POSTMAN
RZZZ RZZZ RZZZ

manny
bravo merovingien pour ta critique

manny
si vous voulez refaire la jaquette du dvd...

merovingien
critique perso

Monsieur_Preskovitch
Un Magnifique Chef d'Oeuvre ! Mieux que le 1

fmplaw
Pas de coffret avec le 1 et 2 ?

inosensu
C'EST PARTI!!!!

tetsuo
un rêve éveillé

HellJohn
lol, Gruute

jeronimocot
Cest pathé pour le premier

gruute
Perso, mon GITS, je l'avais acheté chez manga mania

BIFCO
C'est qui le distributeur du 1?

gruute
Désolé Jéro, mais c'est bien la vraie jaquette

jeronimocot
A mon avis c'est pas la vrai jacquette

subaru64
Chef-d'oeuvre artistique !

Alex T
globalement d'accord avec Romain Le Vern

vampirehunter
Edition décevante

tigelz
complétement raté

vimes
"Mamoru Oshii a atteint un summum qui dans la logique de l'évolution du dessin animé n'aurait dû arriver que dans quelques dizaines d'années."

Cristobal
Merci pour la critique.....

gruute
Lol, je pensais pas que mon appel à la jaquette

Finnegans Wake
Analyse d'Innocence

Tsukamoto
chtite erreur de note

Tsukamoto
"qui renvoie tous les dessinateurs d'animation d'aujourd'hui à leurs études"

lebidouilleurfou
voilà la jaquette jap pour ceux que ça intéresse...

razor28
lol gruute on a fait pareil

gruute
Perso, je peux complétement intégrer le fait qu'on soit complétement hermétique à ce film

s9rStef
:)

gruute
Recherche jaquette version jap de bonne qualité, pour achat prochain de la version française

foxpy
trop de grandes questions lachées dans la nature...

Finnegans Wake
?

bubule
pour bien dormir

s9rStef
Très bon !

Zombotte
Magnifique

Finnegans Wake
L'un des plus beaux films du monde...

 
De Finnegans Wake
Note : 10/10
Analyse d'Innocence

Je n'ai pas le temps de refaire une analyse complète du film, mais voici déjà les deux avis que j'avais publié sur mon site l'année dernière. Le premier pour la sortie du film, le second pour le classement de fin d'année.



7 ans.

7 longues années.

L'attente fut longue.

On ne croyait plus à la possibilité d'une suite...

Chef-d'oeuvre véritablement révolutionnaire du cinéma de science-fiction des années 90, voire du cinéma tout court, Ghost In The Shell demeurait l'un des plus grands traumatismes cinématographiques de votre serviteur.

Inutile donc de vous évoquer le frisson qui m'a parcouru lorsque la musique de Kenji Kawaï se mit à monter lentement, lors du générique d'ouverture d'Innocence.

Un générique d'ouverture en forme de variation sur celui, inoubliable, de Ghost In The Shell premier du nom. La naissance d'une androïde, désormais décrite en images de synthèse. Avec le thème musical bouleversant, métamorphosé, écrasant, qui fait battre le coeur à toute vitesse. En quelques minutes, Innocence a déjà recréé la fascination de son prédécesseur.

L'oeuvre d'Oshii étant en perpétuelle progression, on ne pourra pas parler, en évoquant Ghost In The Shell 2 d'aboutissement. De variations, d'améliorations, d'approfondissements, oui, sans hésiter. Des améliorations esthétiques, tout d'abord, les plus immédiatement évidentes, le film pouvant sérieusement prétendre au titre de plus beau dessin animé de l'histoire du cinéma. Mais surtout des améliorations thématiques. Comme toujours, derrière une enquête policière très complexe, mais jamais gratuitement compliquée, s'exprime des thèmes philosophiques, scientifiques, sociologiques, historiques, métaphysiques d'une rare pertinence. Après presque une décennie, la réflexion d'Oshii s'est affinée, nuancée. Elle prend en compte les dernières évolutions techniques, les scénarios les plus pointus en matière de futur de l'humanité. Le résultat donne le vertige.

Le sujet central n'est plus seulement le remplacement de l'humanité, mais directement la remise en question de celle-ci. Les critères essentiels de la vie et les particularités de l'espèce humaine, clairement définies dans le premier Ghost In The Shell, sont ici chamboulés. Lors d'une littéralement hallucinante séquence dans une "maison de poupées", Oshii met à l'épreuve aussi bien les théories cartésiennes que kantiennes. La perception se fourvoie, la mémoire vacille, l'espace et le temps ne sont plus les données stables de notre entendement. L'imperfection inhérente à l'esprit humain, si bien mise en "lumières" par Kant, devient la cause essentielle de l'imperfection du monde en général.

Que reste-t-il à l'humanité si on lui supprime les bases de son identité ? Les êtres ne sont plus que des poupées. Des poupées qui se rêvent dotées d'un "Ghost". Ou qui en cauchemardent... La résolution de l'enquête, qui pourrait sembler banale de prime abord, est brutalement remise en question par quelques lignes de dialogue. Les androïdes, Batou et la désormais omnisciente Motoko, ont déjà remplacé l'humanité, en atteignant un degré de conscience, voire de sagesse, qui dépasse nos préoccupations si élémentaires.

Et pourtant. Pourtant dans leurs esprits connectés au réseau universel. Dans leurs réflexions gorgées de citations glanées au fil du net. Dans leur perfection physique finalement contraignante. Les androïdes errent dans une solitude tragique. Soudain, au détour d'une scène entre Batou et l'indispensable Gabriel (le basset d'Oshii), au détour du regard vide de la Motoko réincarnée, le metteur en scène murmure une émotion discrète, presque muette tant elle se veut invisible. Mais si évidente, si intuitive, qu'elle n'a pas besoin de grandes effusions lacrymales pour nous serrer le coeur. Ces êtres, vivants, définitivement vivants, ont besoin d'amour. Maladroitement, technologiquement, dans une humanité par-delà l'humanité, les créatures du futur aiment et s'aiment. Et au sein d'une oeuvre aussi ardue, parfois très hermétique, qui nous écrase souvent sous sa perfection esthétique et intellectuelle, ces souffles de délicatesse, et parfois d'humour, n'en sont que plus forts, plus inattendus, plus marquants.

Il faudra sans doute revenir, encore et encore, sur tout ce qui est dit et surtout sous-entendu dans Innocence. Comme Ghost In The Shell, cette suite séduit tout d'abord par son apparence, par son pouvoir d'envoûtement, par la puissance qui se dégage de son univers, de ses personnages, de ses réflexions. Le film nous charme pour mieux s'inscrire dans notre mémoire, se rappeler régulièrement à nous et nous rappeler vers lui. Comme une prophétie, un conte du futur, une nouvelle référence dans le domaine de la science-fiction. Une oeuvre d'art totale, aussi délicieuse à contempler pour elle-même, qu'à repenser pour soi. Un pas pour le cinéma, un pas pour la pensée, un pas pour l'esprit du spectateur. Un monument de progrès qui semble se résumer dans le titre de sa chanson de conclusion : Follow Me...



Innocence est une oeuvre qui donne le vertige. Le vertige des sens, tout d'abord, évidemment. Le vertige du sens, ensuite, forcément, par la richesse de sa réflexion. Enfin, pour faire un piètre jeu de mots, le vertige de l'amour, tant le dernier film de Mamoru Oshii s'adresse avant tout au coeur.

L'erreur la plus regrettable que l'on pourrait commettre devant Innocence serait de se laisser submerger par la complexité apparente de son scénario, par ses innombrables digressions et par l'abondance de ses références, et ainsi oublier que l'oeuvre est avant tout une expérience des sens. Une scène comme le carnaval de la vieille ville, avec la beauté littéralement sublime des images et de la musique, en dit tout autant que les dialogues les plus abscons.

À tous les niveaux, Innocence est une amélioration de Ghost In The Shell, le film étant parfois repris explicitement, entre clins d'oeil et révolution esthétique. La pensée de Oshii s'est enrichie, sans jamais oublier l'émotion. Au contraire, le metteur en scène joue sur les données du premier film pour mieux toucher le spectateur de plus en plus complice. Difficile alors de ne pas être touché par les retrouvailles longuement différées de Batou et Motoko ou quand le thème musical inoubliable s'immisce dans la nouvelle partition de Kenki Kawaï.

D'un point de vue purement cinématographique, Innocence est déjà un chef-d'oeuvre, offrant un univers inoubliable, une histoire passionnante et des personnages attachants. Oshii ménage au mieux les séquences d'action, superbement chorégraphiées, les dialogues toujours aussi mélancoliques et les scènes poétiques en apesanteur. Les images inoubliables se succèdent, le mélange entre images de synthèse et animation traditionnelle donnant naissance à un univers inédit qui renforce la filiation de GITS avec Blade Runner, le monument fondateur de Ridley Scott.

Mais bien sûr, par-delà ses qualités esthétiques et narratives, ce qui fait de Innocence un tel chef-d'oeuvre, c'est ce qu'il dit de nous et de notre futur. Comme dans Ghost In The Shell, le thriller n'est qu'un prétexte. Un prétexte pour évoquer des thèmes d'une actualité philosophique évidente. Essentiellement les conséquences des "améliorations" de l'être humain, que ce soit par la génétique, la cybernétique, la mondialisation des connaissances, la spécialisation à outrance des individus, etc... La tentation est alors grande d'abandonner l'incarnation pour n'être plus qu'une donnée du réseau, une parmi l'infinité, insaisissable, quasi immortelle. La tentation de se fondre dans l'illusion et accepter l'existence comme un vaste simulacre, une maison de poupées en trompe-l'oeil ou un carnaval baroque.

Devant l'abandon d'une réalité, déjà mise à mal par l'acceptation de la subjectivité, seuls les sentiments nous lient encore à l'humanité, au-delà de son inévitable disparition. L'amour de Motoko et Batou, l'adorable Gabriel, la famille de Togusa et la volonté de préserver l'âme, le "Ghost", en fait l'innocence du titre, même chez les poupées désarticulées. Voilà ce qui fait d'Innocence une oeuvre si inestimable. Que l'essence de l'humanité lui survive, qu'elle soit transmise à ses successeurs, qu'ils soient androïdes, programmes informatiques ou poupées de chiffon.

Comme le premier Ghost In The Shell, Innocence est une oeuvre résolument optimiste. Et derrière sa mélancolie omniprésente, son désenchantement technologique, se cache les plus touchantes promesses. A l'image de celle de Motoko à Batou : à présent, sur le réseau infini, il ne sera jamais seul...

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