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20- Printemps, été, automne, hiver...et printemps de Kim Ki-Duk - Corée du Sud/2003
Avec ce film on touche à la poésie sublime. Kim Ki-Duk est un génie sachant toucher chacun au plus profond de soi. En racontant l'un vie d'un être à travers cinq saisons (une saison par étape de la vie), il donne à son film une portée universelle d'une prouesse absolue. Ici, nous ne parlons pas d'histoire en tant que telle, mais d'initiation. J'ai souvent différencié ce que j'appelle le « cinéma de but » et le « cinéma de sentiment ». En gros deux écoles : l'une qui privilégie l'histoire (et si les personnages sont développés, ils le sont pour servir l'histoire), et l'autre qui privilégie les personnages (et l'histoire ne sert « que » à nous faire mieux comprendre les personnages), nous ramenant à Molière (« il n'y a qu'une seule psychologie qui compte, celle du spectateur ») / Rousseau (« il n'y a qu'une seule chose qui intéresse l'homme, c'est l'homme), mais on dévie du sujet. Kim Ki-Duk prend son temps pour montrer son histoire, et jamais l'ennuie ne guette, le film étant d'une intensité rare (la fin peut selon moi, et tant pis si vous n'êtes pas d'accord, rivaliser avec les meilleurs scènes de Leone, tant elle nous prend aux tripes). On sort du film changé, car c'est aussi une ode au respect (et pas à la tolérance, on ne « tolère » pas la nature, c'est elle qui nous tolère).
19- Les Indestructibles de Brad Bird - U.S.A./2003
Les Indestructibles n'est pas pour qu'un « simple » film rigolo pour enfants. Certes il l'est, c'est indéniable, mais il est aussi un conte moderne sur la recherche de soi et un film d'action d'une efficacité à toute épreuve (non, ce jeu de mot n'est pas volontaire). A travers cette famille aux super-pouvoirs qu'ils sont obligés de cacher, on nous montre des gens formatés par une société qui prône l'uniformité. Tout le génie de Brad Bird a été de faire une critique de la société moderne sans en avoir l'air, en utilisant comme héros des super-héros (oui ça fait deux fois « héros » mais zut). Pour autant, le film n'oublie pas d'être un énorme film d'action. La synthèse permet tout, et ça, Brad Bird l'a bien compris, sans pour autant nous faire des plans trop impossible qui enlèveraient toute crédibilité (cf l'immonde Pôle Express). Le découpage technique est à coup sûr une véritable preuve de savoir-faire, et on ne compte plus les scènes super-efficaces (oui c'est un jeu de mot foireux, et alors ?), dont la meilleure : l'attaque de l'avion par les missiles (je pourrais me la repasser en boucle ad vidam eternam). Pour la première fois, Pixar fait un film plus sérieux qu'à l'ordinaire, et grand bien leur en a pris, Les indestructibles étant simplement ce qui est arrivé de mieux à l'animation depuis un sacré bout de temps.

18- Chungking express de Wong Kar-Wai - Hong Kong/1994
Je ne reviendrai pas sur cinéma de but/cinéma de sentiment, mais ici c'est clairement du cinéma de sentiments pur et dur. Avec ce film, Wong Kar Wai nous rappelle clairement que même si l'on le cache ou qu'on le fuit, l'amour est partout. Difficile de parler d'un tel film. Je dirais juste que Tony Leung est juste génial (comme d'habitude), Faye Wang totalement irrésistible, et puis surtout l'immortelle chanson « california dreamin' » passant en boucle dans le film lui donnant un ton aérien. Bref, c'est beau.






















