POSTMAN
RZZZ RZZZ RZZZ

manny
bravo merovingien pour ta critique

manny
si vous voulez refaire la jaquette du dvd...

merovingien
critique perso

Monsieur_Preskovitch
Un Magnifique Chef d'Oeuvre ! Mieux que le 1

fmplaw
Pas de coffret avec le 1 et 2 ?

inosensu
C'EST PARTI!!!!

tetsuo
un rêve éveillé

HellJohn
lol, Gruute

jeronimocot
Cest pathé pour le premier

gruute
Perso, mon GITS, je l'avais acheté chez manga mania

BIFCO
C'est qui le distributeur du 1?

gruute
Désolé Jéro, mais c'est bien la vraie jaquette

jeronimocot
A mon avis c'est pas la vrai jacquette

subaru64
Chef-d'oeuvre artistique !

Alex T
globalement d'accord avec Romain Le Vern

vampirehunter
Edition décevante

tigelz
complétement raté

vimes
"Mamoru Oshii a atteint un summum qui dans la logique de l'évolution du dessin animé n'aurait dû arriver que dans quelques dizaines d'années."

Cristobal
Merci pour la critique.....

gruute
Lol, je pensais pas que mon appel à la jaquette

Finnegans Wake
Analyse d'Innocence

Tsukamoto
chtite erreur de note

Tsukamoto
"qui renvoie tous les dessinateurs d'animation d'aujourd'hui à leurs études"

lebidouilleurfou
voilà la jaquette jap pour ceux que ça intéresse...

razor28
lol gruute on a fait pareil

gruute
Perso, je peux complétement intégrer le fait qu'on soit complétement hermétique à ce film

s9rStef
:)

gruute
Recherche jaquette version jap de bonne qualité, pour achat prochain de la version française

foxpy
trop de grandes questions lachées dans la nature...

Finnegans Wake
?

bubule
pour bien dormir

s9rStef
Très bon !

Zombotte
Magnifique

Finnegans Wake
L'un des plus beaux films du monde...

 
De merovingien
Note : 8/10
critique perso

Vous pensiez qu’après le premier opus vous alliez pouvoir ranger votre tube de paracétamol ? Vous aviez tout faux. 10 ans après son Ghost in the Shell qui révolutionna l’animation, Mamoru Oshii se fraye un chemin dans le monde de l’animation actuelle (entre temps, il est partis réaliser Avalon, variation live sur ses thèmes de prédilection) et nous percute de plein fouet dans la rétine avec un métrage qui devrait sans aucun doute réitérer l’exploit de son aîné. Innocence est un film plein, aussi flamboyant que débordant de philosophie prise de tête.


Parler de « suite » à Ghost in the Shell serait tout de même un peu exagéré, tant le film n’entretient que de vagues rapport avec le modèle. On retrouve bien les même personnages (enfin, surtout Batou) et l’univers mis en place précédemment mais le film trouve sa propre voie, son propre chemin. Il est bien sûr conseillé de connaître tout de même les préceptes nébuleux du premier film (la ville réseau, les cyborgs, les ghost) car si l’intrigue ne fait pas spécialement dans la séquelle de luxe, sa thématique découle entièrement de la conclusion du récit précédent. Alors où en étions nous ? La fin de Ghost in the Shell marquait le début d’une nouvelle ère où la machine a atteint un stade de conscience et parvenait à s’incarner dans un corps aux cellules humaines. Le simple terme d’ « humain » perdait tout son sens, car tout être possédant une conscience, donc une âme, n’était plus nécessairement le fruit d’une conception biologique. Le monde devenait cyber-espace, l’humanité n’était qu’une notion ancienne, les humains se mélangeant aux cyborgs sans aucune distinction. Partant de cette conclusion tournée vers l’avenir, Oshii, qui se charge ce coup-ci lui-même de l’intégralité du scénario, va opérer une sorte de réorientation de son univers vers le passé. Non pas que le film va tenter de régresser, non, mais il va plutôt changer de points de vue. Le premier film parlait de machines cherchant un sens à leur vie, le second va mettre en garde les hommes de ne pas oublier d’en trouver un à la leur ni d’oublier d’où ils viennent (les corps humains sont bardés de prothèse et outils mécaniques). D’où l’accent narratif mis sur les poupées et les miroirs.


Bien que l’intrigue soit bien plus compréhensible et linéaire que dans Ghost in the Shell, Innocence n’en demeure pas moins un film difficilement accessible à tous. Derrière l’intrigue de base (une enquête sur des robots tuant leurs propriétaires) se base un puit sans fond de réflexion sur la Vie. Tenter de déchiffrer tous les mystères de l’œuvre serait bien vain et même si l’on veut saisir ne serait-ce que le quart des citations, de nombreuses heures d’égarement sur le Net seront requises. Néanmoins, il n’est pas fatalement hermétique et livre finalement ses secrets bien plus facilement qu’il n’en a l’air, laissant ses indices au fil des répliques. Ainsi, Innocence débute par un extrait de l’Eve Future, un ouvrage du 19ème sciécle traitant de l’essence de l’être humain. De ce livre, Oshii va reprendre le nom de la femme artificielle, Hadaly, pour nommer ses geishas mécaniques. Dans le livre, Hadaly était plus humaine que les vraies humaines car elle possédait un « ghost ». Ce Ghost, ce n’est autre que l’amour (ce n’est donc pas pour rien si la citation du début s’interroge sur l’amour qui serait aussi mécanique que nos organismes et nos dieux). Cet amour est-il la seule chose qui désigne l’humain ? Et cet amour peut-il justement être transmis ?
Une des phrases leitmotiv du livre est « tout n’es que vanité ». Or, la vanité a pour symbole le miroir, et c’est là qu’interviennent les pantins du film. Le message principal du film pourrait être que l’homme est tellement satisfait de lui-même qu’il en est venu est représenter des êtres à son image et des véhicules à l’effigie de certains animaux qu’il juge parfait. Ainsi, l’avion qui survole le Tokyo de 2032 déploiera des ailes aux plumes de métal et le sous-marin prendra l’apparence d’un requin carnassier.


Le générique du film est une sorte de remake de celui de Ghost in the Shell mais réalisé cette fois-ci en image de synthèse, comme pour renforcer l’idée du miroir tendant un reflet différent, dépourvu d’âme (le générique s’arrête sur l’œil dont l’iris pivote mécaniquement). Tout au long du film nous sera sans cesse rappeler que l’Homme ne doit pas perdre le lien avec ses origines au risque de se perdre lui-même (ce qui ne signifie pas bien entendu de rejeter les Intelligence Artificielles). Ainsi, Togusa, le co-équipier de Batou réagira violemment aux visions de synthèse que l’on souhaite lui faire avaler (la séquence déroutante se répétant).
Dans une séquence évoquant fortement le premier film, Oshii laisse la vedette à la partition musicale sur des images que chacun est libre d’admirer passivement où d’interpréter. Ici, il s’agit d’un carnaval mystique où chacun est masqué. Les diverses créatures créent sous forme de masques sont autant de représentations subtiles du Golem, véritable monstre ayant recouvert son maître. Les hommes sont eux même devenus des pantins, à l’image de ces jeunes filles dont on tente d’insérer l’âme dans des poupées.
Au détour d’une conversation au début du film avec ce qui semble être un médecin (se révélant être un cyborg), on s’aperçoit que l’être humain, en élevant son enfant, tente de le façonner de sorte à ce qu’il soit le plus parfait possible, tout comme la fillette fera ensuite de même avec sa poupée. Cette volonté de l’homme de toujours vouloir s’améliorer, en quête de perfection ne pourra finalement qu’aboutir à la création de robot à son image en quête de perfection. L’enfant devient un pantin dont on tire les ficelles. Si jamais celles-ci venaient à se rompre, il n’y aurait plus de vie. La création de l’homme le supplanterait totalement. C’est ce contre quoi Mokoto met en garde Batou lors de la séquence de la boucle temporelle, à l’aide de carte formant des mots au sol. Dans cette scène, Oshii nous renvoie au Golem en réinscrivant les mots qui animaient le Golem : Emeth (Vérité) donnait vie à la créature, puis en enlevant une lettre, on obtenait Meth (Mort) afin de tuer la créature. Mokoto tente donc par ce biaise de faire prendre conscience à Batou que l’Homme ne doit pas se laisser totalement ensevelir par sa créature. L’Homme ne deviendrait lui-même qu’une machine, le fameux Homme-machine qu’évoque Descartes, abondamment cité ici (Descartes avait pris pour objectif de disséquer l’individu comme machine organique, mais, contrairement à Hobbes, l'homme est doté d'un esprit, le rendant supérieur aux animaux. Julien Offray a poursuivis ces recherches en 1947 avec son ouvrage, l' Homme Machine).
Pour cela, il faut donc maintenir des origines et un bagage passé (d'où les nombreux renvoie dans le film à Confucius qui préconisait un retour aux préceptes des sages de l'Antiquité) qui, dans Innocence, passe par exemple par les références religieuses, Mokoto étant désignée comme un ange (le visuel de la magnificence de la cathédrale va dans le même sens). Une des scène s'inscrit d'ailleurs directement dans la lignée du courant de pensée en réaction aux travaux de Vacausan, lorsque des poupées sont brûlée sur un bûcher, renvoyant bien entendu à l'Eglise rejetant l'idée que l'homme ne serait qu'une machine et Dieu un simple ingénieur. Il ne faut pas non plus perdre le plus élémentaire des sentiments : l’amour et l’affection, comme celui du basset, symbole de la solitude des sociétés modernes, et qui est le personnage évoquant le plus d’émotion.


Mais finalement, qu'importe que toute cette richesse de fond soit vertigineuse : les citations et autres références passeront par dessus la tête de 90% des spectateurs peu enclin à se farcir des heures de Google pour tenter de comprendre de fond en comble Innocence (et puis là, je vous ai déjà bien aidé, alors...). Car Ghost in the Shell 2, avant d'être une oeuvre philosophique parfois un rien pompeuse (trop de citations tue la citation, surtout que celles-ci sont déclamées trop rapidement pour être parfaitement assimilée la première fois) s'impose avant tout comme une immense expérience sensorielle. Car comme le recommande Oshii lui même, il faut savoir faire abstraction des sous-titres et de l'intrigue pour se laisser emporter dans le tourbillon d'images. Car au final, la vraie révolution est là : dans la mise en scène précise et hypnotique de Mamoru Oshii qui mélange 3D et 2D avec un brio encore jamais atteint (bien que le déjà oublié Titan AE proposait déjà un procédé semblable presque aussi renversant). Les personnages en 2D évoluent dans un univers composé de numérique en grande partie (mais mixé à une multitude de dessins à la main quasiment imperceptible à l'oeil) qui crée un monde encore plus dans le ton du sujet (la désincarnation de l'humanité, abandonnant sa 2D faite à la main pour une 3D régit par le numérique). Un choix esthétique cohérent donc et qui impose Innocence comme le plus beau dessin animé du Cinéma, ni plus ni moins. Il faut avoir assisté à la découverte de la cathédrale, découvrir les visions robotique retravaillant la 2D à l'ordinateur et se prendre en pleine face le flot de couleurs faisant baigner le métrage dans un ton mélancolique.
Qui plus est, il y a un magnifique travail d'adéquation entre le son et l'image comme lors de ce gunfight dans un petit magasin où bien la fameuse boucle temporelle dont sont prisonniers les héros. Ainsi, au fil de ses séquences contemplatives né d'elle même une poésie indéniable parvenant à donner une vraie dimension à l'outil numérique, une vraie profondeur; Une âme tout simplement.


Il y a donc quelque chose de mystique à découvrir ce joyaux spirituel. Bien que parfois abscons et pompeux à force d'appuyer ses citations, Ghost in the Shell 2 trouve tout naturellement sa place aux côtés du premier opus, parvenant même à le devancer sur bien des points. Aussi beau et troublant qu'un songe.

NOTE : 8/10
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