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TOP 20 DES LECTEURS : Darko

Commençons la semaine avec le top 20 de Darko, bien argumenté et contenant quelques inédits. Vous aussi, rédigez votre Top 20 et envoyez le à [email protected].

Conspué pour avoir critiqué les films chéris de nombre de forumeurs, je reviens à la demande de quelques uns et au grand désespoir des autres pour vous livrer une tentative de classement de 20 de mes films préférés. Pas d'ex aequo (c'est triché) mais ça a été terrible de ne choisir qu'une vingtaine de titres. Ca ne fera sûrement pas autant parler que l'infamante liste noire du flop 20 mais il y aura moins de tâches de sang sur les bobines (quoi que...).
« Every living creatures on this earth dies alone »
Enjoy



L'étrange noël de M. Jack (T. Burton)
Le lapin de paques a failli se faire charcuter à la hache... Tim Burton étale son amour des freaks en tout genre à travers ce conte gothique décalé, dans lequel le père noël se fait kidnapper par le seigneur d'Halloween qui souhaite organiser la fête à sa place. L'animation permet à Burton de laisser s'exprimer librement son imagination fertile en délires visuels. Accompagné de Henry Selick, il met en scène un univers inédit et très personnel (puisque Burton dessine tout) où les monstres en tout genre sont les stars (rien à voir avec les mièvreries style Monstres & Cie), avec leur look façon film d'horreur estampillé Hammer. Ainsi la galerie de créatures d'Halloween town est le reflet sombre mais ô combien plus attachant d'une Amérique lisse représentée par Christmas town. Outre la constante inventivité graphique, Burton parle d'amour, comme souvent, et plus particulièrement de la difficulté d'aimer quelqu'un de différent. Et le faire grâce à un flirt entre un squelette et une poupée typée Frankenstein, fallait oser. Véritable film somme de toutes les obsessions de son auteur, L'étrange noël ne serait pas aussi beau sans la bande son à couper le souffle de son fidèle collaborateur Danny Elfman (qui prête sa voix au héros), alternant avec génie chansons de noël dégénérées, hymnes d'halloween démoniaques, et blues du boogeyman. Déjà tout petit j'aimais bien les monstres, Tim Burton aussi et il leur rend le plus beau des hommages.
« Life's no fun without a good scare »

Austin Powers in Goldmember (J. Roach)
Désolé pour les détracteurs de l'humour régressif mais moi je cautionne. Yeah baby ! Alors oui les gags volent parfois assez bas, mais je n'y peux rien, j'aime l'humour fin et distingué. D'ailleurs les Monty Pythons ont eu leurs grands moments dans le genre (cf la scène du restaurant dans Le sens de la vie). Et Austin Powers c'est aussi et surtout un film emblématique du courant post-moderne : on refuse la modernité et on s'approprie les codes du passé dans un joyeux patchwork anachronique. Intéressant à plus d'un titre puisque les thèmes abordés par Michael Myers sous l'avalanche de gags sont la perte de repères en l'absence de figure parentale, la virilité, la place de l'homme dans la société, ou encore la revendication de l'hédonisme comme religion. Ce film (et ses deux volets précédents) est très personnel de la part de Myers, et acquiert par conséquent une dimension bien plus respectable que la simple parodie, qu'il est aussi, à laquelle on le réduit trop souvent. En parlant de parodie, les nombreuses scènes faisant référence à des films connus (James Bond of course, mais aussi Le silence des agneaux, la blaxploitation et Foxy Brown etc.) sont toujours bien vues. Aucun temps mort pour peu qu'on adhère à cet humour particulier, c'est-à-dire grivois, méchant, parfois gratuit et très porté sur l'autodérision. Je conclus avec une de mes citations préférées : “There are two kinds of people I can't stand. Those who are intolerant of other cultures, and the Dutch



Dernières heures à Denver (G. Fleder)
Chef d'oeuvre méconnu du film de gangsters, cette bobine est pourtant extraordinaire à plus d'un titre. L'histoire est certes classique, un gangster doit faire un choix qui conditionne sa mort, mais moult situations et détails sont originaux et regorgent d'un humour bien particulier : le parrain local est en fauteuil roulant, les gangsters paniquent en braquant un convoyeur de fond, des scènes clés se déroulent dans une société de testaments vidéos, et le fameux blé noir, châtiment suprême du méchant de service incarné par l'impérial Christopher Walken... Sur un scénario bétonné, les acteurs sont tous excellents (Andy Garcia dans sa meilleure prestation ?), les seconds rôles jubilatoires, et le milieu du crime décrit ici n'est pas le miroir aux fantasmes clinquant des Affranchis. Avec un final à vous tirer une larme, Dernières heures à Denver s'impose comme le film noir de ces (20 ?) dernières années.

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