|
|
| De HellJohn | Note : 4/10 |
mauvais...
Vu comme ce film a été massacré par la presse, je m’attendais vraiment à quelque chose de catastrophique. Mais comme je le dis souvent, le seul moyen de savoir si un film est bien ou pas, c’est d’aller le voir. Et "L’empire des loups" n’est pas si nul qu’on a bien voulu le dire. En fait, son vrai problème est qu’il ne tient pas sur sa durée (2 :10, quand même). Pourtant, la première partie est plutôt bonne. Les deux intrigues (d’un coté trois meurtres d’un prétendu tueur en série, de l’autre une femme qui a de sérieux problèmes de mémoire) captivent, Chris Nahon pose une ambiance sombre, noire, glauque, sans pour autant sacrifier sa réalisation (ça a beau être glauque, la photo et les plans restent soignés, du moins quand il n’y a pas d’action). Mieux, on sursaute même quelque fois grâce aux tourments du personnage de Anna (l’excellente Arly Jover) et certains passages donnent des frissons (Anna qui découvre des cicatrices sur elle…), pour peu que l’on n’ai pas déjà lu le roman de Jean Christophe Grangé auparavant. Hélas, ça s’aggrave lorsque les deux intrigues se rejoignent (au bout d’une heure / ¾ d’heure). Ca devient alors de plus en plus confus, de moins en moins cohérent. Non pas que ça soit difficile à comprendre, mais plus on en apprend, moins ça nous intéresse, jusqu’à un quart d’heure final d’une bêtise ahurissante, une fin chaotique qui frôle l’indigeste et qui donne l’impression que le film a été bâclé n’importe comment. Le générique de fin arrive d’ailleurs comme une merde (je crois que je n’ai jamais vu un générique de fin aussi mal placé), laissant le spectateur seul à se demander le pourquoi du comment. Le récit laisse une multitude d’incohérences derrière lui, parfois en les camouflant (Comment Jean Reno peut il faire une chute de 15 mètre et être écrasé par un escalier, et s’en sortir sans avoir une égratignure ? Et c’est quand l’un des personnages lui demande que la conversation est détournée). Ca tourne au ridicule, d’autant plus désolant que l’un des scénaristes est Grangé lui-même et qu’il semble se foutre royalement de l’issue de l’adaptation de son roman. Si le film ne se prenait pas autant au sérieux, ça passerait, mais non, "L’empire des loups" est un film on ne peut plus sérieux (c’est pas une production Besson), limite si ça sent pas la prétention.
Ceux qui n’aiment pas "Les rivières pourpres" devraient éviter de voir ce film, qui n’est rien de moins que la même chose mais en moins bien. Un sous "Les rivières pourpres" qui en reprend tous les éléments : ambiance poisseuse, deux inspecteurs (Reno en flic bourru et bourrin + un jeune inspecteur), des cadavres découverts (avec la scène d’autopsie, bien sûr), un ennemi qui en cache plusieurs (une sorte de secte), femme tourmentée et fatale, jusqu’à la grosse scène d’action de fin qui supprime tout éléments de réponses (mais au moins, celle de "Les rivières pourpres" était vraiment bien faite et spectaculaire). Evidement, ce sont deux adaptations d’un roman de Grangé donc on y retrouve forcément le même univers, mais contrairement au film de Kassovitz, "L’empire des loups" est un film creux, sans personnalité. On a vraiment l’impression que "L’empire des loups" veut concurrencer "Les rivières pourpres", ou reproduire son succès.
Quand aux scènes d’action, elles sont cacophoniques et très mal foutues (la poursuite dans les sous sol est illisible). Et qui retrouve t’on en réalisateur de seconde équipe ? Julien Seri, le réalisateur du trop ambitieux "Les fils du vent", dont le bordel final rappelle fortement celui de "L’empire des loups" (mais le bordel final de "Les fils du vent" avait au moins le mérite d’être fun, celui de "L’empire des loups" est bien triste).
Quand au réalisateur Chris Nahon (lui aussi un ancien poulain de Luc besson), il avait déjà déçu avec "Le baiser mortel du dragon", bon film d’action quand même ou l’on pardonnait au réalisateur des erreurs de débutants. Ici, bizarrement, l’action est bien moins maîtrisée que dans "Le baiser mortel du dragon" Quand a Jean Reno, il est à l’image du film : il a de la gueule, mais il est creux.
Reste donc une première partie très honorable et une actrice étonnante, Arly Jover, assez proche de la Geena Davis de "Au revoir à jamais". Encore une grosse production française décevante qui avait pourtant un bon potentiel.
|
|
|
|