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LA PAROLE AUX PROFESSIONNELS : LE CHEF OP DE LARGO WINCH

Tout sur LARGO WINCH - LE FILM - La Critique - Photos - Le 2008-12-19 03:09:51


« Denis, c'était déjà mon chef opérateur sur Anthony Zimmer. Et je l'ai choisi pour une seule raison : la qualité de son travail. Je viens de la photo, c'est un domaine qui me passionne et lorsque j'ai cherché un chef opérateur, j'ai réfléchi aux films français qui m'avaient marqué et intéressé au niveau de la photographie. Pas seulement les bons films d'ailleurs. Et c'est comme cela que j'ai repéré Denis. En effet, en regardant sa filmographie et en dehors de la qualité générale des films, son travail me plaisait. On a donc fait le premier film ensemble et de là, est née une vraie complicité. Au-delà maintenant de son travail, remarquable au demeurant, on a une véritable relation humaine fondée sur la confiance. Par exemple, on supporte tous les deux l'OM, ça crée des liens, tout comme le fait qu'il soit de Marseille et moi du Sud. Par conséquent, c'est très simple de travailler avec lui. Et puis, il possède exactement toutes les qualités que j'attends des gens qui m'entourent sur un plateau, surtout quand on fait un film aussi dur. C'est un type fort dans son travail mais c'est aussi un type bien. Et j'essaie systématiquement de m'entourer de personnes que j'estime pour pouvoir travailler en confiance. Et il correspond parfaitement à tout cela. »

Jérôme Salle

Nous avons eu le plaisir de nous entretenir longuement avec Denis Rouden, le chef opérateur de Largo Winch - le film, qui en plus de son travail avec Jérôme Salle connaît une collaboration fructueuse avec Olivier Marchal l'ayant amené à signer l'image de 36, quai des orfèvres et MR73. Déjà une belle carte de visite donc. Mais laissons la parole à Denis Rouden...




LARGO WINCH - LE FILM de jérome salle

Comment avez-vous rencontré Jérôme Salle ?
Jérôme, je l'ai rencontré sur Anthony Zimmer, notre première collaboration. Il avait vu divers films que j'avais éclairés auparavant et il m'a contacté. Nous nous sommes vus. Il avait aimé ce que je faisais et cherchait quelqu'un pour son premier long. Autour d'un café, comme cela se fait souvent, il m'a parlé de ce que j'avais fait, de ce qu'il attendait et des films qu'il aimait. Très vite, le contact est passé. Nous avons commencé à parler cinéma et bien vite, la conversation s'est élargie. Nous nous sommes bien entendus assez vite malgré une légère différence d'âge. Nous avons les mêmes goûts cinématographiques et pas mal de points communs. Je suis de Marseille par exemple et lui vient également du sud. Nous avons assez vite sympathisé et quelques jours après, c'était fait. Après, il faut passer à la pratique, au concret. Et c'était très fluide. Une véritable complicité est née et beaucoup plus vite qu'à l'accoutumée. Lorsque je repense à Anthony Zimmer, j'ai l'impression que tout est passé rapidement, de manière extrêmement facile. J'ai l'impression d'avoir fait corps avec lui ; je n'ai pas le souvenir de discussions un peu compliquées ou de tensions. C'était évident. Et in fine, nous avons fait un film réussi. D'autant plus que Jérôme était un réalisateur assez aguerri pour un premier long-métrage. Et pourtant, il avait à gérer une production assez lourde avec des comédiens comme Sophie Marceau et Yvan Attal. En somme, rien de simple. Bien moins lourde que celle de Largo Winch - le film certes mais tout de même conséquente. En effet, il a fait cela avec une maturité rare. On aurait pu penser que c'était son troisième ou quatrième long-métrage. Il a beaucoup appris mais il a été très vite à l'aise et surtout, il écoute énormément en étant très ouvert. Cela fait partie des talents que l'on retrouve chez les grands réalisateurs.




LARGO WINCH - LE FILM de jérome salle

Et comment êtes vous arrivé sur le tournage de Largo Winch ?
Comme les choses s'étaient bien passées sur Anthony Zimmer, Jérôme m'a très vite parlé de Largo Winch - le film. Nous étions effectivement restés en contacts très étroits et donc bien vite, il m'a dit vouloir adapter Largo Winch au cinéma. Nous avons parlé du scénario mais il y avait beaucoup à faire vis-à-vis de la bande-dessinée. Et donc au fur et à mesure de l'écriture, nous en discutions. Puis, il m'a dit à quelle époque se passerait le tournage. C'était alors évident que nous collaborerions à nouveau ensemble sur son second long. A ce propos, avant Largo Winch, j'ai travaillé sur MR73 d'Olivier Marchal, une autre belle rencontre comme avec Jérôme. Et là aussi, une complicité très forte s'est nouée. D'ailleurs, j'ai fait 36, Quai des orfèvres avant Anthony Zimmer. Et là encore, cela s'est passé de la même manière j'ai fait les deux mêmes enchaînements, puisque j'ai fait MR73 avant Largo Winch - le film. Et dans les deux cas, c'étaient mes premiers films avec Olivier et Jérôme. Quand je suis arrivé sur le film de Jérôme après celui d'Oliver, Largo Winch était lancé. La production avait commencé et les premiers repérages avaient eu lieu. Ainsi, une fois MR73 terminé, je suis parti en repérages à Hong-Kong, à Malte, en Sicile, un peu partout ; Et comme cette phase a pris du temps - au moins deux mois -, nous avons eu le temps de parler du film, profitant de ces moments d'intimité où toute l'équipe n'est pas là. Il m'expliquait comment il voyait le film, certains plans, de paysages... Tout cela nourrit. Et donc sur le tournage, tout était calé et d'un point de vue artistique, « ça coulait ». Après, on a commencé les prises de vues et c'était parti. Cette grosse préparation qui a eu lieu plus d'un an avant le tournage et que Jérôme a faite a servi énormément et le fait que j'ai eu beaucoup plus de temps que d'habitude sur le tournage a joué aussi. En effet, un chef opérateur reste quinze jours ou trois semaines alors que là, la production a accepté pour Largo Winch que je fasse deux mois. En termes d'implication et de moyens, c'est mon plus gros film d'ailleurs. Et ça méritait cela car quand on est bien préparé, tous les imprévus et autres impondérables sont envisagés autrement. Sur un tournage, il y en a toujours notamment dans les pays étrangers au sujet de la météo, des moyens que l'on espérait ou des équipes qui ne sont pas toujours au niveau. En somme, trois fois rien si l'on est bien préparé. Et pour Largo Winch, tout était cadré, efficace et on travaillait vite.

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