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lol, Shaft

Khyron
Pour Shaft

Shaft
pfff bande damateur va

Khyron
Bouzasse...

jeronimocot
Helljohn le gars qui a toujours une raison louable

djbruno
A y est que nenni

Grands-pas
distrayant, absolument pas un grand film, mais amusant a regarder

John Doe
nul !

HellJohn
non, on, il est sympa, ce film

POSTMAN
UNEMERDE INFAME !!!!

 
De HellJohn
Note : 6/10
non, on, il est sympa, ce film

Vendu comme le nouveau Indiana Jones (“L’aventure a un nouveau visage”, clame l’affiche), "Benjamin Gates et le trésor des templiers" fait plus penser au premier abord à “Tomb raider”, les films. En effet, les affiches des deux films (le premier “Lara Croft” et Benji Gates) sont très similaires (le héros est en contre plongée derrière des espèces de symboles historiques, les éclairages sont identiques et le titre est en relief), les deux héros sont tous les deux des explorateurs qui cherchent des trésors (des trésors qui ont traversé des siècles, de préférence) et dont le père est Jon Voight (il a du boulot, avec une telle progéniture), et qui sont accompagnés de leur petite équipe (dont un comique de service, bien sûr), traversant divers lieux historiques pour y faire des trucs dingues. Bien sûr, ils ont un méchant qui recherche la même chose qu’eux, pour des raisons moins légales. Et puis il y a le titre français racoleur et à rallonge (comme si une franchise était déjà prévue), Benjamin Gates et le trésor des templiers rappelant fortement des "Lara Croft et le berceau de la vie" et autres "Alan Quaterman et la citée d’or perdue" (quand le titre porte le nom du héros, c’est qu’il y a une idée de franchise derrière, l’effet James Bond ou Tarzan, sans doute). Ce titre français ridicule cache en fait "National treasure", titre bien plus représentatif de ce qu’est le film de Jon Turteltaub.

En effet, et c’est là où se démarque le film des autres cités plus haut, notre héros Benjamin Gates ne va pas sillonner le monde dans des paysages superbes ou rencontrer des tribus indigènes, ni faire de la moto sur la muraille de Chine ou se battre avec des crocodiles. Non, Ben cherche en fait depuis son enfance un trésor, une légende. Ben continue ainsi le travail de son grand père, qui consiste à retrouver ce trésor en suivant une multitude d’indices ou d’énigmes souvent bien planqués (les indices ont été déposés tout au long de l’Histoire de l’Amérique). Ainsi, après une première scène (et donc un premier indice) sur le continent Arctique (seule scène vraiment explosive du film), l’histoire prend la forme d’une enquête quasiment sur place (après le début, on reste aux USA) dans laquelle Ben et ses compagnons sont plus à la recherche d’indices que d’un trésor. Quand ces indices concernent des monuments ou objets du patrimoine, on pense fort à Da Vinci Code, ou même à une éventuelle adaptation cinématographique de l’album de Tintin Le secret de la Licorne (qui est aussi l’album qui devrait être adapté par Spielberg au cinéma), basé sur la même idée. Avouons aussi que cette idée rappelle aussi particulièrement "Indiana Jones et la dernière croisade" (notamment le passage à Venise). Mais s'il ne s'agit pas vraiment d'un film d'aventures (à ce propos, la publicité autour de ce film est particulièrement mensongère, cherchant à faire croire à un autre "Pirates des Caraïbes"), le pitch, fun et trépidant au départ, permet des séquences assez dingues sans pour autant qu’elles soient impressionnantes. Ainsi Ben va se retrouver à voler la Déclaration d’Indépendance (!) au verso de laquelle se trouverait une carte invisible (!!), et ce à lui seul, juste avec l’aide de son collègue (!!!). Nos héros vont alors se trimballer tout au long du film avec la Déclaration d’Indépendance dans les mains (la pauvre manquera de justesse de se faire rouler dessus par un camion !), et avec tous les flics à leurs trousses, ce qui ne les empêchera pas de continuer ce jeu de pistes historique et parfois bien trouvé (notons que les personnages sont vraiment des génies pour trouver des "évidences" si rapidement). Une histoire pas mauvaise, donc, qui donne lieu à une (petite) poignée de séquences jouissives, comme lorsque Ben va voler la Déclaration d’Indépendance (à ce moment, le film prend de vraies allures de films de braquage), et surtout lorsqu’il va s’enfuir avec. Complètement incohérent et impensable, mais c’est bien pour ça que c’est amusant. Dommage que dans sa deuxième partie, le film et le rythme commencent à s’essouffler, à force de trop d’énigmes si près de la fin (on croit qu’il vont enfin trouver le trésor, et HOP, fausse alerte et une énigme de plus, ça fait ça 3 ou 4 fois au moins), et faute de renouvellement (tout ça devient répétitif). On finit par être bien contents lorsqu’ils le trouvent ENFIN, ce trésor. Mais si l’histoire en elle même est bonne, il n’en est pas de même pour le scénario, Bruckheimerien en puissance. “Benjamin Gates” est bel et bien une production Bruckheimer.

Alignant les clichés (notamment dans les dialogues et les multiples explications historiques, avec en prime au début le sempiternel flash-back raconté), le scénario s’oblige à nous gratifier d’un peu de morale. Par exemple, juste avant de trouver le trésor, Ben est désespéré et pense qu’il ne le trouvera jamais. Et vas y que son père lui fait la morale, que la fille s’en mêle (“je continuerai à chercher avec toi” dit le père, “et moi aussi”, dit la blonde). Ce passage est complètement inutile, il semble avoir été rajouté par dessus le film (comme cette scène dans les cabines d’essayage). Et la fin est vraiment stupide, prouvant la générosité immense de notre vaillant héros, qui finit quand même avec plein de fric et une super nana (rassurez vous, ce n’est pas un spoiler) ! Et justement, on nous assène aussi une vague histoire d’amour entre Ben et la fille, alias la belle Diane Kruger ("Troie", d’ailleurs aussi avec Sean Bean). Les personnages sont creux, la psychologie de chacun ne semblant reliée qu’à un seul mot (Ben = obstination, Abigail = charme, Riley = drôle, Ian = méchant...). On jurerait tous les avoir déjà vus quelque part tellement ils semblent caricaturaux, mais ce qui ne les empêche pas d’être attachants, surtout parce qu’on aime bien ces acteurs là ; le bon vieux Jon Voight qui reprend son rôle de “Tomb raider” (et dans l’écurie Bruckheimer depuis "Ennemi d’état", il a d’ailleurs aussi côtoyé la Maison Blanche dans "Pearl Harbor", puisque c’était lui le président), la magnétique Diane Kruger (géniale dans "Mon idole"), le charismatique Sean Bean (bientôt dans "The island", le prochain Michael Bay), les vétérans Harvey Keitel (en manque de bons rôles, ces derniers temps) et Christopher Plummer (pour une courte apparition, on le voit plus dans le "Alexandre" d’Oliver Stone), et puis ce bon Nicolas Cage, habitué de Jerry Bruckheimer, capable chez lui du pire ("60 secondes chrono", mais il n’est pas en cause puisqu’il est bien classe dans ce film) comme du meilleur ("Rock", "Les ailes de l’enfer", quel pied, ces films !). Ici, il nous fait juste...du Nicolas Cage, rien de plus ! Faut dire qu’il est pas aidé par son rôle...A part le fade Justin Bartha ("Amours troubles") dans le rôle du compagnon rigolo, toutes ces bonnes têtes font qu’on suit les personnages sans trop s’ennuyer (à part vers la fin, où l’on émet quelques bâillements). A part ce casting estampillé Bruckheimer, il y a aussi la musique bourrine et énergique d’un Trevor Rabin (dont le meilleur score reste celui de "Peur bleue", faut dire que sa filmo est pas brillante) qui ne trouve pas d’inspiration et copie donc ses prédécesseurs (comme si le nabab Jerry lui avait dit “n’innove pas, fais comme ce que les autres ont fait”). La photo est très claire, rendant les couleurs chaudes très froides (le directeur de la photo est un habitué des pseudos films historiques, de "La passion du Christ" à "The patriot", dans lesquels il a fait un beau boulot), à l’inverse de films comme "Bad boys 2". Du coup, visuellement, le film fait assez moche (terne)...

Bref, un film 100% Bruckheimer (j’ai beau le critiquer, ses productions restent d’excellents spectacles qui me font souvent bien tripper), encore heureux que le réalisateur Jon Turteltaub ne fasse pas trembler sa camera comme tout bon sous-Michael Bay (je précise aussi que j’adore ce que fait Michael Bay) qui se respecte. Ce réalisateur impersonnel (disons plutôt neutre) ayant fait des films plutôt conventionnels dans la forme (et même assez mous), comme "Instinct", "Rasta Rockett" (son meilleur film) ou "Phenomène" (la découverte semble être son thème principal), on se demande ce qu’il fait là. Réponse, il fait ce qu’on lui demande, tout simplement : il filme une histoire. Etant aussi producteur du film, il aurait pu en faire un peu plus, mais il en reste là. Une réalisation paresseuse, neutre à l’image du cinéaste. Ca change de la caméra qui bouge dans tous les sens, même si les scènes d’action restent illisibles (il y en a peu, c’est peut être aussi pour ça que Turteltaub est dans le coup, mais la scène finale dans le gouffre est catastrophique), mais un peu plus d’entrain n’aurait pas fait de mal. Dans l’ensemble, le traitement de cette histoire est inadapté, et la production semble s’être emmêlée les pinceaux (le producteur veut un gros film d’action, le scénario n’est pas pour un film d’action, le réalisateur se croit lui dans un drame...), en résulte un film assez brouillon.

Mais "Benjamin Gates…" reste assez rythmé et con pour que l’on s’y attache et que l’on passe outre ses nombreux défauts pour finalement passer un bon moment. Un film que l’on pourra même voir plusieurs fois. Hé oui, quand on s’attend au pire, on ne peut qu'être surpris. Petite surprise, mais surprise quand même. Mais j'ai toujours pas vu le "nouveau visage de l'aventure" que l'affiche me promettait...

6 / 10
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