Un mot sur la musique...
Peu de gens ici ont parlé de James Newton Howard alors je vais le faire...
James Newton Howard était dans les années 90 un compositeur méconnu, travaillant principalement sur des blockbusters éphémères, livrant des partitions efficaces mais sans grande âme. Sa rencontre avec M. Night Shyamalan va tout changer.
Il est en effet chargé de signer la BO de Sixième Sens, et là il se surpasse. Peut-être est-il heureux de rencontrer enfin un réalisateur qui fait extrêmement attention à tout ce qu'il fait, maitrisant les moindres détails du film. Désireux de satisfaire la vision de Shymalan, il signe une musique tantôt angoissante, tantôt sereine et lyrique (le morceau final est magnifique). De son côté Shyamlan s'avoue très satisfait de sa rencontre avec JNH (pour les intimes) et regrette de na pas lui avoir consacré plus de temps pendant la post-production pour discuter de la musique.
C'est sans doute la raison pour laquelle il fait à nouveau appel à lui pour incassable, comme pour se rattraper. Et JNH surpasse encore son travail sur Sixième Sens. Il créé plusieurs thèmes pour le film, dont un discret thème héroïque qui transporte l'âme, et il se lâche complètement lors de la scène "du hall de gare". Avec cette scène Shyamalan lui offre une scène entièrement musicale, dans dialogue ni effets sonores (ou peu du moins) et JNH nous pond une musique électronico-symphonique extrêmement riquée et casse-gueule. Résultat : la scène est magique. Sublimée.
JNH devient le compositeur attitré de Shyamalan et cette collaboration promet d'être fructueuse. Signes est aussi doté d'une excellente musique (cf les "Main Titles" à l'ancienne, jouissifs), lorgnant souvent du côté de Bernard Hermann. Et une nouvelle fois, un long morceau final qui casse la baraque, grandiose et émouvant à souhait. Comme si JNH cherchait à être à la hauteur des fins de Shyamalan.
Enfin, Le Village est la meilleure musique de JNH pour un film de Shyamalan (enfin, à mon avis). Profondément originale, bouleversante, un thème qui va droit au coeur (ce violon solo, nom de Dieu !). Regardez la scène où les créatures débarquent dans le village et que Ivy et Joaquin Phoenix se planquent sous le plancher. C'est la musique qui fait pratiquement tout le travail : flippante quant la caméra fixe une créture, planante quand Joaquin prend la main de Bryce Dallas, ça nous transporte loin, loin, c'est absolument merveilleux. Comme ce qui m'a le plus plu dans le Village est l'ambiance, je me demande si je l'aurais autant aimé avec une autre musique que celle de JNH.
Voilà, tout ça pour dire qu'après Spielberg/Williams et Burton/Elfman, on a à nouveau à Hollywood deux véritables artistes qui se complètent et s'entendent à merveille. La relève est assurée, et j'ai hâte de connaître le prochain opus de ces deux-là.
Criswell |
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