CINE : LOFT
LOFT
Un film de Kiyoshi Kurosawa
Avec Miki Nakatani, Etsushi Toyokawa, Yumi Adachi
Durée : 1h51
Sortie le 3 janvier 2006
Jeune écrivain, Reiko ne parvient plus à trouver l'inspiration dans son appartement situé en plein Tokyo, son mal être allant jusqu'à la rendre physiquement malade. C'est pourquoi elle décide, encouragée par son éditeur, de partir s'isoler quelques temps dans une vieille maison en pleine forêt. Mais un homme mystérieux s'installe peu de temps après dans la demeure voisine, amenant avec lui un objet qui semble au premier abord être un cadavre. A la fois effrayée et intriguée, Reiko commence à l'espionner.
Loft partait pourtant d'un sujet en or suscitant son lot de fantasmes. Outre la présence du voisin dont les allées et venues suggèrent des activités secrètes et, qui sait, peut-être dangereuses, c'est surtout la cohabitation avec la momie qui éveille les phobies ancestrales les plus tenaces. La plupart du temps, le cadavre se tient à la fois caché puisque recouvert de tissus, et exposé puisque placé sur une table au beau milieu d'une pièce, une dualité qui confère à sa présence un caractère obsédant. Utilisant à bon escient le décor qui environne Reiko (Miki Nakatani) - une vieille maison en bois à l'occidentale, Kurosawa parvient à créer une réelle tension dans la première partie du film, exploitant la moindre zone d'ombre, le son le plus anodin ou encore le hors champ, un exercice auquel le cinéaste est parfaitement rôdé. L'atmosphère rappelle celle du fascinant Charisma, avec cette même lourdeur, cette même sensation d'isolement au milieu de la nature, cette même impression que quelque chose de terrible peut survenir à tout moment.
Sauf que cette fois-ci, Kiyoshi Kurosawa évacue toute réflexion philosophique et décide de rompre le ton au beau milieu du film en optant pour un mélange de genres des plus hasardeux. Succédant à la tension malsaine, le romantisme désuet fait soudainement son intrusion, mettant la momie sur la touche pendant une bonne partie du métrage. Le moins que l'on puisse dire est que, sur ce plan, le réalisateur surprend son monde. Mais malgré les efforts perceptibles de ses interprètes, l'histoire d'amour qui se retrouve balancée au premier plan sans qu'on l'ait vue venir arrive comme un cheveu sur la soupe et peine grandement à convaincre, et cela en dépit de l'humanité que le toujours excellent Etsushi Toyokawa (Love Letter, It's Only Talk) parvient à insuffler à son personnage.
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