POSTMAN
ENOOOOORME PIGNOLADE !!!

HellJohn
mélancolique et déprimant

NUTELLA
Le pire Ozon est de loin...

Revok
En tout cas un très bon film

mérovingien
le meilleur Ozon

 
De mérovingien
Note : 8/10
le meilleur Ozon

François Ozon est de retour ! Après des vacances bourgeoises luxueuse avec ses 8 femmes (attention au cancer de la peau !), après le sympa mais péteux Swimming Pool, notre réalisateur gay français chouchou de la critique reviens enfin avec un opus digne de son précédent Sous le Sable. Le titre est énigmatique, le procédé rappelle Irréversible (une histoire racontée à l'envers), l'histoire est banale (un couple se rencontre, couple, puis rupture). Pourtant, c'est bluffant.

5 moments de la vie d'un couple donc : la rencontre, le mariage, l'accouchement, la routine, le divorce. Raconté à l'envers, ça permet bien sûr de renforcer l'intérêt vis à vis des personnages (comment en est-on arrivé au divorce, qui débute le film ?). Le film commence de manière glaciale, lorsque les deux ex marié, décide de baiser une dernière ensemble. L'homme deviens bestiale, la femme se laisse faire, dégoûtée… Arrivés au bout du film, on voit un fossé : le début froid s'oppose à une fin pleine d'espoir, le futur couple nageant avec un coucher de soleil au loin (annonciateur malgré la vision poétique, du crépuscule qui va s'abattre sur eux). On a bien du mal à comprendre comment il peuvent passer d'un tel extrême à un autre. Ozon annonce-t-il, à l'instar d'un Noé que " Le temps détruit tout " ?
 
Pas du tout. Car le couple que Ozon met en scène n'est pas n'importe lequel. Si sa caméra qui lui sert de scalpel s'initie dans les méandres de cet homme et de cette femme qui se déchirent, il ne dis pas que ce couple représente tous les couples. Certes, les parents de la femme passent leur temps à s'engueuler. Certes, le couple d'amis homos joue constamment avec l'adultère. Mais dans le premier cas, la femme reste amoureuse (elle rattrape son mari après la dispute à l'hôpital) et pardonne. Dans le second cas, les tromperies sont avouées, pardonnées et le couple est bâti avant tout sur la complicité, et non sur le sexe (ils ne baisent pas). Tout le contraire de notre couple vedette. Chaque étape de leur parcours est une erreur. L'homme est déjà maqué lors de la rencontre, la femme le trompe dès le mariage, l'homme n'est même pas présent à l'accouchement… Et l'amour dans tout ça ? S'aiment-ils vraiment ? On peut se poser la question, tant ce petit catalogue des tromperies et coups bas risquent fort d'empêcher une partie des spectateurs à l'identification.

Heureusement, Ozon ne les condamne pas et évite de donner clairement les clefs du déchirement de ce couple. Il préfère plutôt indiquer des pistes, et c'est au spectateurs de comprendre ce qui ne fonctionne pas chez eux. Chez Lui, d'abord : Ozon laisse planer un doute profond sur sa sexualité. Le fait qu'il rejette (au début du moins) son rôle de père ne sous-entendrait-il pas qu'il n'est pas prêt à la vision du couple hétéro ? Le fait qu'il se soit laissé largement tenté par une relation gay à plusieurs dans une partouze va dans ce sens (surtout qu'il précise bien qu'il n'a pas seulement sucer : il s'est aussi fait prendre), tout comme la scène de sexe au début où il ne parviens à jouir qu'en sodomisant son ex- femme.
Quand à elle, derrière ses airs de coincée, elle dévoile peu à peu, à mesure que le film recule, des fantasmes sexuelle qu'elle cherche à assouvir : s'abandonnant dans les bras d'un splendide anglais le jour de son mariage, laissant son mari participer à une partouze pour le regarder, sa danse langoureuse avec le couple gay ou encore le fait qu'elle se laisse pratiquer violer. L'un comme l'autre semblent avoir du mal à communiquer ses désirs (à l'inverse par exemple du couple homo). Ozon ne précise rien, il indique juste des pistes.
 
Ainsi, 5 fois 2 est un film en forme de point d'interrogation géant. Les ellipses ne cacheraient-elles pas d'autres indices, d'autres éléments ? Pourquoi nous montrer ces 5 étapes de ce couple et pas d'autres, si ce n'est parce qu'elle résume bien leur histoire et leur personnage ? Y a-t-il réellement de l'amour entre eux, comme en témoigne les chansons d'amour italienne qui ponctuent chaque fin de séquence ? Ou bien est-ce là un clin d'œil cynique sur les évènements qui se déroulent ? Des questions parmi tant d'autres, comme le suggérait le titre énigmatique.

5 fois 2, pour finir, c'est aussi l'équation des talents : deux acteurs splendides pour commencer. Valeria Bruni est touchante en femme blessée mais aussi fascinante avec ses airs coincés lors de la rencontre, sa gentillesse rompant justement avec ses actes pas très nets. Et Stephane Freiss, tout en sensualité, en violence,en doute dans le regard. Leur duo fonctionne remarquablement. Ozon démontre une nouvelle fois son talent de directeur d'acteurs et de metteur en scène sobre. La scène de sexe tétanisante, d'un érotisme puissant mais aussi glaciale, le plan final poétique, la scène du dîner filmer comme si on était en plein thriller… 5 fois 2 est donc une œuvre ambiguë qui évoque furieusement la distanciation glaciale d'un Kubrick. Une œuvre dérangeante mais dont les questionnements font tout le sel. A découvrir, en couple de préférence.
 
NOTE : 8/10
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