Dommage...
Repoussé du fait des événements du 11 Septembre, ce film, qui traite de l’une des conséquences du terrorisme, à savoir la perte d’innocents, fait l’effet d’un pétard mouillé. Après une intro qui voit Schwarzy en bon père de famille qui perd ladite famille quelques minutes après dans un "bel" attentat, le scénario s’acharne à montrer le plan de vengeance d’Arnold, qui fait un bon patriote et qui va du coup faire plein de trucs insensés pour retrouver le méchant terroriste. Plutôt que de décrire la déchéance de la victime (soit Arnold), les scénaristes (qui n’ont pas soigné les dialogues non plus) ont transformé le personnage en un héro sain et patriotique, dont les actes, aussi irréalistes soient ils, semblent seulement justifiés par la scène du début, celle de l’attentat. Sous prétexte que le terrorisme, c’est mal (et d’actualité en plus), ce héro, représentant d’une Amérique bienfaisante, peut tout se permettre, même l’impossible (Arnold, valeureux pompier sans peur et sans reproches, fait des bombes artisanales, saute d’un précipice sans égratignures, castagnent les méchants, sauvent les innocents…). L’histoire est complètement invraisemblable, bourrées de clichés et d’incohérences. C’est seulement vers la fin qu’un rebondissement apparaît, laissant place à une excellente scène de suspense qui surprend le spectateur suivi d’une scène d’action finale spectaculaire et nerveuse, mais qui se termine évidemment (et logiquement) par la victoire du bien. On aurait espéré un final à la "Arlington Road", d’autant plus qu’on n’en était pas loin. Andrew Davis, spécialiste du film nerveux sans temps morts ("le fugitif", "Piège en haute mer"…), déçoit dans sa mise en scène, assez plate, et son sens du rythme inhabituellement instable. Schwarzy donne peu de relief à son personnage, alors qu’il affrontait les terroristes avec plus d’énergie dans "True lies" (dans lequel Cliff Curtis, dans le rôle du chef des terroristes, tient exactement le même rôle que dans "Dommage collatéral"). Quant à Koteas, Turturro et Leguizamo, ils cachetonnent dans des rôles déjà vus et peu intéressants. Coté bon point, on a des décors exotiques, Francesca Neri, de beaux artifices et un thème au départ intéressant (scène d’intro stressante)…Mais sur le même sujet, on préfère de loin "Le pacificateur" ou "Couvre feu", dont l’efficacité manque à ce "Dommage collatéral" qui se veut plus un film rassurant pour l’Amérique, un film pour l’Amérique. Sorti 15 ans plus tôt, il aurait été une grande réussite, car "Dommage collatéral" rappelle beaucoup ces films d’action des années 80… Dommage. |
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