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| De mérovingien | Note : 6/10 |
critique perso
PREDATOR 2
Dur mission que de succéder à John Mc Thiernan, qui plus est quand celui-ci a livré une authentique référence en matière avec le premier Predator. Dure mission également que de remplacer Arnold Schwarzenegger dans le rôle du héros. Dur tout simplement d’être la suite du Predator ! Et pourtant…
N’y allons pas par 4 chemins : cette séquelle indépendante du premier opus n’arrive pas à la cheville du modèle. Mais elle s’impose d’elle-même comme une bonne petite série B du samedi soir consciente de son statut de suite et ayant l’excellente idée d’éviter la grosse redite. Non pas que le speach de base varie beaucoup (en gros, le Predator continue de vouloir traquer une proie dans le but de se mesurer à elle). Ce qui change, c’est le décor. Car les frères Thomas (Jim et John) ont eu la bonne idée de quitter la jungle tropicale pour transporter l’action dans une autre forme de jungle presque aussi dangereuse et menaçante : la jungle urbaine. Comme pour bien marquer la différence, le réalisateur Stephen Sommers débute son film par un plan survolant une jungle qui se révèlera en vérité être une forêt aux abords de Los Angeles. Bien vu. L’action se déroule d’ailleurs en 1997 ce qui, à l’époque, était encore de la science fiction. Malgré une date de péremption dépassée, la peinture du monde dans le film reste étonnamment moderne. La guerre des gangs a entraîné une violence urbaine ave combats de rues, fusillades, ou la drogue et le sexe sont omniprésent. La police est dépassée, les assassinats s’enchaînent… Doit-on y voir là un clin d’œil au New-York 97 de Carpenter (même année, contexte similaire) ? Un hommage peut être.
Quoiqu’il en soit, la notion de violence chez l’homme est encore plus accentuée que dans le premier film (où les héros étaient des soldats impitoyables en pleine guerre), le film débutant par une longue fusillade de rue. Les journalistes sont là, toujours prêts à racoler avec des sujets sur une cité au bord de l’explosion. La cité des Anges est devenu l’Enfer sur Terre. Enfer dont le vrai chef n’est finalement autre que le Predator, celui dont la sauvagerie guerrière ne fait que mettre en avant la barbarie humaine finalement bien plus puérile : les Predators se battent en prenant les hommes pour du gibier qui sera ensuite un trophée de chasse (puis ils s’en vont) alors que les hommes se battent pour le pouvoir. Nous sommes donc loin de l’analyse de l’instinct de survie qui animait le premier film. L’homme est ici déjà un animal qui s’entretue. Pour succéder à Schwarzy, Danny Glover campe un policier fatigué du monde dans lequel il vit, sous le poids de dirigeants peu scrupuleux et des massacres quotidien. Son personnage est assurément plus complexe que le héros du premier film (lequel n’avait qu’une fonction de gibier). Il n’empêche qu’il est aussi le point faible du récit. Non pas que Glover, rescapé de l’Arme Fatale, soit peu convaincant. Au contraire, il nous livre un affrontement final de haute volée. Non, le problème viens plutôt du récit qui, à trop vouloir développer une intrigue, lasse un peu, tant celle-ci s’avère répétitive et chiante (Glover contre le système en alternance avec Glover mène l’enquête). On a trop souvent l’impression d’être devant un film d’action des années 80.
Car si le fond du film est somme toute un bon point, le récit classique pêche par ambition (là où le premier opus avait des ambitions plus réduites mais les atteignait). A cela s’ajoute une galerie de seconds rôles qui n’arrangent rien, le seul un tant soit peu marquant étant celui de Bill Paxton (qui avait déjà tâté de la bébête dans AlienS) mais c’est plus son humour lourd qui nous marque. La mise en scène échouant à Stephen Sommers, rien de surprenant à ce que le film manque de précision. La graduation de la terreur est tout bonnement absente (le film ne fais pas peur une seconde) au profit du certaine efficacité sans génie. On y a perdu au change, c’est sûr. Pourtant, dès que la créature entre dans le champ, Sommer (qui sera par la suite bien plus inspiré en créant 24) marque des points. Ainsi, niveau tripailles, le film remplis largement son contrat, avec notamment des personnages pendus nus qu’on ne verrait plus dans une production actuelle. Des nombreuses images fortes ressortent aisément du lot, à commencer par ce plan iconique d’un predator brandissant un crâne en poussant un cri bestial tandis que la foudre frappe sa lance. Mais aussi dans le massacre du chef jamaïcain, avec les marques de pieds dans l’eau et le décapage du crâne, sans oublier l’affrontement final dans le vaisseau extraterrestre, au design évoquant les peuples aztèques.
Le Predator bénéficie donc d’une grande présence à l’écran. Conscient que le spectateur connaît déjà la créature, les frères Thomas ont évité de jouer sur la peur de l’invisible qui était au cœur du premier opus. Ils ont au contraire renforcé sa présence « physique ». Le Predator apparaît pratiquement dès le début du récit. Son invisibilité est réduite, apparaissant ainsi au cœur de scène spectaculaire tel que celle du métro. Mieux, les créateurs ont décidés d’enrichir cette figure effrayante en la faisant passer au premier plan. Le Predator est la vedette et il bénéficie d’un approfondissement de sa « psychologie ». On lui découvre ainsi mieux son code moral : il ne tue pas une femme enceinte car elle porte la vie et témoigne un profond respect pour celui qui parviens à défier un des siens. On pourra toujours reprocher à la créature d’être presque devenue gentille (ce que ne manqueront pas de faire les détracteurs d’Alien contre Predator). Mais d’autres éléments viendront épaisseur la mythologie predator : la façon de guérir ses blessures (en cautérisant les plaies avec du carrelage fondu), les limites de sa méthodes de vision grâce à la chaleur corporel (excellente idée que des placer des chasseurs dans une chambre froide)… Et bien entendu le vaisseau spatial annonciateur de la confrontation avec l’Alien dont un crâne se trouve dans la salle murale.
Ainsi, si Predator 2 reste un film somme toute moyen, le traitement soigné accordé au monstre permet au film de trouver sa voix tout en évitant la redite. Le film a vieilli mais demeure encore une bonne série B rétro.
NOTE : 6/10
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