner pour le merveilleux.
La différence fondamentale avec les œuvres précédentes de Burton, c’est que Burton vis désormais dans la réalité. Par conséquent, il va épurer son film de l’univers merveilleux. Finis l’architecture baroque des deux premiers Batman . Pas non plus d’ambiance rétro façon Ed Wood ou Mars Attack. Non, Big Fish est ce que le réalisateur a fais de plus réaliste jusqu ‘à aujourd’hui. Il n’a fait que conserver les créatures fantastiques en le replaçant dans une certaines réalité. Il nous interroge alors sur la nature des choses, leur réalité. Faut-il vivre dans le rêve ? Dans la réalité ? La fin fera fusionner les deux, pour aboutir à une émotion sincère et pas lacrymale.
Les tableaux merveilleux de Big Fish serve donc à résumer la vie d’un homme dont le fils finira peu à peu à accepter les exubérances. D’ailleurs, ce n’est sans doute pas un hasard si les séquences 100% réalistes sont moins enthousiasmantes (quoique très rares).
Big Fish est donc une œuvre mature, un film très personnel dont le charme magique laisse augurer une suite de carrière passionnante. Un Burton light, peut être, mais pleine de charme, d’humour et d’émotion. A ranger parmi ses meilleurs films, assurément
NOTE : 8/10 |
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