CINE : WENDY ET LUCY - COUP DE COEUR
Tout sur WENDY ET LUCY - La Critique - Photos - Le 2009-01-23 01:42:51Romain Le Vern 9
WENDY ET LUCY
Un film de Kelly Reichardt
Avec Michelle Williams, Will Patton, Will Oldham
Durée : 1h20
WENDY ET LUCY de kelly reichardt
Wendy (Michelle Williams) erre en forêt avec sa chienne Lucy. La caméra observe sa silhouette de loin, traque sa démarche anxieuse. Au même instant, un chant lancinant prend le pouls de cette héroïne solitaire qui va se faner et s'abîmer dans une mélancolie de plomb. Ça dit tout, ou presque. Incompréhensible que cette balade folk et dépressive, figurant dans la section "Un certain regard" au dernier festival de Cannes, n'ait pas été retenue en compétition. Incompréhensible car on en sort éblouis. Dans le précédent Old Joy, le schéma du film-de-potes-que-tout-oppose affleurait. Mais Kelly Reichardt, qui ne travaille pas dans le cadre du film de genre, était suffisamment maligne pour éviter cet écueil en se contentant du double éclairage psychologique que l'un permettait de poser sur l'autre. Dans Wendy et Lucy, l'histoire change d'un iota même si on retrouve des sensations familières comme la peur du dernier voyage, l'usure des souliers, la corde qui rompt en silence, la solitude qui ramène à ce que l'on a toujours été et ce que l'on restera.
WENDY ET LUCY de kelly reichardt
Au détour d'une scène, surgit Will Oldham, déjà compagnon de route dans Old Joy, avec sa gueule étrange de mormon rouquin. A lui seul, il laisse poindre la tristesse des laissés-pour-compte, rappelant à quel point la dérive de son personnage idéaliste, épuisé par le temps qui passe, écrasé par une solitude de vieux bouc, avait quelque chose de déchirant. Dans Wendy et Lucy, on le voit peu mais bien. Victime de la crise actuelle, Wendy emprunte la même trajectoire élégiaque que lui, en errant vers l'Alaska sans avoir le fric pour joindre les bouts. Entre deux rencontres fantomatiques, elle ne fera que musarder dans des zones interlopes, des bois sauvages avant de se retrouver derrière des grillages et des barreaux. On sait tous que la nature a horreur du vide, quoiqu'ici ce serait surtout du plein. Au loin, des trains solitaires semblent fatigués d'emprunter les mêmes rails avant de repartir, la conduite incertaine, vers une destination inconnue qui reste et restera toujours aussi triste.

























