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LE COIN DU CINEPHILE EROTIQUE : PLEASE DON'T EAT MY MOTHER (CARL MONSON)

Tout sur PLEASE DON'T EAT MY MOTHER - Le 0000-00-00 00:00:00


    Portrait de Henry, non pas le tueur en série mais un vieux garçon qui aurait dû s'appeler Benoît tant il transpire la maladresse et surtout la misère sexuelle. En errant dans la rue après avoir maté un peu de cochon avec son sandwich dans la main et sa bave au bord des lèvres, il va tomber sur son premier amour: une plante verte, vendue par un fleuriste homosexuel et entreprenant, qui lui adresse la parole avec une voix féminine chaude et rassurante. Seulement voilà, la plante a faim et s'impose dans la vie du vieux jeune homme au point de l'étouffer. Comme elle est son seul amour, il hésite légitimement à s'en débarrasser. Les crimes s'enchaînent, de manière exponentielle, et c'est l'horreur assurée. Tourné avec un budget microscopique, Please don't eat my mother, classique X connu également sous le titre La Vie Secrète de Romeo Et Juliette, vaut davantage pour sa réputation que pour ses qualités intrinsèques. Aujourd'hui, on regarde cette comédie fantastique softcore avec autant de fascination qu'un accident à grande échelle.


"Sorti en pleine période où les films d'horreur ont le vent en poupe lors des doubles-programmes Grindhouse (à la moitié des années 70), le film, presque calibré pour cartonner dans les drive-in, demeure illustre aux yeux de certains pervers cinéphiles pour posséder des liens étroits avec La petite boutique des horreurs, de Roger Corman."

Extrêmement mal foutue, cette série B, qui ne possède pas les défis de mauvais goût orchestrés par John Waters dans Pink Flamingos, lorgne ouvertement le Z avec, en ligne de mire, la représentation d'une plante vorace qui équivaut aux déguisements d'enfants en papier crépon lors d'une kermesse. Le but plus ou moins avoué de cette production est de donner un pendant masculin à Gorge Profonde, de manière détournée et opportuniste. Sorti en pleine période où les films d'horreur ont le vent en poupe lors des doubles-programmes Grindhouse (à la moitié des années 70), le film, presque calibré pour cartonner dans les drive-in, demeure illustre aux yeux de certains pervers cinéphiles pour posséder des liens étroits avec La petite boutique des horreurs, de Roger Corman. De l'un à l'autre, on retrouve effectivement la même plante carnivore qui devient immense au fur et à mesure qu'on la nourrit de mouches et de grenouilles. Détail qui tue : elle parle comme dans Le Sexe qui parle, en incarnant la pseudo-conscience schizo de son protagoniste. Comme elle en veut toujours plus, elle finit par bouffer une maman castratrice, des nanas peu vêtues, un flic qui fume son gros cigare. La vraie différence, c'est que le personnage principal de Please don't eat my mother est un vicelard frustré, loser et mateur qui dès la scène d'ouverture prend un malin plaisir à voir un jeune couple qui s'adonne à de longs préliminaires dans une voiture et aime à collecter les revues Playboy qu'il reluque dès qu'il en a l'occasion.


Au bout de dix minutes, l'absence d'enjeu dramatique a de quoi rebuter tous les cartésiens et affoler les féministes qui en découvrant ça auraient dû hurler à la farce misogyne. Un peu comme lorsque Marco Ferreri représente une femme comme un porte-clé dans I Love You ou un rouleau à pâtisserie dans La grande bouffe. L'humour poids lourd fait passer Tinto Brass pour Raymond Devos. Le schéma scénaristique est quasiment le même sur une bonne heure et demie: la vie d'un mâle partagée entre sa maison avec sa maman aigrie et sa plante amoureuse et ses pérégrinations quotidiennes qui consistent à aller mater les jeunes couples qui baisent en plein air, sans que cela ne gêne personne. Libération sexuelle oblige. Notons que les scènes de sexe ne sont pas simulées étant donné qu'on voit de vraies fellations.

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