Sur le livre...
Le bouquin d’Ellis est surtout une charge contre l’individualisme, une description froide et cynique de l’Amérique réganienne. P.Bateman en est le porte drapeau, consommateur frénétique, personnage désincarné. Je ne pense pas comme L.Pecha qu’il s’éloigne des « vraies valeurs de la vie »(sic !), mais qu’il est, comme chacun de nous, le pur produit de son environnement. Il fait bien plus que de consommer des crèmes au lait d’amandes et des masques exfoliants à la menthe, tout son univers mental est déstructuré, façonné par MTV et CNN. Sa vision du monde se résume à un patchwork confus, mélange de slogans lénifiants, de fantasmes et de bons sentiments formatés. Sans consistance, sans personnalité, hermétique aux sentiments, l’unique valeur respectable est inscrite sur l’étiquette de son costume Cerruti en laine peigné. Toutes les personnes qui gravitent dans son monde se ressemblent. Impossible d’identifier untel de l’autre. Tous sortis du même moule, diplômés des mêmes écoles, fréquentant les mêmes lieux, baisant les mêmes filles, possédant les mêmes critères de valeur. Lorsqu’il torture et tue le clochard noir dans une ruelle, ce n’est pas une simple scène gore, mais une mise en exergue de la politique sociale américaine, de son désengagement envers les plus démuni. Un très bon livre et bien plus qu’un simple « serial killer like ». Pour ce qui est du film, l’adaptation est bien trop frileuse à mon goût, et pour le reste je partage l’avis de L.Pecha. A lire plus qu’à voir.
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