CINE : LE VIOLON
LE VIOLON
Un film de Francisco Vargas
Avec Don Angel Tavira, Dagoberto Gama, Gerardo Taracena, Mario Garibaldi
Durée : 1h38
Sortie : 3 janvier 2007
Don Plutarco et son fils Genaro sont de simples paysans jouant de la musique traditionnelle dans les villages environnants. Mais à l'heure où le gouvernement mène des opérations militaires dans leur région, ils ont pris les armes et rejoint la guérilla pour défendre leur village. Cachés dans la sierra, Genaro met en place une tentative d'assaut du village pendant que son père, en charge de son petit-fils, tente de récupérer des munitions grâce à son violon.
Les sud-américains ont une Histoire qui s'est beaucoup écrite dans la résistance pour conserver leur terre, depuis les conquistadors espagnols jusqu'aux récentes luttes populaires contre certains gouvernements. Le Violon s'inscrit dans cette lignée, présentant une histoire tout à l'honneur de cette lutte presque incessante, en mettant ici en présence des paysans devenus guérilleros contre des soldats armés. Pour autant, le film ne se complait pas dans les canons narratifs du film de guerre, et ne s'attache pas à valoriser la violence dans une représentation menée tambour battant à grand renfort d'action et d'explosions. Au contraire, ce qui est à l'oeuvre dans Le Violon, c'est une certaine idée de la lutte, mettant en avant l'attachement à la terre, la transmission des valeurs et une forte tradition artistique. A l'instar du patriarche Don Plutarco, référence à une tradition philosophique liée à Plutarque, Le Violon est ainsi un film qui transmet des idées, un patrimoine et une culture à travers un médium cinématographique parfaitement maîtrisé, en somme un film identitaire et lyrique.
La lutte comme constituant identitaire des peuples sud-américains est au coeur du film. Dans Le Violon, elle se traduit d'abord par cette résistance au gouvernement dans l'appropriation des terres paysannes, sans que ne soit rappelée en même temps une certaine lutte des classes lors de l'emprunt de la mule par le vieil homme. La nature, l'époque et le lieu précis du conflit ne seront jamais évoqués, car là encore seule l'idée importe et non les circonstances. Unique explication du conflit, ces champs de paysans, et par extension les terres géographiques du pays, sont discrètement magnifiés par la réalisation lors de nombreux plans sur des paysages, sur les guérilleros dans la forêt ou la montagne, et lors des voyages des paysans musiciens, puis de Don Plutarco à dos de mule en larges plans fixes. A l'instar des paysans se battant pour conserver leurs terres, ce patrimoine foncier que leurs ancêtres leur ont légué et qu'ils souhaitent à leur tour donner à leurs enfants, Francisco Vargas filme alors son pays comme s'il était menacé pour mieux en montrer toute la beauté, et transmettre lui aussi en quelque sorte ce patrimoine.
























