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| De HellJohn | Note : 6/10 |
pas si mal...
Le premier "Amityville" ne m'a pas particulièrement marqué, sans doute parce que je l'ai découvert assez tard (j’avoue même avoir mis du temps à calculer la parodie de "Amytiville" dans "Scary movie 2"). C'est pour ça que le remake était intéressant à faire, il aurait pu surprendre. Je trouve le premier trop vieillot, ennuyeux bien qu’intriguant. Un de ces films qui ont perdu toute leur puissance avec les années. Reste la prestation hallucinée de James Brolin (Ryan Reynolds à sa place, je le sentais pas trop) et un final dantesque, bien que la conclusion soit décevante (ben la p’tite famille s’en sort, quoi, et finalement, il y a bien peu de victimes et d’action). Le remake de ce pourtant classique du film de maison hantée aurait donc pu dépoussiérer le thème, renouveler le mythe.
Mais qu’apporte finalement le nouveau "Amytiville" par rapport à l’ancien ? Du punch…et c’est tout ! En effet, alors que les remakes récents changeaient radicalement d’histoire, d’intrigue, de personnages, de style voir même de genre par rapport à leur prestigieux modèles (par exemple, "Massacre à la tronçonneuse" ou "L’armée des morts"), nous donnant alors des films totalement indépendants des films originaux, le remake d’ "Amytiville" est exactement le même que le film de 1979, mais dépoussiéré. En cela, c’est une réussite, le film a bien plus d’impact et de rythme (il ne dure qu’une heure et demi) que le film de Stuart Rosenberg, les images sont soignées, limite propres (on est loin de l’image granuleuse de l’original), la photo est belle, il y a un peu plus de violence, certains effets surprennent…car oui, "Amytiville" réserve pas mal de petits moments de frousse, et ce malgré le classicisme de l’histoire. Déjà que le premier "Amytiville" alignait pas mal de clichés, le nouveau reprend les mêmes et en rajoute même une couche dans le déjà vu. Car il y a plus de 25 ans de films de maison hantée et de films satanistes entre le "Amytiville" modèle et le "Amytiville" nouveau, soit 25 ans de clichés regroupés dans le film de Andrew Douglas (son premier film), 25 ans de petite fille fantôme bien crade, 25 ans du coup du miroir, 25 ans de volets ou de portes qui s’ouvrent tout seuls, d’ampoules qui grillent, de chien qui aboient sur on ne sait quoi, 25 ans de scènes de cauchemar, d’exorcisme, de malédiction, 25 ans de voix mystérieuses, d’hallucinations…bref, "Amytiville" 2005 est un vrai best of du genre. Si le film surprend parfois, c’est uniquement grâce aux effets (pourtant attendus), à une bande sonore qui accroche et à une réalisation efficace. L’histoire n’apporte rien de neuf, alors qu’ils auraient au moins pu changer la fin par rapport à l’original (pendant un instant, on y croit, on se dit « ils l’ont fait, yes ! »…et puis en fait, non). C’est dommage que ce remake loupe une bonne occasion d’innover. Même Ryan Reynolds ressemble étonnement à James Brolin. Lui qui foutait en partie en l’air "Blade Trinity" est ici l’une des principales qualités de ce remake, alors que les autres acteurs sont plutôt anecdotiques (la belle Melissa George, les gosses ridicules et ce bon vieux Philip Baker Hall, encore plus absent à l’écran que ne l’était Rod Steiger avant lui dans le rôle du prêtre).
Le coup du « inspiré d’une histoire vraie » ne fonctionne plus comme avant (et on y croit encore moins), mais même si on connaît déjà l’histoire, on se laisse porter par le suspense (certaines séquences saisissantes), la narration étant beaucoup plus rapide que dans l’original, un peu trop même (on passe du premier jour au 22ème, puis directement au 28ème !). Non seulement on sursaute parfois, mais en plus on parvient à avoir quelques frissons, comme quand le prêtre annonce à la mère la provenance de l’ours en peluche. Classique mais efficace.
Ce remake reste donc un honnête suspense, bien torché et divertissant, mais qui n’apporte vraiment rien par rapport au genre ni par rapport au film original. Pire, au lieu d’ajouter des scènes, "Amytiville" 2005 en retire (l’ancien durait 25 minutes de plus). Tant pis pour la cohérence, le rythme est au moins plus vif que dans l’original. Un peu comme "L’armée des morts" par rapport à "Zombie", "Amytiville" privilégie l’efficacité à la psychologie, la durée courte et un film rapide à un film plus long et au rythme plus lent, le punch à l’immersion…Malgré ça, certaines scènes sont encore en trop dans le nouveau "Amytiville", comme ce ridicule plan final dans la mouvance de "Freddy" et autres "La ferme de la terreur". Aussi peu d’inventivité est étonnant de la part du scénariste Scott Kosar, lui qui nous avait tant surpris avec sa nouvelle version de "Massacre à la tronçonneuse". "Amytiville" est lisse, conventionnel, déjà vu (on y trouve même du "Hypnose" ou du "Ring" !), un produit pour les jeunes d’aujourd’hui de la même manière que le film sorti en 1980 était un produit pour les jeunes et les couples de l’époque. Sauf qu’en 1980, ça pouvait encore surprendre.
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