PAINTED SKIN (WA PEI)
Un film de Gordon Chan
Avec Donnie Yen, Zhou Xun, Qi Yu Wu, Zhao Wei, Chan Kun, Betty Sun
Durée : 1h43
PAINTED SKIN de gordon chan
Plusieurs fois adaptée au cinéma, l'histoire de Painted Skin nous plonge dans la période trouble des dynasties Han et Qin. Le film commence par l'attaque massive d'un groupe de soldats dirigés par le général Wang Sheng contre un campement de bandits et autres scélérats qui troublent l'ordre public. Pendant l'assaut, ils délivrent Xiao Wei, une superbe jeune femme mystérieusement prisonnière. Elle va tomber sous le charme du Général Wnag Sheng, hélas, cela est loin d'être réciproque, le coeur du Général étant déjà captif de la discrète et belle Pei Rong. D'étranges événements vont alors semer un climat de terreur avec le décès à répétitions d'hommes dont on a arraché le coeur. Pei Rong soupçonne Xiao Wei d'amer son mari en cachette et d'être à l'origine de ces mystérieux meurtres. Elle découvre alors que sous les apparences de Xiao Wei se cache une monstrueuse sorcière qui se nourrit de coeur humain pour conserver son apparente jeunesse.
Avec cette production Sino-Hongkongaise plutôt cossue, Gordon Chan joue à la fois sur la dimension fantastique avec cette chasse aux sorcières et le romanesque flamboyant propre au Wu Xia Pian. L'esthétique formelle très maniérée bénéficie d'une production design riche et soignée dont Chang sait tirer le meilleur parti. Il cisèle un univers visuel cohérent et splendide, affichant de somptueux costumes et des décors souvent impressionnants. Le travail des lumières très typées renforce l'onirisme des séquences et permet au réalisateur de sculpter avec brio l'immense palais et ses alentours, devenant un terrain propice aux complots et aux classiques jeux de pouvoir.
PAINTED SKIN de gordon chan
Paradoxalement, la dimension fantastique intervient de manière très ponctuelle, tout comme les séquences d'actions, ce qui est regrettable et enlève beaucoup de l'intensité et de la richesse du script. En voulant renforcer la romance et le machiavélisme de la vile sorcière, Gordon Chan s'enlise dans le romanesque avec un trio amoureux sans véritable envergure. On comprend bien qu'il cherche à mettre en évidence la subtilité avec laquelle il a travaillé ses deux principaux personnages féminins : elles agissent par amour pour le même homme pour des raisons diamétralement opposées, mais cela s'arrête là et ne va jamais plus loin. On le regrette d'autant plus que la part de fantastique était un atout majeur du conte originel, qui perd, hélas, en originalité et en intérêt. Le vacillement entre réel et fantastique est si ténu et conformiste que l'on a une sensation désagréable de déjà-vu.

























