bomba fat
Monsieur Moury...

francis moury
Pour David : confirmation point par point

 
De francis moury
Note : /10
Pour David : confirmation point par point

"Inceste, bestialité, lesbianisme, nécrosadisme.." : oui. Ces thèmes sont présents.
"Inceste" : le rapport possessif objectif père-fille entre Jacqueline Pearce et Noel Willman renvoie à la figure structurelle d'un rapport incestueux. Bien sûr c'est non donné matériellement mais la structure est là, dans le scénario et dans la mise en scène aussi.

"Bestialité" : encore oui. Pourquoi ? Jacqueline Pearce est une belle femme qui ne connaît de contact avec un homme (attiré ou fasciné par elle, son charme, sa beauté, sa souffrance) que sous la forme d'un monstrueux serpent qui les agresse. Figure à peine symbolique de la bestialité (rapport sexuel homme-animal) et superbe symbole freudien en outre : une femme-serpent agressant des hommes ! Merveilleux matériel onirique passible de bien des interprétations, n'est-ce pas, dans le champ analytique.

"Lesbianisme" : oui. Pas filmé bien sûr. Ecrire "lesbianisme" ne signifie pas forcément que vous verrez une "scène de lesbienne" à l'écran. Cela signifie en revanche que la scène - géniale je le répète - où Jacqueline Pearce fait visiter son vivarium d'animaux à Jennifer Daniel est symboliquement passible d'une révélation intime de sa "puissance" à une autre femme, fascinée par le non-dit obscur auquel renvoie l'étrangeté de la situation. De cette fascination ressentie d'une femme pour une autre, l'angoisse provient en 1966 du tabou lesbien non-dit qui sous-tend la scène.

"Nécrosadisme" : pas au sens où un psychopathe nécrosadique mutile ou torture des cadavres pour obtenir une jouissance. Mais le fait que des cadavres soient transformés en objet de terreur, modifiés, rendus méconnaissables par leur transformation, puis abandonnée dehors avant d'être enterré (le fou du village par exemple) apporte une petite touche de nécrosadisme objectif qui contribue à l'angoisse globale. Et surtout le thème est que l'homme devient - sous nos yeux - proie : son cadavre noirci témoigne d'une "consommation" par la femme-serpent. Non seulement d'une consommation mais d'une transformation fantastique : ce qui arrive aux lapins mordus par un cobra ou une vipère (le résultat du venin de Jacqueline est un mélange des deux symptômes : ulcérations et étouffement), arrive aux hommes à plus grande échelle. Leur cadavres ne sont plus des cadavres ordinaires mais des cadavres "animalisés" si je puis me permettre ce néologisme.

Bon voilà pour la justification de ces termes, cher David.

Concernant le reste de votre message, ma foi.

LE MASQUE DU DEMON de Bava est un chef-d'oeuvre, oui. Et alors ? Faut-il pour cela ne pas dire que LA FEMME REPTILE en est un autre ?

LE CHIEN DES BASKERVILLE : version Fisher je suppose ? Car vous savez qu'il y en a un certain nombre d'autres. C'est aussi un chef-d'oeuvre comme la majorité des films fantastiques de Fisher. Et c'est de toute évidence la meilleure version jamais filmée à l'écran du roman de Conan Doyle. Est-pour cela qu'il ne faut pas dire que LA FEMME REPTILE est une chef-d'oeuvre ?

Ces comparaisons hétérogènes sont aberrantes et dénuées de sens : car votre reproche ne tient pas sur le principe.

Quoi d'autre ?
Ah oui vous disiez qu'on a produit des "centaines d'autres semblables" dans les années 1950 et 1960.
Vous pensez à quoi en particulier ? Dites-le moi : vous m'intéressez subitement beaucoup !
Allons-y donc cher David : une petite filmographie des femmes reptiles dans l'histoire du cinéma mondial, please. J'attends de pied ferme. (sourire).

Enfin votre dernier argument (ou le premier, mais enfin cela ne change pas grand chose) : je suis trop enthousiaste concernant ce film que vous n'aimez que moyennement alors que je le considère comme admirable.

Eh bien... ma foi... soyons logique : si je considère ce film comme génial, n'est-il pas naturel que je le défende avec passion ? Ce serait le contraire qui serait anormal je pense !

Enfin votre mot de la fin : mon texte pourrait induire un acheteur potentiel à passer à l'acte ?

Réponse : tant mieux ! je lui donne rendez-vous ici même, à votre acheteur abusé par ma trop bonne critique afin qu'il nous dise s'il préfère votre jugement critique ou le mien. Après vision, of course.

Je conclue cette réponse en réitérant d'ailleurs ce conseil avec la même ardeur : achetez LA FEMME REPTILE qui est un des chefs-d'oeuvre de John Gilling et un des plus beaux et des plus originaux Hammer jamais réalisés, hors filmographie fishérienne bien sûr.

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