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LE TOP 20 DES LECTEURS : Genséric

Genséric nous gratifie aujourd'hui d'un top 20 assez atypique. Vous aussi, rédigez votre Top 20 et envoyez le à [email protected].

Il est bien évidemment impossible et vain de vouloir dresser la liste de ses vingt films préférés tant cette sélection peut être fluctuante en fonction de son humeur, de son envie et de des critères retenus. C'est pourquoi la liste que je vous propose n'a pas la prétention d'être composée des « ultimes chefs d'oeuvres du septième art » mais constitue une modeste contribution à cette rubrique élaborée à partir de coups de coeur et d'oeuvres avec lesquelles j'entretiens des rapports personnels et auxquels je repense souvent.
J'ai renoncé à classer ces oeuvres dans un quelconque ordre car leur ordonnance relève pour moi d'un labeur impossible.
En espérant que ma liste vous apportera quelque satisfaction et qu'elle vous donnera surtout envie de découvrir ou de redécouvrir certains longs métrages, je vous souhaite, amis cinéphiles, une bonne lecture.



BARRY LYNDON

Schubert, Vivaldi, Haendel, Purcell...Constable, Turner, Fragonard, Gainsborough.... La richesse artistique de cette oeuvre est inouïe. Stanley Kubrick voulait réaliser « un documentaire sur le dix-huitième siècle », il apporta une préciosité sur chaque cadre, chaque costume, chaque éclairage.
Le film contient très peu de plan relativement à sa durée mais ils sont tous d'une beauté formelle qui approche la perfection. La pellicule utilisée, l'éclairage du film à la bougie ainsi que la luminosité particulière des campagnes anglaises et irlandaises apportent au film un caractère authentique qui transporte littéralement le spectateur au sein de l'oeuvre de W.M. Thackeray.
Cette histoire, construite sur un plan traditionnel, d'ascension sociale puis de décadence facilite l'immersion du spectateur dans l'action grâce à l'utilisation d'une voix off omnisciente extérieure au récit. De plus, l'intensité dramatique de chaque scène est sublimée par la pertinence des choix musicaux (Sarabande d'Haendel, Trio de piano de Schubert, Concerto pour violoncelle de Vivaldi) qui s'intègrent parfaitement au récit.
Le choix et la performance de Ryan O'Neil pour le personnage de Redmon Barry furent remarquables mais c'est surtout Marisa Berenson qui illumine le film de toute son élégance dans le rôle d'une femme délaissée et trompée qui tente de conserver sa dignité.
Stanley Kubrick a réalisé une sublime oeuvre d'art sur la vanité des apparences au travers d'un récit ample et lyrique et d'une mise en scène sobre et inspirée.

Barry Lyndon est tout autant un concert classique qu'un musée de peinture.

LE FEU FOLLET

Le feu follet est le seul film dont Louis Malle était entièrement satisfait. Dans cette adaptation du roman de Pierre Drieu La Rochelle, le réalisateur de Lacombe Julien et d'Au revoir les enfants analyse la neurasthénie et le mal-être avec une précision chirurgicale.
Le film raconte l'histoire d'un homme détruit, Alain Leroy incarné par l'inoubliable Maurice Ronet, qui sort d'une cure de désintoxication et qui décide de revoir ses amis durant deux jours avant de se suicider.
La mise en scène est minimaliste, l'interprétation tout en retenue et la bande originale d'Eric Satie sied parfaitement au thème du film; le rythme est volontairement lent dans le dessein de rendre encore plus dérangeantes les dernières heures d'un homme avant son suicide et c'est la sensibilité et l'intelligence de Louis Malle ainsi que l'extraordinaire composition de Maurice Ronet (l'une des plus belles du cinéma français avec celle de Romy Schneider dans L'important c'est d'aimer et celle d'Alain Delon dans Monsieur Klein) qui donnent au film toute sa force.
Le feu follet est le chef d'oeuvre méconnu d'un réalisateur souvent boudé, à tort, par la critique française et qui s'expatria durant une période aux Etats-Unis pour y réaliser des oeuvres telles qu'Atlantic city ou La petite avant de revenir terminer sa carrière en France. Il s'agit d'un film à (re)découvrir impérativement et à réhabiliter que l'on ne peut oublier et qui accompagne une vie.

A noter le remarquable travail effectué par Arte pour éditer un DVD de grande qualité technique et éditoriale.



PARFUM DE FEMME

« Le sexe, les cuisses, deux belles fesses : voilà la seule religion, la seule idée politique, la vraie patrie de l'homme »
Fausto

A côté des « trois monstres sacrés » du cinéma italien que sont Luchino Visconti, Frederico Fellini et Michelangelo Antonioni, existait des metteurs en scène tels que Ettore Scola, Mario Moniccelli, Dino Risi ou Marco Ferreri qui n'avaient pas l'ambition artistique des grands maîtres mais qui réalisaient des films populaires d'une grande sensibilité et témoins essentiels de l'évolution sociologique qui se dessinait alors dans un pays en grande mouvance culturelle et politique.
Parfum de femme fut réalisé en 1974 et constitue sans doute la réussite majeure de Dino Risi avec Le fanfaron mis en scène en 1962. Dino Risi choisit alors de confier un rôle à la mesure du talent exceptionnel de Vittorio Gassman en celui de M. Fausto, aveugle irascible et méchant qui parcourt durant une semaine l'Italie en compagnie d'un jeune militaire. Cette aventure va alors se transformer en voyage initiatique, pour le jeune homme, durant lequel il va découvrir l'amour et s'attacher au vieil aveugle.
Parfum de femme est d'une douceur et d'une émotion rare, il dégage un profond parfum mélancolique et nostalgique qui peut étonner ceux qui ne connaissent de Dino Risi que Les monstres.
La grande réussite de ce long métrage doit également beaucoup à l'interprétation magnifique et tout en sobriété de Vittorio Gassman, que Dino Risi retrouve plus de dix ans après Le fanfaron, pour laquelle il obtiendra le prix d'interprétation à Cannes.
Parfum de femme fait partie de ses films auxquels on repense souvent et dont les multiples visions n'altèrent en rien le plaisir et la jubilation éprouvés.

A noter qu'un remake américain, avec Al Pacino dans le rôle interprété par Vittorio Gassman, fut réalisé en 1992 par Martin Brest. Si ce remake souffre de la comparaison avec l'original, il n'en constitue pas moins un honnête divertissement.

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snarf1112 Genséric et Louis    27 sep
GENSERIC Droit de réponse    27 sep
nolan Elephant    27 sep
LOUIS Snarff    27 sep
kikik bravo pour ce magnifique top20    27 sep
snarf1112 Louis    27 sep
LOUIS Non, désolé    26 sep
LOUIS VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER    26 sep
fha Excepté "La dernière tentation du Christ"    26 sep
Plato La classe ce top!    26 sep
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