bon ben je rebalance mon avis...
Je ne sais pas quoi dire. J’ai une maladie : je suis baysexuel (peut-être pas à un stade aussi avancé que KKBB). J’aime les films de Michael Bay, j’aime son bordel filmique, ses délires visuels, ses spectacles décérébrés et hallucinants…et forcément, j’adore "The Island". Certes, on peut trouver bien des défauts à ce film, énorme bide aux USA, mais pourtant, je n’arrive pas à les exprimer. Disons qu’une histoire aussi intéressante, bien que sans doute inspirée par d’autres films de science fiction, aurait aisément pu se passer de scènes d’action. En effet, les monstrueuses séquences d’action de "The Island" sont totalement gratuites, et Bay ne peux s’empêcher de déverser sa folie destructrice, quitte à se répéter, mais en mieux. Pyrotechnie, destruction massive des décors et des véhicules, course poursuite effarante (le film en lui-même est une grosse course poursuite, mais l’incroyable scène de poursuite centrale du film est assurément le chef d’œuvre du réalisateur), personnages qui ne cessent de courir (la fuite est le thème central du film)…Bay mise tout sur les sensations, laissant de coté les quelques scènes émotionnelles (ratées mais pas désagréables), et ne trompe pas sur la marchandise, comme à son habitude, même si son nouveau film est moins épileptique que ses précédents. "The island", malgré son sujet plutôt sérieux et risqué (d’où la déception au box office ?), reste un film de Michael Bay, aussi bien dans la forme (réalisation furieuse, mais le cinéaste s’améliore de film en film, et "The Island" est techniquement le plus abouti de sa carrière), avec une photo appuyée mais toujours aussi magnifique, que dans le fond (touches d’humour gras, détails gore jouissifs…).
Le fond, justement, plus réfléchi que d’ordinaire chez le cinéaste, donne lieu à une histoire palpitante (même quand il n’y a pas d’action, contrairement à "Pearl Harbor", l’autre film « sérieux » de Michael), certes truffée d’incohérences (ceux qui aiment bien descendre un film en relevant toutes les incohérences vont s’en donner à cœur joie), mais jubilatoire de bout en bout et qui pose même certaines questions intéressantes. Bien qu’il soit produit par Dreamworks, "The Island" ressemble fort à un divertissement made in Bruckheimer (le casting de seconds rôles s’en ressent fortement), jusqu’à la puissante musique, composé par un énième élève de Hans Zimmer, Steve Jablonsky (à qui l’on doit le faramineux score de "Steamboy"). "The Island" est un film 100% Michael Bay, juste un peu plus profond et intéressant que d’habitude. Son film fourmille d’idées folles et exploite bien mieux le thème du clone qu’un "A l’aube du 6ème jour", par exemple. Le couple vedette, Ewan McGregor et Scarlett Johansson (deux acteurs d’ordinaire plus habitués aux films indépendants) est efficace et presque glamour. D’ailleurs, "The Island" possède un certain glamour exacerbé particulièrement euphorique, mélangé à l’humour con et à un certain mauvais goût très présent dans le cinéma de notre californien préféré. "The Island" est en fait un blockbuster aussi con qu’intelligent (!). En tous cas un blockbuster esthétiquement très soigné et assez recherché, dans son illustration plausible (et pas abusive) du futur. Visuellement, c’est donc la claque. "The Island" est un gros film de science fiction maîtrisé et ultra spectaculaire (cette course poursuite au milieu du film restera longtemps une référence), un divertissement intense et sensationnel, ce qui est de plus en plus rare ces temps ci.
Certaines scènes sont plutôt décevantes (l’évasion du centre par Ewan et Scarlett, l’assaut final, une courte course poursuite avec deux Ewan dans une voiture de luxe…) mais emportent pourtant l’adhésion, parce que Bay a un sens du spectacle inné et que l’on ne s’emmerde pas une seconde pendant 2 :15 ! On ne paie pas notre place pour rien, et Bay nous en donne pour notre argent. Beaucoup de réalisateurs ne peuvent pas en dire autant. On en prend plein la tronche et on adore ça !! De plus, ce "The Island" fait partie de ces films qui risquent bien de prendre de la valeur avec le temps. Quand j’y repense, c’est l’un des meilleurs films que j’ai vu l'été dernier.
Donc COMPULSION pour le Z2, cela dit pas compulsion immédiate. Le dvd (moyen, d'ailleurs) passera vite en promo, alors autant attendre quelques mois de plus.
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