furious
excellent

TranceVibes
Vous dîtes n'importe quoi, il est génial !!!

Krispix
Bof, bof et re-bof

mérovingien
ça se regarde

David
Je l'ai adoré celui-là

71xc
Terrible

maximuslaurent
faut pas exagerer non plus.....

Logan Cale
une belle arnaque

widjet
comme se faire "grudger" !!!

 
De mérovingien
Note : 6/10
ça se regarde

Takashi Shimizu est un réalisateur passablement obsessionnel. Pour la 5em fois, il ressort son même film. Un court-métrage, puis une version vidéo, puis une version film, une suite du film et maintenant le remake américain du film !!! Une redite, sans aucun doute, à laquelle va s'ajouter prochainement la suite du remake américain !!! Le disque de Takashi Shimizu tourne donc en boucle. Le problème vient désormais de savoir ce que vaut ce lifting américain.


Car à la base, Ju-On (titre de l'oeuvre original) n'est jamais qu'un produit commercial destiné à profiter du succès engrangé par le Ring de Nakata. Fille fantôme aux cheveux sales qui veut se venger, bruit bizarres, malédiction... Rien qui ne sortent du cadre du film de trouille à la nippone, tendance exploité à outrance pour le pire et le meilleur par les Dark Water de Nakata également, Deux Soeurs...
Dès lors, l'annonce d'un remake américain de Grudge a de quoi fatiguer. Le spectateur un minimum cultivé connaît déjà bien ces films fantastiques nippon et assiste un recyclage pour public pas très regardant. Il n'y a qu'à voir le succès du remake de Ring pour s'en convaincre, les spectateurs trouvant ce remake formidable et effrayant alors que, bien qu'élégant et plutôt réussis, ne fait que reprendre à la lettre l'oeuvre original sans jamais parvenir à décrocher le moindre frisson (si vous avez peur devant Ring le remake, c'est que vous êtes très con). Alors en attendant Ring 2 version américain et Dark Water version américain aussi, voici Grudge version states. Une preuve du manque total d'ambition et d'imagination des studios.


Mais après cette trop longue introduction, que vaut le film, bordel de merde ??? (ben oui, c'est bien joli de poser une question puis de la laisser tomber pendant un paragraphe entier !!!). Ben il est somme toute très dans la mouvance dans laquelle il s'inscrit. A savoir un grand manque d'ambition et d'originalité qui se retrouve à chaque instant. A commencer par l'intrigue. On aura beau suivre le film avec intérêt (oula, l'autre ! il révèle un peu son avis mesuré avant la fin de l'article !!!), il n'empêche qu'une fois le générique finis, on a l'impression d'avoir assisté à un grand n'importe quoi. Le scénario est vide. Le néant. En gros, une succession de scènes de trouille qui ne se rattachent à rien. En gros, une fille découvre une maison où se trouvent deux fantômes de deux personnes furieuses qu'on les ai tué. C'est tout ? Oui. Ca à l'air con comme ça mais ça n'a pas seulement l'air. Ca l'est. Mais comment tenir 1h30 avec un scénario aussi mince ? Très facile. Takashi a bien regardé Pulp Fiction et tous les films tendances récent et il a trouvé la solutions : raconter deux récits en un et les mélanger à coups de flash-back, flash foward et toute la panoplie. Les séquences sont donc agencées n'importe comment, les sauts dans le temps étant destinés à apporter des réponses à des questions qu'on ne se pose même pas. Le plus gênant viens du fait que les deux récits (celui avec Sarah Michelle Gellar et celui de l'autre famille) est identique. En gros : le gamin qui miaule, le grenier qui grince, des morts et même le dénouement !!!


Un foutage de gueule opportuniste qui recycle tous les clichés du film de flippe (chat noir, journal intime du fantôme, enfant blafard, fille vaccinés contre Loréal, le noir total ave portes qui grincent...) et ne s'emmerde même pas à justifier ses victimes. Le fantôme se venge, point. Pourquoi ? Comment choisis-t-il ses victimes ? Pourquoi laisser en vie la vieille ? Pourquoi arracher la mâchoire d'une des filles ? Beaucoup de questions, aucune réponse. Le scénario de Grudge est donc des plus basique. On pourra aussi disserter à loisir sur l'intérêt du remake à conserver le milieu du récit (le Japon) tout en remplaçant les personnages par des américains vivant dans ce pas étrangers. Une idée des plus louables mais qui se révèle totalement sous-exploitée. Si l'on excepte une scène sympa de supermarché et un autre moment dans la rue où les héros paraissent égarés, le film semblent se contrefoutre de son postulat de départ. Au Japon, tout le monde parle anglais, même les commissaires, ce qui est bien pratique pour outrepasser la barrière de la langue. Et l'employeur de l'héroïne est américain aussi, comme ça, c'est plus pratique (au passage, l'employeur est joué par le frère de Sam Raimi, qui produit le film et qui est bien sympa de lui filer du boulot après son passage dans Spider-Man 2). Quand aux habitants de la maison hantés, ils sont aussi américains (même si la vieille est pas causante). Voilà. C'était bien la peine de changer la nationalité des héros si c'est pour ne jamais l'exploiter. Surtout qu'il y avait matière à faire une confrontation entre deux mondes qui s'affrontent et s'opposent sans se comprendre, américains et japonais pouvant servir de modèle entre en monde rationnel et un autre de l'au-delà.


Pour enfoncer le clou, Shimizu doit se dépêtrer avec des comédiens totalement transparents, sans profondeur, sans émotions. Sarah Michelle Gellar ne sors pas du statue de blonde victime malgré des efforts évidents, Jason Behr confirme son manque total de talent et de magnétisme en campant un petit ami falot. Les autres membres du casting semblent là pour toucher leur chèque (mention spécial à Bill Pulman). Quand à la mise en scène du réalisateur, elle se distingue par un photocopillage au plan prêt de ce qui a déjà fait ses preuves sur le modèle. La scène de l'ascenseur est reprise au plan prêt, la scène de la douche aussi... Du déjà vu, rien que du déjà vu. La Scène finale va même jusqu'à plagier l'ouverture de Ringu 2 !! Et pourtant...
Pourtant, en dépit de toutes ses ficelles usées, le film fonctionne. On se demandera bien par quel mystère mais the Grudge fait peur à plusieurs reprises. Il parvient en effet à mettre en place ses séquences avec une rigueur implacable. La peur du noir, il l'utilise à merveille, offrant de jeux de lumière saisissant (le visage blanchâtre disparaissant dans l'ombre), de longs silences pesant avant chaque instants clefs, une utilisation du hors champs exemplaire, une utilisation mesurée du gore (les rares effets sanglant étant coupés par un cut noir avant même qu'on ne distingue l'horreur de l'image) et une bande son relativement efficace (relativement parce que le miaulement est un peu saoulant et le bruit de la mère évoque plus le Predator). On pourra en revanche s'agacer de « lissage » des deux fantômes dont les traits on était rendu blafard loin des figures étranges du modèle. La mise en scène élégante, précise qui permet au film de réussir sur le seul point qu'il n'aurait pas été pardonnable de louper : la Peur. Le film fait peur et l'isolement des personnages dans chacune des séquences chocs entraîne une impression de profonde solitude et de malaise. La répétition des séquences de meurtres entraîne malgré toute une sensation de répétition, de boucle sans fin, une moiteur imprègne les lieux du drame qui semblent d'ailleurs hors du temps de part la déstructuration du récit. La Mort est donc admirablement représenté à l'écran. C'est déjà ça de pris sur le remake de Ring.


The Grudge, malgré son déjà vu flagrant, ses prises de risques zéro et ses interprètes nuls, fascine envers et contre tout, baignant de bout en bout dans une ambiance dépressive qui en font son seul intérêt.


NOTE : 6/10
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