HellJohn
le film est naze, le dessin animé est excellent

NUTELLA
Inegal

SnOOpy
excellent !

yosegaman
trop de la balle !

SnOOpy
Fab the fab

niteboy
une ch'tite bombe, c clair

SnOOpy
pourquoi pas ?

 
De HellJohn
Note : 7/10
le film est naze, le dessin animé est excellent

"Osmosis Jones" est un film pour le moins original, sorte de "Il était une fois…la vie" en plus déjanté et plus cinématographique.
Frank (Bill Murray), gardien de zoo, est un homme bien peu hygiénique, se foutant de sa santé malgré sa fille qui ne cesse de lui faire la morale. Il mange n’importe quoi sans se soucier de la qualité des aliments. Ainsi, c’est en mangeant un œuf qui a traîné dans les mains d’un singe et par terre que Frank ramène dans son corps le virus mortel Thrax, bien décidé à tuer Frank et à allonger sa collection de victime pour qu’on parle de lui dans les livres de science. A l’intérieur de Frank, c’est une véritable civilisation qui gère son corps. Osmosis, globule blanc chargé de la protection et de la santé de Frank, est un flic hors du coup, depuis qu’il a commis une grave erreur il y a deux ans de cela. Mais il va devoir s’allier avec Drix, une gélule que Frank a avalé, qui va s’écarter de sa mission précise (prescrite sur la notice) pour aider Osmosis à retrouver ce virus, alors que personne d’autre ne les prend au sérieux…

"Osmosis Jones" n’a rien à voir avec "Qui veut la peau de Roger Rabbit ? " & Cie, puisqu’il ne mélange pas animation et réalité dans un même plan (sauf a de rares exceptions). Les séquences live servent juste à introduire et à justifier la partie animation, c'est-à-dire l’aventure à l’intérieur du corps de Frank. Par exemple, quand on voit Bill Murray éternuer à cause de son allergie au pollen, on passe en séquence animée pour montrer tout ce petit monde intérieur s’animer. On passe de l’extérieur (séquences live, avec Bill Murray) à l’intérieur (le dessin animé), de la cause à la conséquence, et vice versa. Dommage que ces scènes live rabaissent la qualité du film. En effet, elles sont mal réalisées et mal jouées (la gamine et Bill Murray sont franchement mauvais), et sont tout ce que n’est pas le dessin animé : moches, ennuyeuses et pas drôles (un comble, avec Bill Murray devant la caméra des Farrelly). Peut être les frère Farrelly voulaient-ils montrer la différence entre les deux milieux, une différence rythmique ou il se passe bien plus de choses à l’intérieur qu’à l’extérieur, ou un simple geste de Bill Murray, peu passionnant à l’écran, provoque de grosses répercutions à l’intérieur de son corps (et là, ça devient plus captivant et ça bouge plus). Le geste quotidien amène le drame collectif et l’action à l’intérieur. Mais ces scènes nuisent à l’ensemble et au rythme, et s’avèrent en fin de compte assez dispensables. De plus, elles s’insèrent mal aux séquences animées, coupant subitement l’aventure intérieur (oui, on peut aussi penser au film de Joe Dante). On alterne carrément entre le superbe (dessin animé) et le moche (live), entre du soigné et du bâclé, et une grosse scène d’action animée peut être gâchée parce qu’on insère au milieu quelques plans laids de la tête d’un Bill Murray malade et peu enthousiasmant (alors que l’action l’était vraiment) ou une discussion chiante entre Murray et sa fille (par ailleurs à claquer), ce qui est frustrant (on rage dés qu’une séquence live apparaît). Il aurait été préférable que le film ne contienne pas de séquences live et soit entièrement un dessin animé. Heureusement, le film live n’est qu’un quart de "Osmosis Jones" (d’où le regret que cette partie était vraiment dispensable et aurait pu être supprimée), et le reste constitue le véritable intérêt du film de Peter & Bobby Farrelly.

Lorsqu’on se retrouve dans le corps humain, c’est le bonheur, et l’imagination des frangins réalisateurs se met en route. Le corps de Frank est un véritable univers peuplé, reflet de notre société, à nous les humains. Une ville (nommée à juste titre Frank) qui dépend forcément de Frank. Ce qui est jubilatoire, c’est que les Farrelly font de ce dessin animé un véritable film à l’intérieur de Frank et emploient tous les codes du film d’aventure, du film catastrophe (notons l’énorme clin d’œil à "Titanic"), du film d’horreur, du film fantastique, de la science fiction (on pense à "Predator", "Batman" et "Terminator 2", entre autres), du film d’action (y’a même une séquence Kung-Fu, avec l’inévitable référence à "Matrix"), du polar (en particulier les polars des années 80), et surtout de la comédie policière. "Osmosis Jones", le dessin animé, est un pur buddy movie, suivant un duo (les Farrelly affectionnent beaucoup les duos) dans une enquête particulière, un duo composé de deux flics aux méthodes opposées : le vif et instinctif Osmosis, jeune flic aux méthodes « de la rue », et Drix, une gélule sérieuse et méthodique envoyée pour accomplir une mission précise. Avec ses courses poursuites, ses scènes d’infiltration (dans une boite de nuit), d’interrogatoire (avec le flic gentil et le flic méchant) et d’engueulades (entre les deux flics, et le commissaire semble la version animée du chef de "Last Action Hero"), ses scènes dans le commissariat (avec les téléphones qui sonnent, les collègues moqueurs et tout le reste), ses dialogues rapides et précis (vocabulaire scientifique à l’appui) et ses personnages typiques (le maire, l’indic, le grand méchant, les hommes de main, le commissaire, l’unique témoin…), ce dessin animé est en fait un pastiche du cinéma américain, et en particulier du film policier. Sans parler de la bande son, entre le score classique de Randy Edelman (grand habitué du divertissement familiale) et des tubes de R’n’B dignes des productions Neal H. Morritz. Les Farrelly transforme ce qui aurait pu (du) être un divertissement banal pour enfants (avec morale à l’appui) en un dessin animé fun et mature que les adultes sauront mieux apprécier. En effet, pas sûr que les enfants ne comprennent les ¾ des gags, les nombreuses allusions et clins d’œil, les métaphores, le vocabulaire parfois compliqué et les scènes d’action complexes façon blockbuster US. Même que ce film dans le film (le dessin animé, donc) n’a rien d’éducatif et fait la part belle à la fiction, à l’intrigue (celle d’un film policier traditionnel mais retranscrite dans le contexte du corps humain), à l’action et aux personnages. Ici, pas de vieux barbu qui explique comment fonctionne le corps humain. "Osmosis Jones" (je parle ici toujours de la partie animée) propose même quelques scènes de violence qui se réfèrent aux films d’horreur, notamment avec le personnage du grand méchant (au look excellent, un vrai boogeyman), un tueur cruel qui n’hésite pas à trucider ses ennemis et à éliminer des innocents dans d’atroces souffrances, et ce face caméra. Bien sûr, ce ne sont pas des humains qui meurent, et ça n’est qu’un dessin animé, mais vu que chaque personnage (globule, virus, microbes, gélule…) est semblable à un humain (de même que chaque partie du corps humain est une métaphore d’un lieu commun réel), ces quelques scènes violentes sont quand même osées, et accentuent cette impression d’assister à un divertissement adulte plutôt qu’à un dessin animé pour enfants. Même l’humour est plus orienté pour les plus grands. De plus, les personnages sont plutôt fouillés et intéressants, surtout le tandem Osmosis / Drix, deux personnages attachants et plus vivants que les acteurs réels du film.

Ce qui est aussi admirable dans ce dessin animé, c’est que les frangins exploitent à merveille l’idée principale du film, celle d’assimiler l’organisme humain à une mégalopole, et ce à travers une fiction. En résulte de multiples métaphores amusantes (le film semble d’ailleurs être très bien documenté), des clins d’œil en pagaille (et pas seulement aux films), une idée par plan, et un comique de situation sans cesse renouvelé, les réalisateurs faisant preuve d’une imagination débordante, le contexte du dessin animé le leur permettant. Par exemple, les rêves de Frank sont les films qui alimentent les cinémas à l’intérieur de son corps ! Pas infantile du tout (ce qui est étonnant de la part des réalisateurs), "Osmosis Jones" propose une aventure animée énergique et inventive, certes un peu entachée par la partie live, ou, pour le coup, les deux frangins semblent bien moins inspirés et balancent la morale dans ces scènes là plutôt que dans leur dessin animé, comme si le dessin animé était leur bébé, et la partie live leur contrainte. Les séquences réels sont d’ailleurs les seules scènes à être parfois vulgaires, voir de mauvais goût (Bill Murray qui vomit sur une prof…), comme si les Farrelly livraient vite fait dans ces scènes ce qu’on attendait d’eux pour pouvoir tranquillement s’éclater (en compagnie de leur scénariste) avec LEUR dessin animé, bien qu’ils n’en soit pas les réalisateurs à proprement parler (Pietr Kroon et Tom Sito sont les deux réalisateurs de la partie animée).

Techniquement, si les séquences live sont à peine dignes d’une sitcom (les Farrelly tournaient ça pendant leur pause ou quoi ?!), le dessin animé est très chouette et fantaisiste, pas révolutionnaire (technique classique de persos en 2D évoluant dans des décors 2D ou 3D, on pense aux derniers Disney en date) mais très fluide, aussi bien dans l’animation des personnages que dans les scènes d’action. Les décors et les éclairages (quelques très beaux effets) sont particulièrement soignés. Le graphisme est aussi simple qu’efficace, les couleurs agréables (alors que l’intérieur du corps humain, c’est plutôt moche) et les personnages sont esthétiquement très réussis (mention au méchant et à Drix la gélule), originaux et pas ridicules. De plus, ils s’intègrent parfaitement dans le décor et sont même plus crédibles que les acteurs réels du film (dont Chris Evans en ami de Bill Murray, Evans était aussi l’ami allergique de Ben Stiller dans "Mary à tout prix"). Coté voix, Chris Rock est Osmosis, David Hyde Pierce (qui prêtait aussi sa voix à Abe Sapien dans "Hellboy", on a vu l’acteur dans "Bye bye love" et "Full Frontal") est Drix et Laurence Fishburne est Thrax le virus (d’où la grosse référence à "Matrix"). Et au vu des références du film, ce n’est pas un hasard si l’on retrouve Joel Silver (la voix du commissaire !), Ron Howard et William Shatner dans le casting vocal !

Finalement, on se demande si la réussite du film est à mettre au crédit des frères Farrelly (qui avaient auparavant déjà bossé dans l’animation, sur l’adaptation animée de leur "Dumb and Dumber") : les scènes qu’ils ont réalisé (les séquences live) sont les plus mauvaises du film et font tâche, tandis que le dessin animé, réalisé par Pietr Kroon et Tom Sito (et 650 autres collaborateurs), est une petite merveille d’intelligence et de divertissement fun. D’autant plus que les frangins ne sont pas les scénaristes de leur film. Quoiqu’il en soit, à cause des ces scènes live, "Osmosis Jones" est un film inégal, bancal, mais dont la partie réussie compte bien plus que la partie foirée. Le film méritait un tel bide. Mais pas le dessin animé !

6,5 / 10
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