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CINE : UNE GRANDE ANNEE

Entre une Chute du faucon noir et un Kingdom Of Heaven, Ridley Scott s'était amusé le temps d'un film, s'aventurant dans un registre plus léger dans son ton et ses moyens. C'était Les Associés (Matchstick Men, 2003), petit thriller sans grande prétention mais rondement mené, réalisé, scénarisé et interprété. Après son passionnant récit sur les croisades et avant d'aller rejoindre Denzel Washington pour un film policier (American Gangster), Scott remet le couvert cette fois-ci avec un genre qui lui était à ce jour totalement étranger : la comédie romantique. Une "récréation" qui relève plutôt du challenge, d'autant qu'elle prend place dans une Provence française très propice aux clichés. La méfiance était donc de mise, Scott ayant une carrière en dents de scie, passant d'une période créatrice glorieuse (Alien, Blade Runner) à une traversée du désert (G.I. Jane, 1492 Christophe Colomb) pour enfin retrouver l'inspiration avec Gladiator .

UNE GRANDE ANNEE
Un film de Ridley Scott
Avec Russell Crowe, Marion Cotillard, Didier Bourdon, Albert Finney, Freddie Highmore
Durée : 1h58
Sortie : 3 Janvier 2007



Max Skinner, la trentaine, est un véritable requin de La City. Homme d'affaire sans scrupule pour qui seul l'argent a du sens, il mène une vie idéale de Golden Boy à Londres, plein aux as, sans conquête féminine ni amis fixes. Mais Max n'a pas toujours été comme ça : enfant, il a grandi en France chez son oncle, un viticulteur du sud-ouest. Ce passé rattrape Max aujourd'hui à la mort de son oncle : contraint de se rendre en Provence pour régler les formalités de notariat, il s'y retrouve coincé et va redécouvrir une vie qu'il avait oubliée.

En s'attaquant à une comédie romantique, Ridley Scott a en toute logique deux missions à remplir : réussir une comédie et réussir une romance. Tout démarre donc par un portrait de Golden Boy anglais, assez caricatural en apparence mais dépeignant un profil bien réel, le tout dans un humour noir assez léger. Ce ton s'avère représentatif de celui du film dans sa globalité, prenant racine dans des sujets sérieux pour n'en mettre en scène aux yeux du spectateur qu'une version "light", le but étant de le distraire le plus simplement possible. C'est un style, il faut l'accepter, nous ne sommes pas devant du "grand cinéma", mais on ne peut s'empêcher d'en garder une petite déception. Car si Les Associés était lui aussi un film sans aucune autre prétention que de distraire, sa consistance et sa rigueur lui conféraient plusieurs niveaux d'appréciations.



Ici, on reconnaît furtivement la patte de Scott le temps de quelques plans aussi anecdotiques que la mise en scène sur le reste. C'est bien simple, lorsqu'on connaît la rigueur presque maladive du réalisateur, il faut se pincer pour se convaincre qu'Une Grande année est signée de lui, tant certains plans semblent avoir été tournés à l'arrache par un caméraman avec trois jours de retard sur son planning. Nous sommes dans les vingt premières minutes du film et la déception pointe.

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